Quand la ZI rencontre la ZUS : à La Chapelle-Saint-Luc, entreprises et collèges des quartiers prioritaires se reçoivent (10)

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Tourisme, culture, loisirs

Aube

Pour aider les collégiens d’un quartier prioritaire à définir leur projet d’orientation, la ville de La Chapelle-Saint-Luc a créé en 2011 un dispositif intitulé "Découverte des milieux professionnels" qui compte plusieurs volets. Basé sur une solide connaissance du tissu des entreprises locales, ce dispositif évolue au fil du temps.

Le quartier prioritaire Chantereigne constitue une zone urbaine sensible de la commune de La Chapelle-Saint-Luc (Aude, 12.884 habitants, membre de la communauté d’agglomération de Troyes) et à ce titre, rentre dans le champ d'action du contrat urbain de cohésion sociale (Cucs). Le groupe de travail du projet éducatif local piloté par le service Politique de la ville a constaté que peu de collégiens du quartier effectuent des stages de découverte vers un métier ou un secteur d'activité présent dans la commune qui accueille la plus grande zone industrielle du département.

A l’origine : aider les élèves de 3e à trouver leur stage de découverte

Face à ce constat, la ville décide de créer un dispositif d’accompagnement individualisé à partir de l’année scolaire 2011/2012. Il implique la communauté éducative des deux collèges du quartier de Chantereigne, les commerces et entreprises de la ville, les organismes de formation post-collège du territoire et les services municipaux.
Nommé "Découverte des milieux professionnels", ce dispositif est conçu pour aider les élèves de troisième à trouver un stage dans un métier choisi, et plus globalement à définir leur projet d’orientation. Il a été présenté aux professeurs principaux des deux collèges (voir document joints).

Acteurs habitués à travailler ensemble et pilote identifié

Le dispositif prend appui sur des bases solides. D’une part, le comité de pilotage se constitue avec des acteurs déjà habitués à travailler ensemble dans le cadre du projet éducatif local et du Cucs. D’autre part, la mise en œuvre est confiée à différents services travaillant sur les problématiques mises en lumière par le projet éducatif local. C’est ainsi que le service Emploi et Insertion professionnelle a acquis une connaissance fine du vivier économique local, grâce au travail de contacts avec les entreprises qu’il tisse depuis 2010.

Le coordinateur à l’emploi de la commune est à la manette : "Nous ciblons des entreprises dont les métiers sont en tension : bâtiment-travaux publics, hôtellerie-restauration, service à la personne, santé, explique Kamel Touioui, coordinateur. En présentant leur métier aux collégiens d’aujourd'hui, les entreprises verront des retombées dans quelques années. Cet argument de poids, lié au fait que je sois au contact des chefs d’entreprise toute l’année sur d’autres problématiques, facilite leur participation à notre action."

Deux forums annuels et un accompagnement individualisé pour les élèves en difficulté

Ces relations suivies permettent d’organiser, dès le premier trimestre de l’année scolaire, un premier Forum "Stage en entreprise" au sein des deux établissements secondaires : les collégiens habitant les quartiers prioritaires rencontrent des chefs d’entreprises et des professionnels. En 2013, 160 élèves ont ainsi été mis au contact de 26 entreprises. Chacune a un objectif de contact de deux à trois jeunes et peut déjà donner un accord de principe pour un stage découverte. Il sera concrétisé par l’envoi d’une lettre de motivation de la part du collégien.

Quelques semaines après le forum, le coordinateur à l’emploi reçoit en entretien individuel, au sein des collèges, les élèves qui n’ont pas encore trouvé de stage. "En réalité, ils finiraient par trouver un stage sans notre intervention, ne serait-ce que dans un commerce de quartier. Mais c’est aussi une occasion de détecter des difficultés de la famille."

Le deuxième temps fort du dispositif est l’organisation d’un forum d’orientation, en milieu d’année scolaire. Y sont conviés tous les organismes de formation post-troisième et même post-bac : lycées, chambres consulaires, centre de formation des apprentis, institut de formation en soins infirmiers, université, école de commerce, etc. Ainsi, les jeunes se forment une vision du parcours de formation lié aux métiers repérés.

Visites mensuelles en milieu professionnel, pour découvrir la réalité des métiers

Depuis l’année 2013-2014, un troisième volet s’est ajouté au dispositif. "Nous nous sommes aperçu que tout cela restait très théorique ; les jeunes avaient du mal à connaître les métiers." Pour les rendre plus concrets, des ateliers "Découverte des métiers" sont organisés une fois par mois, directement au sein des entreprises ou services municipaux concernés. La clé du succès est de les proposer sur le temps scolaire, comme le reste des actions.
Durant la première année et à titre d'expérimentation, ces ateliers ont été ciblés sur les métiers existants au sein de services municipaux (crèche, services techniques, finances-RH…). Désormais, les visites se déroulent à part égale dans le secteur marchand et non marchand. "Nous souhaitons que les jeunes se tournent vers le secteur privé, pourvoyeur d’emplois, même s’il est plus facile de demander un stage à la mairie." 75 % des stages sont maintenant effectués dans le secteur marchand.

En perspective : de l’accompagnement scolaire à l’accompagnement social de la famille

Aujourd'hui, les acteurs du dispositif souhaitent aller plus loin, et notamment développer l’implication parentale pour les élèves les plus en difficulté. L’idée est d’associer le service Prévention de la ville, afin que les familles identifiées rencontrent un référent avec lequel elles pourront travailler en dehors du collège.

Financement
Le budget global du dispositif "Découverte des milieux professionnels" est estimé à 10.100 euros pour 2014-2015, incluant la valorisation du temps passé par les agents municipaux. Les dépenses (logistique des forums, organisation des temps conviviaux, titres de transport pour les jeunes effectuant leur stage en dehors de la commune), de l’ordre de 2.000 euros. Elles sont financées par l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances dans le cadre du Cucs.

Sophie Daguin, L’Œil à la Page, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Service Emploi de La Chapelle-Saint-Luc

Nombre d'habitants :

12884

Point conseil emploi, 44 avenue Jean-Moulin
10600 La Chapelle-Saint-Luc

Jean-Paul Braun

Conseiller municipal délégué à la politique de la ville

Kamel Touioui

Coordonnateur emploi
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