Pays de la Baie du mont Saint-Michel : Leader+, levier d'une réflexion territoriale

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Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Organisation territoriale, élus et institutions

Manche

Le pays de la Baie du mont Saint-Michel a déjà engagé des projets couvrant la totalité des crédits Leader+ (1,639 million d'euros), du fait d'une coordination sans faille entre les acteurs locaux. Une demande vient d'être adressée pour un financement complémentaire de 400.000 euros.

A la fois profondément rural et côtier, avec le fort potentiel touristique du mont Saint-Michel, le sud Manche ne voulait pas laisser passer l'opportunité de l'arrivée de l'autoroute des estuaires (A 84) qui pouvait être la pire et la meilleure des choses. La pire si elle permettait aux habitants de cette région d'aller travailler sur les secteurs de Caen, de Fougères et de Rennes et ainsi de déserter leur région. La meilleure si elle servait d'axe structurant pour l'accueil de nouvelles entreprises. Un enjeu qui n'a pas échappé aux élus locaux et aux forces économiques de cette petite région, qui ont su coordonner leurs actions pour bénéficier du programme européen Leader+ leur donnant des financements complémentaires pour leurs projets de développement.
A la clef, une petite manne financière qui allait enclencher une synergie comme on n'en avait encore pas vu dans le sud Manche. Grâce à leur habitude de travailler en communauté de communes et à la persévérance de trois élus, le député René André, le sénateur Jean Bizet et le maire de Granville, Marc Verdier, tous les décideurs locaux ont joué le jeu pour que les structures de développement se superposent exactement.

Une cellule pour répondre aux acteurs locaux

Le pays de la Baie, créé en janvier 2001, a vu la fusion des entités Sée-et-Sélune et pays du Mortainais. Il est coiffé par un conseil de développement où la société civile est majoritaire en voix. Le groupe d'action locale (Gal), organisme du programme Leader+, est bâti sur le même secteur géographique, tout comme le syndicat mixte qui gère le futur schéma de cohérence territoriale (Scot).
Aussi séduisant soit-il ce schéma repose sur une idée forte : "Les financements de l'Europe paraissent éloignés et complexes, nous insistons sur le fait que les décisions d'attribution de ces crédits se font au plan local", explique Sylvie Nocquet qui dirige l'équipe d'une dizaine de salariés du pays de la Baie. Le conseil de développement a déterminé sept axes de travail (voir "Lire la suite") répondant à la problématique du sud Manche. Pour chaque axe de travail, un crédit global est alloué. Un quatre pages d'information à destination des élus, des entreprises, des associations et du milieu agricole répond de manière précise et très claire aux questions qu'ils se posent : qui peut bénéficier des aides ? mon projet est-il éligible ? comment préparer un dossier et par qui est-il examiné ? La méthodologie n'est pas neutre. C'est grâce à cette organisation et à l'aide de la cellule de travail que les projets ont pu être menés si rapidement. "Il est exact, reconnaît Sylvie Nocquet, que le petit coup de pouce financier aux élus n'est pas pour rien dans la réussite de Leader+."

Une réflexion sur l'organisation du territoire

C'est d'ailleurs grâce à ce programme que les dix-sept communautés de communes et la commune canton s'engagent dans une réflexion d'organisation de leur territoire. En mettant en route la constitution d'un Scot par la création d'un syndicat mixte, les petites communautés de communes, qui n'avaient pas l'habitude de travailler ensemble, ont commencé à se parler. Elles s'apprêtent à étendre les compétences de leur syndicat mixte de manière à pouvoir créer et gérer des zones d'activités inter communautés.
Si l'argumentation de Leader+ est basée sur des projets structurants à l'échelle du territoire, répondant à la problématique posée au sud Manche, on est finalement assez surpris qu'il s'agisse surtout de petites actions très concrètes, le plus souvent à caractère innovant, réunissant une ou plusieurs structures communales ou associatives, voire individuelles. C'est par exemple en constatant que le frein à l'implantation des entreprises était lié à l'absence de service aux familles qu'il y a un volet enfance très important. Sans accueil de la petite enfance, les salariés ne restent pas. Les communautés de communes de Ducey et d'Avranches ont obtenu des aides pour une crèche de 30 places et une halte garderie de 15 places. Saint-Quentin-sur-le-Homme, Saint-Pois, Val-Saint-Père, Le Teilleul ont eu des fonds pour leurs centres de loisirs sans hébergement. Le volet culturel est aussi considéré comme essentiel pour l'animation à la fois des zones côtières et du secteur rural.

Jean Luc Poussier / Innovapresse Rennes pour Localtis

"Un tissu de petites réalisations qui mettent en route une dynamique"

Député de la Manche et président de la communauté de communes d'Avranches, René André est président du pays, et, à ce titre, l'un des artisans du programme Leader+. Avec ses collègues, il a rencontré chacun des maires des 188 communes impliquées dans le pays.

