Charente-Maritime

L'habitat adapté, c'est possible ! Démonstration par l'exemple à la "maison Phare" de l'île d'Oléron

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La communauté de communes de l'île d'Oléron a ouvert sa "maison Phare" (Pour un habitat adapté et un réseau d'entraide), un lieu vivant pour parler concrètement de logements adaptés et de maintien à domicile. Ouverte à la population et aux professionnels du bâtiment, elle présente un habitat facile à vivre malgré un handicap, des difficultés à se mouvoir, une déficience visuelle, etc. A proximité, une plate-forme de services pour le maintien à domicile et la prise en charge des pertes d'autonomie liées à l'âge, au handicap ou à la maladie a été ouverte.

"Recommander à une personne de 75 ans d'installer une douche à l'italienne chez elle, cela ne lui parle pas. La voir, c'est autre chose", glisse Céline Mességué, chargée de mission Habitat à la communauté de communes de l'île d'Oléron. L'exemple par la démonstration, c'est justement l'optique choisie par cette communauté de communes pour inciter à l'adaptation des logements à toute forme de handicap. Ce projet s'est concrétisé par l'ouverture, en juin 2007, d'une maison témoin où l'on peut voir comment certains aménagements facilitent la vie, sans que l'appartement ressemble à une chambre d'hôpital. "Lorsque l'on entrera dans cette maison, on ne verra rien de différent. Le but recherché est bien là : montrer que l'adaptation ne se voit pas, mais qu'elle facilite certainement la vie", pariait Alain Bohée, vice-président de la communauté en charge des politiques de l'habitat, lors de la pose de la première pierre en juillet 2006.
Et de fait, passée la porte d'entrée, rien ne la différencie d'une autre maison témoin d'un promoteur quelconque. Sauf lorsque Céline Mességué en explique les détails : seuil de porte a minima, interrupteurs et prises à hauteur de main, siphon de l'évier décalé à l'arrière, plan de travail et four abaissés, hotte avec télécommande, volets tournants ou battants électriques (1), allumage automatique d'une pièce à l'autre, porte coulissante, lavabo sans caisson, large glace murale et la fameuse douche à l'italienne, à fond plat...
Cette "vitrine", comme la surnomme Jean-Claude Blémon, président de la communauté de communes, se découvre au sein d'un nouveau bâtiment, baptisé "la maison Phare", destiné à devenir sur l'île le lieu de référence pour le maintien à domicile. Des bureaux et des salles de réunions y ont été aménagés pour pouvoir réunir sur ce même site trois services clés : le Clic Oléron (centre local d'information et de coordination gérontologique), le service prestataire d'aide à domicile du centre intercommunal d'action sociale Oléronais (CIAS) et l'association SAD 17-PEP (Soins et aide à domicile). A cette plate-forme, s'agrègent des associations (Association des paralysés de France, Alzheimer 17, etc.) qui pourront tenir ici des permanences, participer ou animer des ateliers divers.

 

Maintien à domicile et logements adaptés : deux questions liées

Sur l'île, plus de 40% de la population est âgée de plus de 60 ans (contre 20% en moyenne). Autant dire que les enjeux liés au vieillissement de la population se poseront ici de façon certainement plus aiguë que sur d'autres territoires. "La maison Phare répond à un double souci : anticiper l'avenir en guidant les gens dans la construction ou la rénovation de logements adaptés et renforcer la coordination des services autour du maintien à domicile", pose Jean-Claude Blémon. La communauté de communes en avait posé les jalons en engageant dès 1999 avec l'Anah une politique d'incitations financières à l'adaptation des logements par leurs propriétaires (dans le cadre d'Opah et aujourd'hui d'un PIG - programme d'intérêt général). La maison Phare doit permettre de mobiliser plus largement et durablement !
Car cette conception d'un habitat mieux conçu pour réduire l'impact des pertes d'autonomie, durables ou ponctuelles, n'est pas encore ancrée dans les mentalités. Et certainement pas encore dans celle des professionnels du bâtiment, des architectes aux artisans. En témoignent les difficultés rencontrées pour faire réaliser sa maison témoin, à commencer par la quête d'un architecte ayant la fibre pour concevoir un tel bâtiment, souligne Jean-Claude Blémon... Et les règles du Code de la construction en termes d'accessibilité ne sont elles-mêmes pas forcément satisfaisantes. "Nous voulions un seuil de porte en deçà des normes, à moins de 2 cm. Les artisans nous répondaient : c'est impossible et inutile. Il a fallu faire une visite de chantier avec des personnes handicapées à l'appui pour démontrer que l'application stricte des normes ne garantissait pas l'accessibilité. Et insister pour qu'ils trouvent une solution afin que le seuil de porte abaissé au plus bas soit compatible avec les risques d'entrée d'eau", cite en guise d'exemple Céline Mességué. La sensibilisation des professionnels de la construction et du bâtiment sera d'ailleurs un créneau d'activité de la maison Phare. Les services de la communauté comptent y organiser des ateliers et des sessions de formation avec les artisans, les architectes, etc. Les gens réagissent aujourd'hui en cas d'urgence, suite à un accident, pour une sortie d'hospitalisation. Or, c'est toujours moins douloureux et onéreux de prévoir certains aménagements en amont, reprend Céline Mességué. "Ce ne sont pas les équipements qui coûtent (plus) chers, mais la superficie nécessaire pour (faciliter la circulation) les réaliser", ajoute-t-elle.

 

Un projet pour convaincre

A l'origine, ce projet n'a guère suscité d'enthousiasme au sein du conseil communautaire. "L'un des rares a être adopté sans unanimité", reconnaît Jean-Claude Blémon. En revanche, l'engouement des partenaires sollicités pour son financement a rassuré les élus. Et pour cause, le coût total de l'opération s'élevait à 534.000 euros (maison témoin et plateforme de services). La communauté a obtenu 72% de subventions, publiques (conseil régional et Etat pour 43%) et privées (Fondation Véolia Environnement, Fondation Caisses d'épargnes, Réunica Prévoyance, CRAM et MSA pour 29%). "Nous avions adressé un simple courrier en multipliant toutes les sources possibles, nous avons été surpris que tous y répondent favorablement", assure le président, qui n'oublie pas de rappeler que ce projet a également bénéficié de l'octroi, pour un euro symbolique, du terrain (517m2) par l'hôpital local. La maison Phare le jouxte, à quelques minutes à pied du centre de Saint-Pierre-d'Oléron. 28% du coût reste à la charge de la communauté de communes, soit 148.793 euros. Sachant que cet investissement doit être récupéré grâce aux loyers des trois structures hébergées. "Notre loyer est plus élevé que celui de nos précédents locaux, mais nous avons gagné en superficie, en confort et en qualité dans le travail et le service rendu aux usagers grâce à la coordination entre nos structures. Une personne qui vient ici ressort toujours avec une information, même si elle n'a pas frappé à la bonne porte", apprécie Karine Gallien, infirmière coordinatrice du SAD 17-PEP.

 

Emmanuelle Stroesser, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Communauté de communes de l'Ile d'Oléron

59 route des Allées
17310 Saint-Pierre-d'Oléron
05.46.47.24.68
accueil@cdc-oleron.fr
Nombre d'habitants : 21889
Nombre de communes : 8
Nom de la commune la plus peuplée : Saint-Pierre-d'Oléron (6532 hab.)

Céline Mességué

Chargée de mission Habitat
service.habitat.patrimoine@cdc-oleron.fr

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