Personnes âgées et canicule : les Yvelines mobilisent les jeunes

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Yvelines

Pour lutter contre l'isolement des personnes âgées et prévenir les conséquences d'une éventuelle canicule, le conseil général des Yvelines recrute 200 étudiants durant l'été. Ces "agents de convivialité" assurent des visites régulières au domicile de ce public fragile.

Comme ses voisins d'Ile-de-France, les Yvelines ont subi de plein fouet les effets dramatiques de la canicule de l'été dernier. Au cours des 20 premiers jours du mois d'août 2003, le département a enregistré le décès de 815 personnes âgées. Si le conseil général tient à souligner que cette situation a placé les Yvelines "parmi les départements les moins touchés, juste après la Seine-et-Marne et le Val-d'Oise, alors que la capacité d'accueil des personnes âgées dans le département est deux fois supérieure à celle de la région Ile-de-France", ce constat l'a néanmoins conduit à prendre de nouvelles dispositions pour cet été. Ainsi le conseil général a-t-il adopté, le 30 avril dernier, deux nouvelles mesures en faveur des personnes âgées durant la période estivale. La première - déjà mise en oeuvre dans de nombreux départements sous différentes formes - concerne l'hébergement des personnes âgées. Elle prévoit la prise en charge, par le conseil général, d'une partie du financement nécessaire à la création d'un espace rafraîchi au sein des établissements publics ou privés à but non-lucratif accueillant des personnes âgées dépendantes. La subvention attribuée par le département représente 50% de la dépense, dans la limite d'un plafond de 350 euros par place. Pour cette opération, le conseil général a engagé 1 million d'euros, qui viennent compléter l'aide financière de l'Etat, proposée dans le cadre du plan canicule annoncé il y a quelques mois.

Maintenir le lien social

La seconde mesure concerne le maintien à domicile des personnes âgées. "Il s'agit d'une démarche plus globale, qui s'inscrit dans le cadre d'une action de lutte contre l'isolement des personnes âgées vivant à domicile", explique-t-on à la direction de l'action sociale du département des Yvelines (Dasdy). Durant les mois de juillet et d'août, le département compte recruter et rémunérer 200 étudiants (100 par mois), qui seront chargés de se rendre au domicile des personnes âgées isolées ou fragiles dans toutes les Yvelines. Au-delà des messages de prévention sur les effets d'un éventuel épisode de canicule, cette action porte aussi sur le maintien du lien social, l'écoute et l'alerte des professionnels sociaux et médico-sociaux en cas de difficultés particulières. Pour cette opération, le conseil général a choisi de recruter des jeunes résidant ou étudiant dans les Yvelines. L'appel à candidatures lancé au printemps concerne surtout les étudiants qui suivent une formation à dominante sociale, médicale ou paramédicale. Près de 300 jeunes ont répondu à l'appel pour ce CDD effectué sur la base de 35 heures hebdomadaire et rémunéré 765 euros nets par mois (plus une prime de panier de 275 euros). Si le financement du dispositif est intégralement assuré par le conseil général - 400.000 euros sont prévus pour le financement du dispositif - sa mise en oeuvre repose sur les structures de coordination gérontologique et quelques Ccas.

Une charte d'engagement

Une fois embauchés localement par les Clic ou les Ccas - soit directement, soit après transmission d'une candidature par le département - les candidats suivent une formation de deux jours dans les locaux du conseil général. A cette occasion, plusieurs thèmes sont abordés : "il s'agit surtout de leur donner des notions de base sur le vieillissement, les différents partenaires intervenant dans le cadre de la coordination gérontologique, le repérage des situations à risque et le comportement lors de visites à domicile". De retour sur le terrain, le véritable travail peut débuter au sein de la dizaine de coordinations gérontologiques partenaires du dispositif. Ce maillage assure une couverture pratiquement complète du département, à l'exception de 5 communes des secteurs de Sartrouville et Houilles, pour lesquelles les Ccas prennent le relais.
Avant leur première intervention à domicile, qui se déroule systématiquement en présence de la responsable de la coordination, les "agents de convivialité" - comme les a baptisés le conseil général - signent une charte d'engagement qui précise leurs missions et fixe le cadre de leurs interventions. "Il est encore trop tôt pour dresser un premier bilan, mais le dispositif fonctionne bien et semble apprécié. Nous travaillons actuellement avec les instances de coordination gérontologique à l'élaboration d'une grille d'évaluation qui nous permettra de repérer les points à améliorer, dans l'objectif d'un renouvellement de cette initiative."


Pascal Clouet / PCA pour Localtis


 

"Le repérage des personnes âgées isolées a bien fonctionné"


 

Cet été, cinq étudiants partiront à la rencontre des personnes âgées du sud du département des Yvelines. Placés sous la responsabilité de la coordination gérontologique Sud-Yvelines, ils interviendront dans un secteur essentiellement rural. Le point avec Renaud Nadjahi, président de la coordination.

Pourquoi avez-vous choisi de participer à cette opération ?