Quels sont les enjeux de ces différentes structures de développement pour le pays de la baie du mont Saint-Michel ?

Nous devons clairement développer l'ensemble de ce territoire et pas seulement sa frange littorale. Il faut éviter qu'il y ait un blocage autour du site du mont Saint-Michel. Les touristes qui vont le visiter filent ensuite sur Cancale et Saint-Malo. C'est très bien pour ces deux villes, mais nous avons dans le sud Manche tout un patrimoine à valoriser et à montrer. Il faut pour cela que nous puissions accueillir de nouvelles populations et des entreprises et que nous organisions notre territoire.

Par quels équipements cela peut-il passer ?

Leader+ nous aide à restaurer le patrimoine, les bâtiments remarquables, les chapelles, le petit patrimoine, à améliorer les centres bourgs mais aussi à créer des structures d'accueil pour les services à la personne, à encourager le développement d'animations comme les compagnies théâtrales ou ce qui peut se faire autour des maisons de la baie. C'est un tissu de petites réalisations qui mettent en route une dynamique et qui transforme l'image du pays à une condition que les crédits soient rapidement utilisés et donc les projets menés à bon terme.

Quel est l'apport du conseil de développement du pays ?

Il faut un fil conducteur dans notre action. C'est au conseil de développement qu'il appartient de définir les grandes lignes du développement du pays. Ce qu'il apporte surtout ce sont les idées de la société civile. Il faut que les élus cessent de considérer qu'ils sont le centre du monde. Ils doivent s'ouvrir à toutes les composantes de la société, les syndicats, les associations qui sont parfois un poil à gratter et apportent des idées nouvelles. C'est quelque chose d'essentiel pour notre programme.

Un programme Leader+ solidement construit

Le pays de la Baie du mont Saint-Michel regroupe dix-sept communautés de communes, une commune canton, soit 188 communes et 135.000 habitants, un tiers du département de la Manche. Il a été constitué en pays en 1996. C'est le pays qui assure la maîtrise d'oeuvre du programme européen Leader+.

Le pays de la baie du mont Saint-Michel

L'instance "législative" ou "parlement" du pays de la Baie est le conseil de développement : 10 personnes désignées par communauté de communes, dont obligatoirement 2 élus. Ces 180 personnes sont réparties en cinq commissions de travail. L'organe délibérant du pays de la baie est le conseil d'administration (64 personnes) : 18 présidents de communauté de communes, 5 bureaux des commissions du conseil de développement, conseillers généraux et représentants de chambres consulaires.

Le GAL administre Leader+

Le groupement d'action locale de Leader+ épouse, à la commune près, le périmètre du pays de la Baie du mont Saint-Michel. Le GAL est composé de 54 personnes : 53% issus de la société civile et 47% d'élus et représentants des services de l'Etat. Le GAL décide des attributions de crédits sur proposition du comité technique d'agrément constitué de DGS de communautés de communes, chargés de mission Europe du département et de la région, responsable Cnasea qui gère les fonds et deux animatrices.

Le budget annuel de fonctionnement du pays

Il est de 600.000 euros/an et permet le fonctionnement d'une équipe de dix salariés. Cette équipe, outre la gestion du programme Leader+ (1,639 million d'euros de crédits 2002-2006), prend en charge les politiques environnementales, la préparation du Scot, le développement touristique... Le budget de fonctionnement est abondé par les cotisations des communautés de communes (2,29 E/hab) pour l'ensemble des programmes, ainsi qu'une aide de 15.000 euros de la région et des crédits du FNADT.

Les sept axes du programme Leader+ du pays de la Baie

Action 1 - 200.00 euros : Conception d'outils de promotion et organisation de formations destinées à l'accueil de nouvelles populations.

Action 2 - 60.000 euros : Soutien aux initiatives visant à favoriser les démarches de qualité territoriales.

Action 3 - 80.000 euros : Inciter les jeunes à s'installer sur le territoire.

Action 4 - 290.000 euros : Créer des outils pour informer et orienter sur les activités et services du pays de la baie du mont Saint-Michel.

Action 5 - 170.000 euros : Proposer une offre de logements adaptés aux besoins, et des lieux d'accueil.

Action 6 - 300.000 euros : Développer et soutenir les services aux personnes (petite enfance, jeunesse, personnes âgées).

Action 7 - 160.000 euros : Renforcer l'accompagnement à l'installation et le maintien des entreprises sur le territoire.
 

Aller plus loin sur le web :
 
Site du programme Leader+ en France
http://www.una-leader.org/leader/sommaire2.php3

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