Orne

Prévenir l'alcoolisme des jeunes

Santé, médico-social, vieillissement

Social

La communauté de communes du pays Bellêmois (0rne) s'est engagée dans une politique volontariste de prévention de l'alcool en direction des jeunes. Elle s'appuie notamment sur le dialogue avec les familles, les jeunes, les commerçants, les élus, les mondes scolaire et associatif.

La communauté de communes du Bellêmois (14 communes, 5.700 habitants) compte 900 élèves scolarisés, dont 300 au collège. "Depuis sa création, en 2000, la communauté dialogue et coopère avec les écoles, le collège et les associations. Ces liens font que les informations circulent, souligne Emmanuel Hubert, chargé de mission, ce qui permet de faire remonter les difficultés..." C'est ainsi que la collectivité a pris la mesure d'un problème de consommation d'alcool et de drogues douces, qui se manifeste chez les jeunes, notamment le mercredi après-midi et pendant les soirées des week-ends : "Nous avons constaté à la fois un rajeunissement et une féminisation de ces pratiques. Elles se traduisent par des problèmes de déscolarisation, des incivilités, un désengagement de la vie associative, un décrochage par rapport aux parents et des comportements à risque : conduite de scooter, voiture ou vélo sous alcool, activités sexuelles non maîtrisées... Jusqu'à des accidents de la route mortels qui jouent le rôle de déclic dans la prise de conscience du problème."

 

Premier objectif : sensibiliser les parents

Pour agir, la communauté du pays Bellêmois s'appuie sur ses compétences (scolaire, affaires sociales, gestion des équipements sportifs) et sur ses ressources humaines : un responsable est nommé pour suivre la politique de la jeunesse et un éducateur sportif est embauché à temps plein pour intervenir dans les écoles pendant le temps périscolaire ainsi que dans le cadre associatif. Par ailleurs, un contrat éducatif local (CEL), un contrat enfance et temps libre et un contrat enfance et jeunesse avec la CAF couvrent toutes les actions concernant les enfants et les jeunes, de zéro à dix-huit ans. "Notre premier et plus important travail a été de sensibiliser les parents, mais aussi les commerçants et les élus pour convaincre qu'il y avait un problème d'alcool, sans distinction de classe", explique Emmanuel Hubert. 'Il est jeune, il s'amuse', répondent les parents qui ne veulent pas s'occuper de l'emploi du temps de leurs enfants. Quand aux parents qui font très attention, ils peuvent également être trompés : les jeunes trouvent la parade pour passer outre l'autorité parentale, par exemple en buvant tôt dans l'après-midi pour être dégrisé le soir..." Cette sensibilisation s'est traduite par des campagnes d'affichage, des réunions d'information avec des professionnels dans toutes les classes du collège, la distribution de documents d'information... Parallèlement, des règles strictes ont été instaurées pour l'utilisation des équipements sportifs : la consommation d'alcool y est désormais interdite. La règle s'applique à tous car le comportement des adultes, notamment pendant la fameuse troisième mi-temps, influence le comportement des plus jeunes.
Pour sensibiliser tout le monde, et pour s'appliquer la règle à eux-mêmes, les élus de la communauté ont supprimé l'alcool lors du cocktail marquant l'inauguration de la rénovation du gymnase, en présence des financeurs, en expliquant la portée de ce geste.

 

Un message à répéter inlassablement

Les commerçants ont été invités à rappeler en caractères bien lisibles sur les caisses l'interdiction de la vente d'alcool aux moins de seize ans. Enfin, la communauté s'inscrit régulièrement dans les campagnes nationales de prévention routière qui comprennent des recommandations relatives à la consommation d'alcool.
"Notre objectif est de protéger les jeunes et de les informer. C'est d'autant plus difficile qu'ils ont à portée de main des produits très attractifs : on trouve dans les supermarchés des canettes de boisson, à 12° d'alcool, qui coûtent moins cher qu'une canette de soda mais contiennent l'équivalent en grammes d'alcool de quatre verres de whisky, raconte Emmanuel Hubert. Les résultats de cette politique sont difficiles à quantifier car ce problème relève du quotidien et de la vie privée des personnes. Mais ces actions ont suscité le dialogue, elles ont fait avancer la prise de conscience des dangers de l'alcool : les parents se sont interrogés sur l'emploi du temps et le comportement des jeunes, ils ont évoqué le sujet avec leurs enfants, des familles en ont parlé entre elles... Pour être efficace, le message a sans cesse besoin d'être répété."

 

Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Communauté de communes du Bellêmois

BP 10
61130 Bellême
02 33 83 98 13
cdcpaysbellemois@wanadoo.fr

Emmanuel Hubert

Chargé de mission
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