Orléans associe des réservistes bénévoles aux missions de sécurité civile (45)

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par
Victor Rainaldi
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Citoyenneté et services au public

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La ville d’Orléans est exposée à plusieurs types de risques et notamment à des risques récurrents d’inondation qui ont incité les élus à créer une réserve communale de sécurité civile composée de bénévoles. Pour un budget modeste, la réserve offre un appui précieux aux services publics d’intervention en cas de crise et d’urgence.

La mise en place d’une réserve communale de sécurité civile à Orléans figurait parmi les engagements de la plateforme électorale de 2014. La ville est exposée à des risques récurrents d’inondations, mais également à des risques résultant de sa proximité avec les centrales nucléaires de Dampierre et de Saint-Laurent-des-Eaux.

Risque inondation mais aussi Seveso

La présence sur le territoire de la métropole de cinq sites industriels classés Seveso fut une motivation supplémentaire à la création de cette réserve communale. "Nous envisagions un dispositif capable de venir en appui des services d’intervention de l’État et de la commune en cas d’urgence", explique le conseiller municipal en charge de la prévention des risques inondations et de la gestion de crise, François Lagarde. "La réserve de volontaires que nous avons constituée est focalisée en priorité sur le risque inondation qui est le plus prégnant sur notre territoire."

Réservistes bénévoles représentatifs de la population

Au printemps 2017 la direction environnement et prévention des risques lance une campagne de recrutement via les médias locaux et le magazine municipal Orléans Mag. En deux mois, 110 candidats se présentent. Les agents de la direction étudient leur candidature et les reçoivent pour un entretien afin de bien évaluer leurs motivations et leurs capacités à s’intégrer dans un collectif au service de la ville. Leurs profils sont représentatifs de la population du territoire avec cependant un peu plus d’hommes que de femmes : des étudiants, des actifs, des retraités provenant de tous les milieux sociaux avec ou sans connaissance de secourisme. "Finalement presque toutes ces candidatures, plus sérieuses les unes que les autres, ont été retenues. Celles qui sont arrivées après ont été inscrites sur une liste d’attente. Nous voulions que chaque bénévole soit préparé et formé pour les missions que nous allons leur confier", précise l’élu.

Statut de collaborateur occasionnel du service public

Juridiquement la réserve communale est régie par les dispositions résultant de la loi relative à la sécurité civile du 13 août 2004. Les bénévoles sont considérés comme des réservistes collaborateurs occasionnels du service public amenés à intervenir seulement en cas de crise et d’urgence en complément des services publics. Les réservistes n’agissent jamais seuls, ils sont encadrés par les agents communaux.

Réservistes formés pour porter assistance aux sinistrés…

Concrètement les réservistes apportent leur concours aux services publics pour porter assistance aux personnes sinistrées hors situations de danger. Ils sont, par exemple, sollicités pour la surveillance d’un périmètre de sécurité, le montage d’un centre d’accueil et de regroupement de sinistrés ou l’assistance aux démarches et formalités après un sinistre. Afin d’exécuter leurs missions à bon escient, les réservistes d’Orléans ont reçu une formation préalable. Quatre modules d’au moins une journée les ont préparés à intervenir sur l’ensemble des missions qui peuvent leur être confiées.

… et pour gérer les situations de crise

Ils ont suivi une formation aux risques majeurs (inondations, nucléaire, Seveso), au secourisme, à la gestion des conflits qui naissent entre personnes stressées par les situations de crise. Ils ont aussi appris à accueillir des sinistrés et à leur poser les bonnes questions (médicaments indispensables, animaux domestiques abandonnés ou perdus…) ainsi qu’à monter un centre d’hébergement et à le faire fonctionner. Plus de 80 réservistes ont déjà suivi tous ces modules et des approfondissements sont envisagés.

Exercice de simulation en guise d’entraînement

À fin janvier 2018 la réserve n’avait pas encore eu à intervenir, mais elle a participé à un exercice de simulation organisé par les services de l’État sur un incident dans la centrale nucléaire de Dampierre. Les réservistes ont dû monter un centre d’hébergement et de regroupement pour des sinistrés des cinq communes autour de la centrale. Ils ont été confrontés à des simulations de maladies, de personnes irradiées ou particulièrement énervées.

Identifier les axes de progrès

Un débriefing a déjà permis de faire un premier point avec les réservistes. "Il sera complété par un compte rendu avec l’ensemble des participants – agents des services publics, associations de secouristes. Il nous permettra de disposer d’un bilan plus complet de cet exercice pour identifier des axes de progrès des réservistes", conclut l’élu en charge de la prévention des inondations et de la gestion de crise.

Budget modeste
Le coût de la mise en place de la réserve communale de sécurité civile est modeste pour une ville comme Orléans : 15.000 euros. Cette somme inscrite dans le budget prévention des risques de 2017 a financé les formations, l’achat de gilets, de blousons haute visibilité et de gants. 
 

Commune d'Orléans

Nombre d'habitants :

115000

François Lagarde

Conseiller municipal en charge de la prévention du risque inondation et de la gestion de crise
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