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Plan de relance européen : l'Allemagne à la barre

L'Allemagne prend ce 1er juillet la présidence du Conseil de l'UE pour six mois, qui seront marqués par les négociations du budget pluriannuel, la relance économique et les négociations post-Brexit. Avec le Portugal et la Slovénie, qui lui succéderont, l'Allemagne entend mettre l'accent sur la protection du climat, la digitalisation de l'économie et la place de l'Europe dans le monde.

Frappée de plein fouet par la crise du coronavirus, la présidence croate du Conseil de l'Union européenne qui a pris fin ce 30 juin n'aura guère eu le loisir de mettre en œuvre son programme. Treize ans après avoir constitué le premier trio de l'histoire, l'Allemagne, le Portugal et la Slovénie, qui tiendront les rênes de l'Union ces dix-huit prochains mois, ont été contraints de revoir le leur. Sans surprise, la maîtrise de la crise et la "relance économique et sociale rapide" de l'Union constitueront le chantier prioritaire de leurs présidences. Les trois pays se sont mis d'accord pour que la protection climatique et la transformation numérique figurent au premier plan de cette dernière. Le trio s'attellera également à renforcer la place de l'Europe dans le monde, le tout en harmonie avec les priorités de la Commission européenne.

CFP et Brexit

Pour l'Allemagne, qui ouvre le bal ce 1er juillet, la présidence sera marquée par deux événements majeurs : la négociation du cadre financier pluriannuel 2021-2027 et son plan de relance d'une part, qui concentrent tous les regards, et les négociations sur les futures relations avec la Grande-Bretagne, qui sortira définitivement de l'UE le 31 décembre prochain, le Premier ministre britannique n'ayant pas demandé hier, dernier jour pour le faire, la prolongation de la période transitoire. Repoussées au second plan par la crise du Covid, les négociations du Brexit n'en restent pas moins cruciales pour éviter un "no-deal" jugé "catastrophique" mais plus que jamais probable.

Pour l'heure, Angela Merkel espère que le dossier CFP sera bouclé lors du Conseil européen extraordinaire des 17 et 18 juillet prochains. Certes, "la combinaison du CFP et du plan de relance a rendu la situation beaucoup plus complexe", a concédé la chancelière lors du sommet germano-français de Meseberg le 29 juin dernier, estimant cependant que cela permet également de débloquer certaines discussions : "Ceux qui ne voulaient pas utiliser le mot "rabais" [dont bénéficie notamment l'Allemagne et que la France entend remettre en cause] sont maintenant un peu plus ouverts parce que, d'autre part, le plan de relance peut également compenser certaines choses". "Il y a encore beaucoup de résistance à surmonter", a néanmoins souligné la chancelière, qui a de nouveau plaidé pour des aides – entendre, des subventions, et pas seulement des prêts – pour les pays les plus en difficulté. Elle a insisté "en même temps" sur la nécessité pour tous les États membres de conduire des réformes structurelles, notamment en suivant les recommandations du semestre européen. "Le Premier ministre italien a fait des propositions pour moderniser son pays", a-t-elle ainsi salué, en précisant qu'"en Allemagne, nous sommes en mesure d'investir davantage – nous avons été à plusieurs reprises accusés de ne pas le faire suffisamment". Bref, la générosité n'exclut pas (nécessite ?) la rigueur.

Climat : de premières échéances à court terme

Tous les dossiers sont toutefois liés : le succès du CFP dépend ainsi en grande partie d'un accord sur de nouvelles ressources propres de l'UE. En tête, la taxe carbone d'ajustement aux frontières, dont la chancelière a rappelé l'importance tout en précisant qu'elle devait "être compatible avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce. Ce n'est pas si insignifiant". L'Union devra également fixer à l'automne ses nouveaux objectifs de réduction de CO2 d'ici 2030, ce qui, a souligné Angela Merkel, renforce d'ailleurs la nécessité pour l'Europe de repenser son activité commerciale et économique avec d'autres, "tout le monde n'ayant pas encore prévu" de devenir climatiquement neutre en 2050.
 

Références : le site de la présidence allemande ; le programme de la présidence.

 

L'Allemagne prend le ruban de Möbius pour étendard

L'Allemagne a choisi pour symboliser sa présidence du Conseil de l'Union européenne le ruban de Möbius, figure géométrique qui a pour caractéristique de n'avoir qu'un seul côté. Elle y voit le symbole de l'Europe, qui "crée l'unité et la solidarité, à partir d'intérêts différents et dans une grande diversité. Parce que même si vous partez de différents côtés et dans des directions différentes sur le groupe Möbius, vous vous rencontrerez toujours du même côté. C'est aussi la force de l'Europe".

 

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