A Limoges, la première crèche interentreprises fait des adeptes

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Haute-Vienne

En 2005, Limoges inaugurera sa première crèche interentreprises. Le projet, porté par la jeune chambre économique et l'association de trois zones d'activités du Sud Limoges, fait déjà figure d'exemple. Aux côtés de la crèche, un pôle de services dédiés à la petite enfance devrait aussi voir le jour.

"Etre une entreprise citoyenne, ce n'est pas qu'une formule !" André Férard, PDG des Transports Férard et président de l'Association du Parc d'activités Limoges Sud, poursuit : "La crèche interentreprises à laquelle nous allons donner naissance est une des réponses évidentes au souci d'apporter un confort physique et moral aux salariés." "Le besoin est apparu dès 2001, grâce à une enquête menée avec la Faz 87" (Fédération des associations de ZI de Haute-Vienne, émanation de la CCI), explique Florence Moutaud, en charge du projet pour la Jeune Chambre économique de Limoges (JCEL). Sur les 66 entreprises et 247 salariés ayant répondu aux questionnaires, 83% ont exprimé leur intérêt pour une crèche. "Nous en avions fait part à la Caisse d'allocations familiales, mais le dossier était resté en suspens, faute de financement", ajoute-t-elle. Suite à la Conférence de la famille d'avril 2003, au cours de laquelle est apparue la nécessité de créer de nouvelles crèches, notamment dans le monde du travail, le projet limougeaud a été jugé exemplaire. Pour le promouvoir rapidement, avant même que l'enveloppe du plan crèche ne soit connue, la Cnaf a accordé, en septembre 2003, une subvention d'investissement de 400.000 euros sur son Fonds national petite enfance. "Des fonds à utiliser sous deux ans ! Autant dire que le projet a vite été relancé, précise Florence Moutaud. Nous avons alors déterminé la zone la plus apte à accueillir la structure et recherché le porteur du projet."

Améliorer la vie des personnes et des entreprises

Car si les JCE ont vocation à détecter les problèmes et trouver des solutions, voire impulser leur mise en oeuvre, elles doivent aussi en confier la réalisation et la gestion aux principaux intéressés. En février dernier, l'Association du Parc d'activités Limoges Sud, qui regroupe trois zones industrielles (ZI), plus une en devenir, soit environ 180 entreprises et 4.500 salariés, acceptait de porter le projet. "Notre association, composée de PME mais aussi de grands groupes, a pour objectif d'améliorer la vie des personnes et des entreprises", explique André Férard. Elle fait le lien avec les collectivités locales et cherche des financements pour les actions à mener dans trois directions : signalisation et circulation dans les ZI ; environnement avec, par exemple, le choix de décorer les murs des usines visibles depuis l'autoroute ; services aux entreprises et aux personnes. "Complémentaire des structures municipales existantes, la crèche sera bien sûr implantée près des entreprises, ce qui limitera les trajets lieu de résidence / lieu de garde des enfants / lieu de travail. Opérationnelle courant 2005, elle proposera des places d'accueil permanent ou occasionnel, avec une large amplitude horaire afin d'être adaptée aux rythmes des diverses entreprises. Enfin, prioritairement ouverte aux enfants de salariés des ZI, quelle que soit leur fonction, elle assurera une mixité sociale et culturelle.

Un argument de recrutement pour les entreprises

"L'intérêt des entreprises est évident, souligne André Férard. En améliorant le confort physique et psychologique des salariés, en leur enlevant stress et fatigue, ils ont l'esprit libre pour travailler, peuvent s'adapter à un rythme de travail particulier et ont une meilleure productivité. Le taux d'absentéisme s'en ressent également puisqu'il n'y a plus à pallier, par exemple, l'empêchement d'une assistante maternelle. Et puis, c'est le genre de service qui peut faire hésiter un salarié à quitter une entreprise. Ça peut même devenir un argument pour le recrutement de cadres très qualifiés !". Par ailleurs, les crèches interentreprises, encore peu nombreuses en France, ne peuvent que valoriser l'image des sociétés auprès de leur clientèle. "A terme, reprend André Férard, l'association souhaite constituer un pôle de services autour de la crèche, avec agence bancaire, cabinet d'assurance, local de la médecine du travail, etc."