Une fois informés par le conseil général, nous avons décidé de nous porter candidat. Ce projet s'inscrit tout à fait parmi les actions déjà menées par notre coordination gérontologique. Nous intervenons sur un secteur essentiellement rural qui couvre 46 communes appartenant aux cantons de Rambouillet, Saint-Arnoult et Chevreuse. Sur ce territoire, nous gérons un Clic, une équipe médico-sociale chargée de l'instruction des demandes d'APA pour le compte du conseil général et un accueil de jour destiné aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Grâce au travail en réseau réalisé avec l'ensemble des partenaires intervenant dans le cadre du maintien à domicile, nous avons une bonne connaissance de la situation des personnes âgées isolées. Dans le cadre de cette nouvelle mission, nous accueillons trois jeunes pour le mois de juillet. L'une est étudiante en sociologie, l'autre est élève infirmière et le troisième est étudiant en médecine.

Quelles sont précisément les attributions des "agents de convivialités" ?

Leur fonction est très encadrée. Lors de la première visite, effectuée systématiquement en présence de la responsable de la coordination, nous remettons un exemplaire de la charte d'engagement à la personne âgée. Cette première prise de contact permet de la rassurer et de poser un cadre de confiance. Ensuite, à raison de 5 à 6 visites par jour d'une durée comprise entre 1/2 heure et 3/4 d'heure, les étudiants assurent plusieurs tâches : promenade, discussion, aide à différentes démarches de la vie courante. Mais dans ce cas, les sorties doivent se faire obligatoirement en présence de la personne âgée. Les jeunes n'ont pas vocation à se substituer aux différents services existant dans ce domaine, comme les services d'aide ménagère ou d'auxiliaire de vie. En revanche, nous comptons sur eux pour nous faire part de besoins éventuels. D'ailleurs à l'issue de chaque visite, les jeunes doivent remplir une fiche d'intervention et rendre compte de leur mission auprès de la coordinatrice.

Quel bilan tirez-vous de ce premier mois de fonctionnement ?

D'ores et déjà, plusieurs points positifs méritent d'être soulignés. Tout d'abord, le travail de repérage des personnes isolées a bien fonctionné. Tout le monde a joué le jeu. En plus de la sensibilisation effectuée par de nombreuses communes sur la situation des personnes âgées isolées, d'autres partenaires ont contribué à ce repérage. Nous avons notamment travaillé avec les postiers qui peuvent, si nécessaire, contacter la coordination, et avec les artisans et les commerçants, qui peuvent parfois être les seules occasions de contact des personnes âgées. Du côté des étudiants, les retours sont également positifs. Peut-être faudra-t-il adapter les horaires d'intervention, car les personnes âgées vivent souvent à un rythme décalé. Elles sont plutôt disponibles en fin de matinée et jusqu'à la fin d'après-midi. Par ailleurs, le fait de changer de visiteur entre le mois de juillet et d'août risque peut-être de les perturber ? Nous en saurons plus à la fin de l'été.

 

Mobilisation dans les établissements et à domicile


 

Comme les Yvelines, de nombreux départements ont choisi de mettre en oeuvre des dispositifs particuliers pour lutter contre conséquences d'un éventuel épisode de forte chaleur. C'est notamment le cas de l'Eure avec son "Plan canicule" et du Gers avec son plan départemental "Prévention senior".

 

Ces deux départements ont fait le choix d'aider les établissements d'accueil à renforcer la prise en charge des personnes âgées durant les semaines d'été. Dans l'Eure, les 3.300 résidents des 28 maisons de retraite habilitées à l'aide sociale seront les premiers bénéficiaires de cette mesure. En effet, le conseil général finance, à hauteur de 220.000 euros, le recrutement de 55 équivalents temps plein (ETP), qui seront employés au sein des établissements durant les semaines à risque des deux mois d'été. Ce personnel de renfort sera essentiellement recruté parmi les étudiants suivant une formation sociale ou médico-sociale - élèves infirmiers, aides soignantes, personnes travaillant dan les métiers de l'aide à domicile - afin de garantir une qualité suffisante dans la prise en charge quotidienne des résidents. Parallèlement cette initiative en faveur de l'hébergement, le conseil général entend améliorer la qualité des prestations assurées dans le cadre du maintien à domicile. Pour cela, il a récemment lancé - en collaboration avec la caisse régionale d'assurance maladie et l'institut de développement de l'activité de proximité - un programme de soutien aux aidants. Il permettra de faciliter les solidarités et le lien social entre les personnes âgées et les proches qui en assument la charge (conjoint, enfant, ami&). Une enquête réalisée auprès de 400 "aidants" a permis d'identifier les principaux besoins. La mise en place d'un groupe d'échange d'expériences et d'informations, ainsi que la diffusion d'un guide pratique sur ce thème complètent le dispositif.
De son côté, le conseil général du Gers a décidé de financer le recrutement de 110 emplois (ETP) sur six semaines. Le personnel sera directement embauché par les établissements, qui percevront en contrepartie une dotation départementale d'un montant équivalent au coût du personnel embauché de l'ordre de 2.200 euros (base Smic + charges patronales) pour les six semaines.


 

Dasdy -Service de soutien à domicile de la direction de l'action sociale du département des Yvelines

Conseil général des Yvelines - DASDY - 2 place André Mignot
78012 Versailles
dthomas@cg78.fr

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