A Port-Vendres, l'Anse de Paulilles offre la mémoire d'Alfred Nobel aux vacanciers

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Pyrénées-Orientales

Depuis juin 2008, l'Anse de Paulilles est accessible au public, pour le plus grand plaisir des riverains et des vacanciers. Site de la manufacture de dynamite du célèbre Alfred Nobel, le lieu était à l'abandon depuis la fermeture de l'usine en 1984. En 2007, le conservatoire du littoral et le conseil général des Pyrénées-Orientales ont réalisé un programme de réhabilitation d'envergure avec deux objectifs conjoints : préserver l'espace naturel et mettre en valeur la mémoire industrielle du site.

Située sur le littoral méditerranéen entre le cap Béar et le cap Oustrell, sur la commune de Port-Vendres, l'Anse de Paulilles est un territoire d'une qualité environnementale et paysagère remarquable. Le site a longtemps été fermé au public car il hébergeait l'usine de dynamite d'Alfred Nobel, destinée à la production d'explosifs pour l'armement et les gros chantiers de génie civil. Après la fermeture de la manufacture en 1984, le site était à l'abandon. "En plus d'être un espace naturel exceptionnel, l'Anse de Paulilles est un lieu de mémoire. Les vestiges industriels témoignent d'un patrimoine artisanal fort qui participe à l'identité de notre territoire", souligne Michel Moly, conseiller général du canton de Côte-Vermeille et maire de Collioure. Dès la fin des années 90, la réhabilitation de la friche industrielle est née de la volonté conjointe du conservatoire du littoral et du conseil général des Pyrénées-Orientales. Initié en 2007, le projet d'aménagement "L'avenir d'une mémoire" s'est appuyé sur deux objectifs : la mise en valeur de l'espace naturel et la valorisation du passé industriel du site.  

Une convention de mandat entre le conseil général et le conservatoire du littoral

En 1998, le conservatoire du littoral a fait l'acquisition des 32 hectares du site. Avec l'aide du conseil général, (qui a participé également à l'achat à hauteur de 500.000 Francs à l'époque) un programme d'aménagement global a été élaboré en 2004 (restauration du site, sécurisation des accès et ouverture au public). Deux ans plus tard, le projet de réhabilitation "L'avenir d'une mémoire" a été sélectionné, avec un financement de 12 millions d'euros, dont 30% assurés par le conseil général. L'originalité du partenariat entre le conservatoire du littoral et le conseil général des Pyrénées-Orientales réside dans le transfert de charges d'un établissement public administratif (EPA) à une collectivité territoriale. "Dans le cadre d'une délégation de maîtrise d'ouvrage, le conseil général s'est vu confier la charge de gestionnaire du site par le biais d'une convention de mandat signée en janvier 2005. C'est un choix politique fort, car il s'engage à assurer le fonctionnement permanent du site avec ses propres services et financements, soit un coût de 500.000 euros par an", souligne Jean-Claude Armand, responsable de la délégation régionale Languedoc-Rousillon du conservatoire du littoral. "En tant que bailleur, c'est le conservatoire du littoral qui publie les marchés, signe les contrats et devient propriétaire des travaux effectués. Locataire, le conseil général assure un certain nombre de tâches fixées par une convention de gestion signée pour 30 ans." A cet effet, il a créé cinq postes permanents (une directrice du site, un gardien, un jardinier et deux gardes pour la sécurité) et emploie une vingtaine de saisonniers pour assurer l'accueil du public pendant l'été. "Une universitaire de Perpignan, qui a fait sa thèse sur l'aAse de Paulilles, est venue l'été 2008 pour assurer une visite guidée du site", indique Jean-Claude Armand. Le département prend également en charge l'entretien du site, en fournisant le matériel nécessaire à cet usage. L'entretien des plages est effectué par la commune de Port-Vendres et celui du sentier du littoral par la communauté de communes Albères-Côte Vermeille.

250 000 visiteurs par an attendus

En amont du projet, les deux partenaires ont bénéficié de l'aide de la commune de Port-Vendres, de Banyuls, sa voisine et de deux associations (Culture et Patrimoine en Côte Vermeille et l'Association médiatrice d'intérêt collectif, Amic). "Beaucoup d'anciens ouvriers de l'usine ont suivi de près le projet et participé à la mise en valeur de la mémoire du site. Même si nous avons dû faire le choix douloureux de détruire une grande partie des habitations d'anciens travailleurs, situées en zone inondable (95 bâtiments), les ouvriers semblent aujourd'hui satisfaits du travail accompli", explique Michel Moly. Sur un des seuls périmètres non inondables de la zone, un parking de 280 places et six emplacements pour les cars ont été construits. Sur les 32 hectares de l'ancienne zone industrielle, 17 hectares de surface plane ont été sécurisés et réaménagés pour accueillir le public de manière permanente. En plus de l'aménagement d'une vaste prairie, plusieurs bâtiments de l'usine ont été rénovés. Habitée par Nobel au temps de l'usine, la Maison du site est devenue le bâtiment d'accueil principal. Elle abrite un espace d'exposition multiforme : des photographies d'ouvriers et de la manufacture, une borne multimédia, un écran dédié à la rétrospective des travaux. "Nous avons souhaité préserver les éléments architecturaux témoignant de l'identité du site et sensibiliser les promeneurs à cette histoire", souligne Jean-Claude Armand. "L'ancien château d'eau a été converti en belvédère, en construisant une cage de bois semblable au réservoir d'eau antérieur. L'espace de muséographie en plein air est organisé de manière libre et discrète : nous avons déposé une série d'objets trouvés pendant les opérations de nettoyage dans le but de laisser libre cours à la découverte des promeneurs." D'autres bâtiments en voie de rénovation ont vocation à accueillir le public et à proposer des animations originales. Par exemple, une grande halle, qui héberge actuellement des barques catalanes, sera bientôt convertie en atelier où les charpentiers de marine pourront les rénover à la vue du public. "Même si le site est fermé pendant la nuit, les plages et le sentier restent accessibles. Cependant, les promeneurs et estivaliers sont très respectueux. Pour preuve, bien qu'il n'y ait aucune poubelle aux abords de la plage mais seulement un conteneur de tri à l'entrée du site, aucun déchet n'a été remarqué l'an passé", indique Michel Moly. L'été dernier, 150.000 personnes ont profité de l'ouverture de l'Anse de Paulilles. A compter de 2009, les deux partenaires escomptent une fréquentation de 250.000 visiteurs par an.

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Conseil général des Pyrénées-Orientales

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Jean-Claude Armand

responsable de la délégation régionale Languedoc-Rousillon du Conservatoire du Littoral

Michel Moly

conseiller général du Canton de Côte Vermeille et maire de Collioure
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