L’Intercom Bernay Terres de Normandie sur le front des espèces exotiques envahissantes (27)

La communauté de communes Bernay Terres de Normandie mise sur plusieurs stratégies afin de limiter la diffusion des plantes exotiques envahissantes. Leur prolifération est toxique pour l’homme et pour l’environnement. 

En matière d’espèces exotiques envahissantes, mieux vaut ne pas se laisser déborder. C’est pour cette raison que l’Intercom Bernay Terres de Normandie a décidé depuis 2015 d’engager une série d’interventions pour freiner le développement de plusieurs espèces végétales repérées sur son territoire. 

Réseau d’alerte essentiel

Certaines sont discrètes, d’autres offrent de jolies fleurs et quelques-unes d’entre elles sont même vendues en jardinerie. Mais les espèces végétales exotiques envahissantes, introduites de plus ou moins longue date, perturbent le fonctionnement et la composition des écosystèmes par leur développement rapide du fait de l’ascendant qu’elles ont sur les espèces locales. L’équipe de l’Intercom Bernay Terres de Normandie s’est donc inquiétée lorsque la balsamine de l’Himalaya a été aperçue pour la première fois en septembre 2015 par des habitants à Beaumont-le-Roger, sur les rives de la Risle. Car cette plante étouffe les espèces indigènes en place, déstabilise les berges et les talus, et peut envahir un cours d'eau et gêner son écoulement.
Un réseau d’alerte sur les espèces exotiques envahissantes avait été constitué par la presse locale et l’information municipale, en partenariat avec l’Association syndicale autorisée de la Risle médiane (Asarm), qui regroupe propriétaires et riverains. "Le foyer s’étalait sur 2 ha en tout, répartis en trois sites différents, dont un foyer principal de 100 m2", précise le responsable du service espaces verts et encadrant technique du chantier d’insertion de l’Intercom Bernay Terres de Normandie, Julien Lebreton. Un chantier bénévole fut aussitôt organisé pendant deux jours et demi afin de couper délicatement les inflorescences sans favoriser la dissémination. 

Protocole expérimenté

Novice en matière de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, la communauté de communes euroise élabore ensuite avec l’Asarm un protocole technique pour éradiquer la balsamine de l’Himalaya. Mis en œuvre par le chantier d’insertion intercommunal (10 personnes et un encadrant) avant l’inflorescence de la plante, le chantier s’organise entre juin et août. "Comme pour une battue, nous avons avancé en ligne et arraché manuellement les pieds de balsamine de l’Himalaya. Les plantes étaient enfouies dans des sacs colorés, afin qu’on ne les oublie pas sur le terrain, puis prises en charge par le département de l’Eure pour être incinérées", détaille le responsable du service espaces verts. En trois ans, l’Intercom Bernay Terres de Normandie est parvenue à supprimer la balsamine de l’Himalaya des sites repérés. À effectif constant, 10 jours ont été nécessaires en 2016, puis 6 jours en 2017 et enfin une demi-journée en 2018 (avec une prospection et un arrachage supplémentaire en octobre), pour un coût total de 4.500 €.

Le myriophylle du Brésil envahit les mares

La communauté de communes fait aussi face à l’émergence d’une plante aquatique qui nuit à la biodiversité locale en envahissant l’espace et en limitant la diffusion de l’oxygène de l’air causant une asphyxie des plans d’eau : le myriophylle du Brésil. Ce fut le cas en 2019 dans la mare communale de la Thibouvière, à Saint-Pierre-de-Cernières. "Le nettoyage s’avérant très aléatoire, puisqu’un simple fragment de tige peut reprendre, nous avons fait intervenir la brigade d’intervention espèces exotiques envahissantes du conservatoire d’espaces naturels de Normandie afin qu’elle nettoie minutieusement la mare", poursuit la chargée de mission Rivières et Zones humides de l’Intercom Bernay Terres de Normandie, Marion Henry. Les interventions gratuites du conservatoire s’inscrivent dans le cadre du programme régional d’actions relatif aux espèces exotiques envahissantes, financé à 80% par l’agence de l’eau Seine-Normandie et 20% par des fonds européens. 
En 2020, les agents de la brigade verte intercommunale, dédiée notamment à l’entretien des fossés, seront formés par le conservatoire à ce type d’intervention et apprendront également à reconnaître les espèces exotiques envahissantes du territoire. "Cette attention au quotidien par la brigade verte intercommunale lors de ses déplacements va nous permettre de repérer les foyers, ce qui est essentiel pour avoir une action efficace, et programmer les chantiers de lutte au fur et à mesure. En cas de présence sur un terrain privé, une convention sera proposée au propriétaire", développe la chargée de mission Rivières et Zones humides. 
Certaines espèces envahissantes sont même toxiques et présentent un risque pour la santé humaine : le contact avec la sève de la berce du Caucase, combiné avec l’exposition à la lumière (rayons ultraviolets naturels ou artificiels), cause des lésions à la peau, semblables à des brûlures. De son côté, la crassule de Helms se dissémine très facilement sur les mares qu’elle appauvrit et peut même faire disparaître. Pour ces espèces aussi toxiques pour l’environnement que coriaces, c’est le conservatoire d’espaces naturels de Normandie qui assurera les interventions si des foyers venaient à être observés sur le territoire de l’Intercom. 

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