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Plan de relance : le gouvernement attend des "propositions d’engagements" des filières du bâtiment

Tous les moyens sont bons pour "assurer le succès de France Relance", qu'il s'agisse de booster l’économie afin de limiter la casse sociale ou d’accélérer le rythme en matière de réduction de l’empreinte carbone des bâtiments. Ainsi, le gouvernement met la pression sur les filières du bâtiment pour qu’elles jouent le jeu.

Cela doit être un deal gagnant/gagnant : l’Etat met près de 10 milliards d’euros sur la table en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés, à charge pour les professionnels de s’en saisir. C’est en résumé l’objet de la réunion de travail qui a réuni à Bercy le lundi 14 septembre les ministres Bruno Le Maire (Economie, Finances et Relance), Elisabeth Borne (Travail, Emploi et Insertion), Emmanuelle Wargon (Transition écologique, Logement), Alain Griset (PME) et les fédérations du BTP (FFB, Capeb, FNTP et CNATP).

Le gouvernement compte en effet sur ces diverses filières pour se saisir de la main tendue par France Relance pour embaucher. "Tous ensemble, nous devons pouvoir faire monter en puissance l’apprentissage et l’emploi des jeunes, pour œuvrer à l’insertion de tous", a prévenu Élisabeth Borne. "En matière de rénovation énergétique, nous avons besoin de l’engagement de toute la filière BTP et notamment des partenaires sociaux, pour créer de nouveaux blocs de compétences, faire évoluer l’offre de certification et renforcer l’offre de formation à destination des professionnels du secteur", a ajouté la ministre du Travail. 

Les conclusions de l’analyse des besoins en matière de parcours de formation aux métiers et aux gestes de rénovation énergétique seront d’ailleurs "rendues publiques dans les prochains jours", annonce le gouvernement.

Agir sur tous les leviers

Tout l’enjeu consiste donc à agir sur tous les leviers pour tirer au maximum profit du volet "rénovation énergétique" des bâtiments du plan de relance. Côté bâtiments publics de l’Etat, un appel à projets a été lancé le 7 septembre. Reste maintenant à booster les travaux sur les bâtiments des collectivités locales, les logements privés à travers le dispositif "MaPrimeRenov" (mise en œuvre en janvier 2021), le parc social et les locaux des TPE/PME.

Car après la présentation du plan de relance et l’annonce de ses milliards d’euros déversés sur l’économie française, l’urgence consiste maintenant à assurer sa mise en œuvre, car elle ne coule pas de source. "Ce plan est indispensable car il propose aux ménages des aides financières les incitant à investir, à rénover mais ce n'est pas suffisant", prévient Jean-Luc Tuffier, président de la FFB Grand Paris. "Les ménages ont besoin d’être rassurés avant d’investir et la situation économique et sociale actuelle n’est pas propice à l’investissement."

Les acteurs du bâtiment qui redoutent un creux de charge début 2021 attendent également un geste sur le neuf. Ainsi, suite à cette réunion, Olivier Salleron, le président FFB (Fédération française du bâtiment), a appelé sur twitter à une "concrétisation rapide des annonces sur la rénovation énergétique et à des mesures offensives sur la construction neuve en chute de 25% (PTZ et Pinel). Le succès de France Relance en termes d’emploi dépend de ces deux piliers".

Les assainissements non collectifs aussi

Quant à Françoise Despret, présidente de la CNATP (Confédération des artisans des travaux publics et du paysage), saluant "la politique de relance liée au bâti existant et particulièrement aux économies d’énergie", elle a tenu à rappeler "l’importance de l’eau dans l’environnement". Face à "la multiplication des longues périodes de sécheresse", la CNATP demande que la mise en conformité des assainissements non collectifs (ANC), ainsi que l’installation des systèmes de récupération des eaux de pluie soient "une priorité à la hauteur des économies d’énergie". "La CNATP voit ainsi dans ces deux domaines, à la fois des opportunités environnementales et de relance du secteur BTP", a ajouté Françoise Despret.

Le gouvernement de son côté ajoute à la liste "les cofinancements publics ou privés, et les autres mesures de France Relance soutenant le secteur des travaux publics, comme le plan d’investissement du Ségur de la Santé, l’accélération de certains projets d’infrastructures ou la mesure d’aide à la construction durable qui doit permettre de lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain tout en soutenant la construction afin de répondre aux besoins de logement des Français".

Aux fédérations du BTP de faire "la preuve de leur mobilisation"

Aussi, le gouvernement attend-il des fédérations du BTP qu’elles "formulent dans les prochains jours des propositions d’engagements", dont la "mise en œuvre contribuera au succès de la relance". D’ici à mi-octobre, des groupes de travail 'techniques' entre ces diverses parties vont poursuivre les échanges pour parvenir à des engagements de la part des fédérations". Un dossier suivi directement par le ministre de l’Economie. "L’État investit massivement et sans attendre dans la rénovation énergétique des bâtiments, il soutient la formation et les embauches : il répond aux enjeux économiques, sociaux et écologiques du moment", a insisté Bruno Le Maire. "Les engagements que les fédérations du BTP prendront d’ici mi-octobre seront la preuve de leur mobilisation pour le plein succès de la relance."

Les priorités pour gagner le pari de la rénovation thermique des bâtiments

Pour assurer que les travaux de rénovation thermique soutenus par France Relance se déploient le plus efficacement possible, trois priorités ont été identifiées par le gouvernement :

  • Le recrutement, en particulier des jeunes et des apprentis, et la formation des jeunes, des demandeurs d’emploi et des salariés aux métiers de la rénovation énergétique.
  • La responsabilité́ des acteurs du BTP pour que l’activité́ induite lors de la Relance conduise à la préservation et la création d’emplois locaux ainsi qu’à l’insertion dans l’emploi sur l’ensemble du territoire.
  • Le développement et la protection du label "Reconnu garant de l’environnement" (RGE), gage de réputation et de qualité́ des travaux de rénovation énergétique.
 

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