Nièvre

Nièvre : le conseil général instaure un rendez-vous annuel avec ses partenaires

Tous les ans, le conseil général de la Nièvre réunit ses partenaires pour évoquer les dossiers d'intérêt commun. Une initiative rare qui permet aux acteurs locaux de se rencontrer et de faire le point - même si ses modalités sont peut-être encore à parfaire et ses résultats restent à conforter.

image Mairie conseils

Vendredi 17 octobre au conseil général de la Nièvre, à Nevers, s'est tenue une réunion peu ordinaire. En plus des conseillers généraux, étaient réunis dans la salle des séances du conseil quelques-uns des principaux partenaires du département : Etat, chambres consulaires, Banque de France, Education nationale, agence départementale de développement, la Poste... Cette conférence des partenaires, la troisième depuis sa création en 2001, a pour vocation d'être une "instance d'échanges, de concertation et de coordination entre les différents acteurs concernés par le développement de la Nièvre", selon les mots de Marcel Charmant, président du conseil général. Un objectif ambitieux censé préparer et nourrir le débat d'orientation budgétaire du conseil général, qui devait s'ouvrir peu après.
Au programme de ces deux heures trente étaient inscrites plusieurs interventions. La directrice de la Banque de France, Fabienne Bogard, a commencé par faire le point sur la conjoncture économique locale. A suivi la présentation de dossiers relevant de la stratégie de développement de la Nièvre : la recherche de nouveaux débouchés pour la filière bois, le développement des compétences du pôle automobile et les actions en faveur de la connaissance des métiers par le jeune public.

Afficher ses priorités

Pour chacun de ces dossiers, un responsable a présenté l'état d'avancement des groupes de travail thématiques et les propositions que ceux-ci ont dégagées. La conférence a aussi été l'occasion de rendre compte de l'avancée de projets déjà évoqués lors de la dernière conférence des partenaires : mise en place des pays, territorialisation de l'action sociale, maison du tourisme et infrastructures haut débit. Au total, dix personnes se sont succédé à la tribune. Leurs interventions ont résumé les priorités des acteurs du département, "qui ne sont pas toujours relatées dans la presse, en tout cas pas comme telles", affirme Philippe Parlant-Pinet, directeur général des services au conseil général. Les partenaires présents ont réagi aux propos des exposants, mais ils sont plusieurs à considérer que le temps consacré aux débats était insuffisant (voir "Lire la suite" ci-dessous). Certes, tous les acteurs ne sont pas concernés par l'ensemble des sujets abordés. "Mais plusieurs le sont à chaque fois", indique Philippe Parlant-Pinet, qui ajoute : "Si le directeur de la Poste n'était pas venu, il n'aurait sûrement pas su que nous montons un projet de valorisation des métiers du BTP."

Incertitudes

"Nous ne voulons pas d'un système cloisonné et vertical. Au contraire, la conférence permet de créer de la transversalité, de fédérer des organisations qui ne sont pas structurées de la même manière et qui ne sont pas sur le même champ de décisions", explique le directeur général des services.
La conférence est un lieu d'information, d'échanges, de rencontres et de "convivialité", note un observateur. Mais sur les vingt-cinq à trente organisations invitées, "toutes n'étaient pas là", déplore un participant, tandis que le conseil général de la Nièvre reste volontairement discret sur le nombre des présents. Par ailleurs, il est peu certain que la conférence ait un impact sur les décisions budgétaires du département. "On ne bouleverse pas le débat d'orientation budgétaire une semaine avant qu'il ne commence", souligne un responsable économique local qui estime que "la conférence conforte plutôt les élus dans les choix pressentis."

Thomas Beurey / EVS Conseil pour Localtis

Qu'en pensent les participants ?

Les personnes suivantes ont assisté à la conférence des partenaires le 17 octobre dernier. Elles donnent ici leur point de vue.

"Il est important de pouvoir rencontrer tous les élus"

Shahram Aivazzadeh, professeur des universités et responsable du projet Magnytude (création à Magny-Cours d'un centre de recherche dans le domaine de l'automobile et des transports):

"Dans le cadre du projet Magnytude, j'ai des contacts avec le président du conseil général et le vice-président chargé du développement économique et de la formation. Le dossier est présenté en commission permanente, où ne siègent qu'une partie des conseillers généraux. Les autres sont informés par la presse locale. Etant donné que le département intervient financièrement dans le projet, il est important que tous les élus soient associés et qu'ils puissent me rencontrer. La conférence leur en a donné la possibilité."

"Le temps consacré aux débats était trop court"

Didier Brassart, sous-préfet de l'arrondissement de Château-Chinon, représentait le préfet de la Nièvre à la conférence des partenaires : 

"Beaucoup de dossiers relèvent des compétences partagées de l'Etat et du conseil général. Il est donc important pour l'Etat de connaître les initiatives prises par le département et le contexte dans lequel il évolue. J'ai rencontré des acteurs avec lesquels je n'ai pas l'habitude de travailler, comme des conseillers généraux qui ne sont pas de mon arrondissement. Mais le temps dont nous disposions pour évoquer chaque problème était trop bref. De plus, les partenaires ne sont pas suffisamment préparés au dialogue. Beaucoup sont venus pour découvrir, pas forcément pour apporter des informations. Le temps consacré aux débats était lui aussi trop court. Les partenaires n'ont pas pris la parole au-delà des limites de leurs compétences ou du temps qu'ils se sont objectivement fixé."

"Je regrette de ne pas avoir vu tous les partenaires"

Philippe Guillaume, directeur général de Fibre active, agence de développement de la Nièvre :

"Sur le principe, c'est une excellente initiative. Mais, à mon avis, ses résultats sont mitigés. Personnellement, je regrette de ne pas avoir vu tous les partenaires qui étaient pourtant conviés. J'aurais aimé discuter avec les représentants de la chambre de commerce, de l'Union patronale, des communautés d'agglomération? qui n'étaient pas tous là. Heureusement, je rencontre certains dans d'autres lieux. Je pense que cette conférence est trop globale. Il est en effet difficile en deux heures et demie d'être exhaustif et de débattre. Il serait préférable d'organiser plusieurs réunions thématiques."

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