L'IGN consulte sur la coproduction de données géographiques

Ouverte jusqu'en juin, la consultation publique lancée par l’Institut géographique national (IGN) vise à déterminer les moyens de favoriser la coproduction de données géographiques. Parmi les sujets en débat, la place des collectivités, le contrôle de la qualité des données ou la création de nouveaux référentiels nationaux thématiques.

Après avoir contribué à ouvrir les données télécoms de l’Arcep au nom de la "régulation par la data", Sébastien Soriano entend impulser un nouveau chantier data au sein de l’Institut géographique national qu’il dirige depuis janvier. C’est celui des "Géocommuns", sur lequel l’institut a ouvert début mai une consultation publique. Les communs, comme le rappelle l’IGN, ce sont "des ressources produites, diffusées puis gérées collectivement par une communauté selon un ensemble de règles de gouvernance qui garantissent l’intégrité et la disponibilité de ces ressources dans le temps", l’exemple le plus abouti dans ce domaine étant l’encyclopédie Wikipédia.

Démocratisation des usages de la géodata

Pour l’IGN, les géocommuns s’imposent du fait de la démocratisation des usages de l’information géographique. Le smartphone associé au GPS ont en effet fait émerger une multitude d’applications utilisées quotidiennement dont le fonctionnement dépend de données géographiques et (trop souvent) des Gafam. Dans la sphère publique, les systèmes d’information géographique se sont également imposés comme des outils indispensables pour observer, décider ou planifier des politiques publiques. Le mode de production des données géographiques a enfin profondément évolué. L’IGN, les grandes institutions et les collectivités locales ne sont plus les seuls producteurs de données géographiques et de plus en plus de géodonnées sont produites et partagées par des communautés. On pense ici à la plateforme collaborative OpenStreetMap, l’une des plus importantes bases de données géographiques mondiales en accès libre.

Créer un écosystème de la donnée coproduite

L’IGN, dont tous les référentiels de données géographiques sont en open data depuis le 1er janvier 2021, souhaite aujourd’hui faire "évoluer ses missions au-delà de son activité traditionnelle de production de données socles pour le territoire national" afin de bâtir "un écosystème élargi de partage et de coconstruction". L’institut se dit prêt à investir dans des outils, à animer la coproduction comme l’entretien collaboratif de données géographiques. La consultation publique, organisée autour de neuf thématiques, vise à éclairer l’IGN sur les modalités pratiques de ce nouveau positionnement.

Des référentiels sur la mobilité ou la 3D

En matière de gouvernance, l’IGN s’interroge ainsi sur les moyens de rassembler "collectivités locales, acteurs publics, société civile, collectifs citoyens et le cas échéant entreprises privées comme acteurs des géocommuns". Il s’agit aussi de trouver les moyens de concilier qualité, disponibilité des données et maîtrise des données géographiques "souveraines" (voir notre article). Le modèle économique pour accomplir ces nouvelles missions est également questionné. On rappellera que l’IGN ne génère aujourd’hui quasiment que 10% de son budget (la vente de cartes papier), la production de données étant financée par une subvention compensatrice de l’Etat. L’IGN invite aussi à s’exprimer sur l’opportunité de créer de nouveaux référentiels sur la mobilité, la description des bâtiments 3D, l’occupation des toits ou des sols. Des domaines aujourd’hui sources d’innovation dans les territoires (cadastre solaire, jumeau numérique…) mais limités à ceux qui ont les ressources pour les mettre en œuvre. Le statut des géocommuns, leur mode de diffusion et leur articulation avec l’Europe sont également interrogés.

Les collectivités, entreprises et citoyens ont jusqu’au 4 juin pour répondre à cette enquête qui sera complétée par des témoignages d’utilisateurs des données géographiques. Les conclusions de ce travail sont attendues pour septembre prochain. Juste à temps pour convaincre les pouvoirs publics d’affecter les moyens nécessaires à l’IGN pour mener à bien ces nouvelles ambitions.

 

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