"Lila à la demande", un transport qui rend d'énormes services

Publié le
dans

Loire-Atlantique

La communauté de communes d'Erdre et Gesvres (Loire-Atlantique) a mis en place en 2006 un système de transport à la demande qui fonctionne trois jours par semaine et permet aux habitants des hameaux retirés de se déplacer sur le territoire de la communauté et à sa périphérie.

La communauté de communes d'Erdre et Gesvres (douze communes, 52.000 habitants et 50.900 hectares) est située au nord de l'agglomération nantaise. Le sud du territoire est de type périurbain tandis que le nord est plus rural. Et comme beaucoup d'autres lieux, il est insuffisamment desservi  par les transports collectifs. "La création d'un transport à la demande (TAD) est née d'une réflexion commune des élus locaux et de ceux du conseil général sur les transports interurbains, explique Wilfried Braud, responsable des transports à la communauté. Cette réflexion a débouché sur la mise en place d'un transport à la demande sur la communauté voisine d'Ancenis en 1997, avec l'objectif de généraliser le système à tout le département." Le TAD en Erdre et Gesvres a démarré en janvier 2006, baptisé alors Abeille, il est maintenant dénommé "Lila à la demande "(Ndlr : Lila, Lien interurbain de la Loire-Atlantique, est le nom du réseau départemental de transports collectifs). Son but est de permettre notamment aux personnes vivant dans des hameaux retirés, ou étant, pour une raison ou pour une autre, exclues des systèmes de transport collectifs classiques, de se déplacer pour des courses, des visites chez le médecin, des rendez-vous, des activités sportives... "Ne fonctionnant que trois jours par semaine et à horaires fixes (le mardi matin, le mercredi toute la journée et le vendredi matin), il n'a pas vocation à assurer les déplacements domicile-travail, souligne Wilfried Braud. Dans un contexte de vieillissement de la population, il s'agit d'accroître la capacité de mobilité des personnes." La réservation du voyage souhaité doit se faire au plus tard la veille auprès du service transport de la communauté : un agent est mobilisé pour cette fonction à raison d'un demi-temps plein. Celui-ci répercute la commande auprès du transporteur (choisi par le conseil général dans le cadre d'un marché public). Un taxi prend la personne à domicile pour la déposer à la destination de son choix dans l'une des douze communes de la communauté ou dans l'une des vingt communes limitrophes ; lorsque les usagers souhaitent se rendre à Nantes, le taxi les dépose au pôle tramway, aux abords de la ville.

 

Quatre euros le voyage, aller-retour

Le tarif de Lila à la demande est de 4 euros par voyage et par personne, aller-retour, quelle que soit la destination. Des réductions sont possibles en cas de regroupement (3,50 euros si deux personnes prennent le même taxi ensemble, 3 euros pour trois personnes et 2,50 pour quatre personnes). Il existe une tarification pour les jeunes de moins de 18 ans, le mercredi et pendant les vacances scolaires (1,50 euro A/R). Une aide au transport à la demande est possible, notamment auprès des CCAS, qui peuvent délivrer des titres de transport prépayés. En outre, le service est accessible aux personnes handicapées, aux mêmes tarifs, en commandant un véhicule adapté au moment de la réservation.
Pour la première année de fonctionnement du TAD, l'objectif de fréquentation avait été fixé à 1% de la population, soit 500 voyages par an. Il a été dépassé avec 654 voyages dès 2006. 783 voyages ont été réalisés en 2007. Le service a davantage été utilisé par les habitants des communes du nord du territoire, les moins desservies par des transports collectifs. Deux tiers des utilisateurs ont plus de 60 ans et 47% des voyages se font vers l'extérieur de la communauté.
Le coût de Lila à la demande s'est élevé en 2007 à 18.000 euros (pour 31.000  km, soit 58 centimes par km), assumé à parité par le conseil général et la communauté.
Une communication sur le fonctionnement du TAD a été faite sous forme de dépliants dans les salles d'attente des cabinets des professions médicales et à travers des réunions avec les CCAS, les services pour l'emploi et surtout les mairies (pour utiliser le transport à la demande, les usagers doivent être munis d'une carte d'utilisateur gratuite mise à disposition dans les mairies).

 

Plus d'autonomie pour les personnes habitant dans des zones reculées

"Nous n'avons pas rencontré de difficultés insurmontables pour mettre en place ce nouveau service, car il avait déjà été largement expérimenté par la communauté de communes d'Ancenis et était bien maîtrisé par le conseil général", rappelle Wilfried Braud. "S'agissant d'une jeune intercommunalité, le plus difficile a été de faire respecter notre identité en tant que communauté de communes car au départ, le conseil général souhaitait que le transport à la demande soit mis en oeuvre par un regroupement de trois communautés de communes. Ceci a été refusé par nos élus. Nous recherchions une meilleure identification de la part des administrés et notre territoire est suffisamment vaste pour obtenir la taille critique nécessaire à ce type de service. Au final, Lila à la demande rend un énorme service aux personnes confrontées à de sérieuses difficultés de mobilité. Bien sûr, sans vouloir nous substituer à l'entraide et au covoiturage classique de hameau, elles peuvent être plus autonomes et se déplacer aisément sans forcément être dépendantes des voisins ou de la famille. Par ailleurs, la particularité de notre Lila à la demande tient au fait que nous avons accès à la métropole. Nous sommes donc un maillon supplémentaire pour assurer la desserte du réseau de transports urbains. Ainsi, nous avons été contraints d'instaurer un contrôle d'opportunité des courses car certains usagers faisaient appel au TAD alors qu'ils se trouvaient à proximité d'une ligne régulière de transport interurbain. Ce contrôle est désormais systématique, car le TAD n'a pas vocation à concurrencer le transport en commun classique. Le TAD constitue une "niche" de service public qui se situe aux interstices entre le taxi, l'ambulance et le transport interurbain par car."
Lila à la demande pourrait se déployer encore un peu plus à partir de janvier 2009 : une demi-journée de fonctionnement supplémentaire est en discussion avec le conseil général. Enfin, une étude qualitative sera conduite auprès des utilisateurs à la fin de l'année 2008.

 

Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Communauté de communes d'Erdre et Gesvres

Nombre d'habitants :

57000

Nombre de communes :

12
1, rue Marie Curie - Parc d'activités de la Grande Haie
44119 Grandchamp-des-Fontaines

Wilfried Braud

Responsable du service Transports
Haut de page