Une logique d'entreprise

"Pour l'heure, confie Florence Moutaud, 80 % de l'investissement (600.000 euros) et du fonctionnement (370.000 euros) sont trouvés. Nous devrions boucler sans problème le financement grâce à la ville, le conseil général et, bien sûr, les entreprises. Celles-ci, outre leurs cotisations, participeront au fonctionnement sous forme de partenariat ou de mécénat. Ainsi, une société spécialisée dans l'entretien des espaces verts s'occupera du jardin. Idem pour la comptabilité? Enfin, grâce au contrat enfance - entreprise, la CAF peut combler la moitié du déficit en fin d'exercice. Mais nous sommes dans une logique d'entreprise et notre crèche, véritable PME de quinze salariés, dont la moitié d'emplois très qualifiés, équilibrera ses comptes !" Florence Moutaud, qui songe déjà à une autre crèche interentreprises, au nord de la ville cette fois, reconnaît que ce type de dossier est long à aboutir. "Nous sommes douze à y travailler : quatre de la JCEL, dont un architecte, cinq de l'association, une puéricultrice retraitée qui a animé le projet, le permanent de la Faz et un formidable agent de la Caf. Nous faisons bénévolement ce que réalisent désormais des entreprises spécialisées".

 

Olivier Jacquinot / Innovapresse Limoges pour Localtis
 
 

"L'entreprise citoyenne se doit d'être actrice de la qualité de vie de ses salariés"


 

Karine Baudoin est chargée de communication à la Jeune Chambre économique française (JCEF).

Tout d'abord, rappelez-nous ce que sont les JCE ?

C'est une organisation de citoyens âgés de 18 à 40 ans, responsables et solidaires, qui travaillent en réseau (locaux, régional, national, international) pour favoriser le développement de leurs cités et pays.

Pourquoi les JCE s'intéressent-elles actuellement aux crèches interentreprises?

Nous estimons que l'entreprise citoyenne se doit d'être actrice de la qualité de vie de ses salariés. Pouvoir proposer aux salariés un mode de garde pour leurs enfants participent à cette qualité de vie. C'est également une façon de favoriser l'emploi des jeunes femmes.

Y a-t-il d'autres projets que celui de Limoges?

La JCE de Dijon a réalisé un livre blanc "Créer un lieu d'accueil en zone industrielle". Autre livre blanc, celui que prépare pour le gouvernement la JCE de Monaco. A Montpellier, c'est un guide recensant les modalités, les étapes et les acteurs de la création d'une crèche qui va être édité sous la forme d'un document papier et d'un CD-Rom. Enfin, la JCE de Rezé et Sud Loire s'est fixé comme objectif la création d'un centre de formation des professionnels de la petite enfance.


 Des financements pour les crèches interentreprises


Elaboré suite à la Conférence de la famille du 29 avril 2003, le Dispositif d'aide à l'investissement petite enfance (Diape) diffère principalement des deux précédents plans de création de places d'accueil sur trois points. Outre le développement de l'accueil d'enfants handicapés et de l'offre en zone rurale, il doit favoriser la gestion des structures par le secteur privé. Pour y parvenir, ce plan d'investissement 2004-2007 est doté de 200 millions d'euros pour la création de 20.000 places nouvelles d'ici 2008, somme répartie en deux enveloppes. La première, 80% de la dépense autorisée (160 millions d'euros), est gérée par les 123 CAF et concerne les équipements municipaux et associatifs ainsi que les crèches d'entreprises. La seconde enveloppe, égale aux 20% restant (40 millions d'euros), financera le suivi et l'accompagnement des projets présentés par des entreprises d'accueil de jeunes enfants (entreprises de crèches). Afin de capitaliser les remontées d'expériences sur ce type de projet novateur, cette seconde enveloppe est gérée par la Cnaf.

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Florence Mouthaud

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