Petit festival devient grand : de Chaillol au Pays gapençais

Publié le
par
Michel Léon
dans

Tourisme, culture, loisirs

Hautes-Alpes

Non loin de Gap, le festival musical de Chaillol s’est progressivement professionnalisé pour devenir un outil de développement culturel. Il bénéficie du soutien des collectivités territoriales et propose toute l’année aux habitants une offre riche et diversifiée.

En 2016, 57 concerts, avec 87 artistes sur 32 communes réparties dans 5 communautés de communes, et près de 7.000 spectateurs : ces quelques chiffres résument le formidable rayonnement du festival de Chaillol, né il y a plus de 20 ans dans le village éponyme, au nord de Gap. Une histoire de longue haleine, qui a vu mûrir une belle coopération entre une association réunissant des passionnés de musique et des élus très impliqués du territoire haut-alpin, mais également de la région Paca, de l’État et de nombreuses sociétés civiles de la musique.

Des musiciens professionnels créent un festival de village

Au départ, un groupe de musiciens, issus du Conservatoire national supérieur de musique de Paris et accueillis dans le cadre des stages de musique dans le petit village de Saint-Michel-de-Chaillol (342 habitants), souhaite se rapprocher de la commune. "Les élus de l’époque ont accepté d’accompagner les premiers pas du festival de musique sur la commune en profitant de la présence des artistes professionnels venus y enseigner. Au début, la collectivité ne prenait à sa charge que le logement et le transport des artistes qui n’étaient pas rémunérés", se souvient Gérard Blanchard maire de Saint-Michel-de-Chaillol.

Essor et professionnalisation avec la communauté de communes

Six ans plus tard, en 2003, faute de moyens, le festival se trouve à bout de souffle. Musiciens et bénévoles, avec l’énergie et la volonté du président de l’association - et directeur de la maison du tourisme Champsaur Valgaudemar à l’époque -, se tournent vers les élus de la communauté de communes du Champsaur (15 communes, 7.500 habitants) qui leur demandent de réaliser une étude de positionnement.
A l’issue de cette analyse, les élus communautaires se déclarent prêts à donner un nouvel essor au festival en apportant un financement. Deux exigences accompagnent cet engagement : le festival doit être étendu sur tout le périmètre du territoire intercommunal et se professionnaliser.

Une équipe de six personnes pour un festival qui rayonne toute l’année

L’association d’origine se divise alors en deux : d’une part, l’association "Les amis du festival" regroupant bénévoles et bienfaiteurs, d‘autre part une équipe de six professionnels qui prend en charge l’organisation d’un festival dont l’activité est désormais beaucoup plus étendue et plus complexe.
"La professionnalisation a rendu possible l’extension du festival à tout le Pays gapençais et sa démultiplication tout au long de l’année, avec un week-end musical par mois", explique l’élu.

Concerts, mais aussi conférence, ou action pédagogique

Non seulement la qualité est au rendez-vous, mais les prestations se déplacent vers les habitants et se répandent sur un vaste territoire dans les villages des vallées environnantes. De plus, à la musique classique du début se sont ajoutés des concerts de musique orientale, sud-américaine, des lectures d’écrivains, balades musicales, des spectacles pour enfants et autres animations…
"Pour répartir au mieux ces évènements, l’équipe du festival travaille avec les représentants des collectivités partenaires, précise la chargée de mission du service patrimoine et développement culturel de la communauté de communes Champsaur Valgaudemar, Frédérique Ferraro. L’objectif est de faire bénéficier à terme chaque commune d’un concert, d’une prestation ou d’une action pédagogique."

Plusieurs collectivités partenaires

"Aujourd’hui, le festival et les week-ends musicaux sont principalement portés par la communauté de communes du Champsaur Valgaudemar, le Pays gapençais avec d’autres communauté de communes, le conseil départemental, la région et la Drac, et de nombreuses sociétés civiles de la musique comme la Sacem ou l’Adami", indique le président de la communauté de communes du Champsaur Valgaudemar, Carmine Rogazzo. "En 2016, les concerts ont attiré 7.000 spectateurs, qui n’auraient certainement pas eu accès à des spectacles de cette qualité sans ces soutiens."

Bénévoles et professionnels : deux associations complémentaires

"Le festival n’existe que grâce à un ancrage local fort, à l’appui associatif et au soutien des élus, assure la directrice générale des services de la communauté, Catherine Jaussaud. La vitalité de l’association des amis du festival témoigne de cette préservation du lien avec le groupe de bénévoles très impliqués."

Le festival en chiffres
5 communautés de communes partenaires et près de 7.000 spectateurs (prix moyen de la place de festival : 10 €).
Budget : 410.000 € (coût de production moyen d’un concert : 7.000 €)
Financements : 37 % du territoire (communauté de communes du Champsaur Valgaudemar : 8 % ; autres communes et communautés de communes : 17 %, conseil départemental 11 %) – 48 % (État et région) – 9 % billetterie - 6 % mécénat.

Communauté de Communes du Champsaur et Valgaudemar

Nombre d'habitants :

11000

Nombre de communes :

27

5, rue des Lagerons
05500 Saint-Bonnet en Champsaur

Carmine Rogazzo

Président

Gérard Blanchard

Maire de Saint-Michel de Chaillol

Catherine Jaussaud

Directrice générale des services

Frédérique Ferraro

Service Patrimoine et Développement Culturel
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