Enfance - Pluie de chiffres sur la petite enfance

L'Observatoire national de la petite enfance - piloté par la Caisse nationale des allocations familiales, avec le concours des ministères concernés, de l'Insee et de la Mutualité sociale agricole - a publié le 13 novembre ses données statistiques sur l'accueil du jeune enfant en 2011. Cette publication accompagne le lancement de l'opération "Au tour des parents", une consultation citoyenne sur la petite enfance et la parentalité, organisée par la ministre déléguée chargée de la Famille (voir notre article ci-contre du 13 novembre 2012).

Spécialités régionales

Les très nombreux chiffres fournis par l'observatoire n'apportent pas de révélations, la plupart d'entre eux ayant déjà été publiés par ailleurs. Leur intérêt réside plutôt dans les rapprochements qu'ils permettent, dressant ainsi un tableau très complet de la situation de l'accueil de la petite enfance. Outre le dynamisme de la natalité française - même si celle-ci semble plafonner depuis 2007 -, ils montrent que la répartition des enfants de moins de six ans est loin d'être uniforme dans la population. Ceux-ci sont en effet nettement moins nombreux dans un grand quart sud-ouest et la part des moins de six ans dans la population totale va de 5,3% à 14,8% selon les départements, soit un ratio du simple au triple.
En face de cette réalité démographique, les réponses apparaissent plutôt dispersées. Si l'offre d'accueil de la petite enfance est globalement en forte hausse depuis dix ans, il existe néanmoins une véritable "spécialisation géographique" des différents modes de garde. Les assistantes maternelles prédominent dans le grand Ouest et le Massif central. A l'inverse, les établissements d'accueil du jeune enfant sont prédominants en Ile-de-France, en région Paca et dans le grand Sud-Est. Tous modes confondus, le potentiel national est de 50 places de garde pour 100 enfants de moins de trois ans.
Les chiffres confirment également le rôle central des collectivités territoriales dans la création de places d'accueil pour la petite enfance, même si celui-ci est désormais sérieusement contesté par les "entreprises de crèches". En 2010, 47% des places créées (créations ex nihilo et extensions de structures existantes) l'ont été par des collectivités, 30% par des associations et 23% par des entreprises de crèches. Mais si l'on s'en tient aux seules créations d'établissements nouveaux, les entreprises de crèches sont au même niveau que les associations (29%) et se rapprochent des collectivités (42%).
Le ministère de l'Education nationale étant partenaire de l'observatoire, le document évoque également les 2,545 millions d'enfants de deux à six ans scolarisés dans 97.900 classes préélémentaires. Il rappelle aussi - discrètement - que le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans "tend à diminuer" depuis 2002. Un doux euphémisme, puisque ce taux de scolarisation est passé de 35% en 2002 à 12% en 2011, soit une division par trois en une décennie (voir nos articles ci-contre du 20 juin et du 21 mai 2012).

Gérer la diversité des publics

Un chapitre très fourni s'intéresse aux diverse aides à l'accueil du jeune enfant et à leur impact sur le recours aux différents modes de garde. Plus original : des tableaux retracent la répartition des enfants de moins de trois ans selon le mode de garde secondaire (structures, assistantes maternelles, parents, grands-parents...) en fonction du mode de garde principal, ou encore la répartition des modes de garde en fonction de la situation professionnelle et du niveau de vie.
Autre sujet moins exploré, sur lequel l'observatoire apporte des éclairages intéressants : l'accueil des enfants âgés de trois à six ans (hors scolarisation). Il apparaît ainsi que, le mercredi, les trois quarts de ces enfants sont pris en charge principalement par les parents, grâce au développement du temps partiel. Un autre chapitre évoque la question des "établissements d'accueil et de la diversité des publics", autrement dit de la façon - très peu formalisée - dont ces structures gèrent ou participent à l'attribution des places et veillent à préserver la diversité des publics. Enfin, un chapitre détaille les coûts et les investissements du dispositif français d'accueil des enfants de moins de six ans. Un dispositif envié par nombre de pays, mais qui a son prix : 28,27 milliards d'euros en 2011, financés par les CAF, l'Education nationale et les collectivités territoriales.
A noter : deux numéros récents de "L'e-ssentiel" - la lettre d'information électronique de la Cnaf - accompagneront utilement la lecture des chiffres de l'observatoire sur l'accueil du jeune enfant en 2011. Le premier est consacré aux résultats de l'édition 2012 du baromètre de l'accueil du jeune enfant, une enquête quantitative menée depuis 2011 auprès des parents et des responsables de structures d'accueil. Le second aborde la question de l'offre territoriale pour l'accueil des jeunes enfants, autrement dit, la question de l'égalité d'accès à ces services selon les territoires.

 

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