Prévention du terrorisme - Quelle participation des collectivités à la "la grande mobilisation de l'école pour les valeurs de la République" ?

Najat Vallaud-Belkacem s'est adressée, mardi 13 janvier, aux recteurs, secrétaires généraux d'académie et directeurs académiques des services de l'Education nationale, au lycée Louis-le-Grand (paris) en présence du Premier ministre, dans le cadre de la semaine de "la grande mobilisation de l'école pour les valeurs de la République" faisant suite aux trois attentats perpétrés à Charlie Hebdo, à Montrouge et à la porte de Vincennes. Plusieurs éléments dans son discours intéresseront les collectivités locales.
La ministre demande ainsi aux recteurs d'associer les collectivités locales à quatre mesures issues de la refondation de l'école : la réforme des rythmes scolaires (qui a, selon la ministre, "veillé à améliorer les apprentissages et développé l'accès de tous à l'éducation populaire") ; le "renouvellement" de l'éducation prioritaire (qui "permet de répondre aux besoins criants de certains territoires avec une pédagogie adaptée et des moyens supplémentaires importants") ; le renforcement de la lutte contre le décrochage ; l'amélioration de l'orientation.

Relance de la "dynamique" de la réussite éducative

Elle a également demandé aux recteurs "d'organiser la nécessaire articulation de l'ensemble des stratégies et actions menées par les acteurs publics et associatifs en faveur de l'éducation à la citoyenneté et de la réussite scolaire et éducative des élèves, en particulier dans les quartiers relevant de la politique de la ville et dans l'éducation prioritaire".
Elle a rappelé que "l'apprentissage des usages de l'internet est l'un des enjeux du plan numérique à l'école". Et espère "une mobilisation importante" autour de la semaine d'éducation contre le racisme autour du 21 mars prochain" : "je veux que cette semaine fasse l'objet d'une préparation exemplaire associant l'ensemble de nos partenaires", a-t-elle exigé des recteurs.
Parmi les directions proposées par la ministre, notons : "La citoyenneté à l'école, c'est l'égalité sous toutes ses formes, en luttant contre les discriminations sexuelles, d'origine ou territoriale". Dans ce cadre, elle entend "faire de la généralisation à venir des projets éducatifs territoriaux l'occasion de renforcer l'équité territoriale et d'offrir au plus grand nombre des projets de qualité qui mobilisent l'ensemble des ressources des territoires". C'est aussi dans ce cadre qu'elle "souhaite aussi relancer la dynamique de la réussite éducative, qui répond en partenariat aux besoins éducatifs et sociaux d'accompagnement des élèves les plus fragiles et de leurs familles".

De l'apprentissage de la citoyenneté dans les écoles

La ministre entend également impliquer davantage la recherche "pour éclairer la Société dans son ensemble sur les fractures qui la traversent et ces facteurs de radicalisation". "A cette fin, je solliciterai, avec Geneviève Fioraso, l'agence nationale de la recherche (ANR)", a-t-elle annoncé.
Dans le même temps, la présidente du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco), la sociologue Nathalie Mons, diffusait un communiqué de presse et une étude sévère intitulée "Apprentissage de la citoyenneté dans l'école française : Un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage". Elle affirme que "L'apprentissage de la citoyenneté à l'école, capable de dresser un rempart contre les barbaries, doit tout d'abord être ausculté". Elle ajoute : "Les promesses de notre projet social d'intégration par l'école républicaine et laïque de tous les groupes sociaux et religieux qui forment notre communauté nationale doivent aussi être analysées. Les conditions de la réussite des élèves issus de l'immigration doivent être questionnées". L'étude décrit une France "en tête des pays européens par son investissement éducatif théorique dans ce domaine" mais qui souffre de "défaillances de l'apprentissage de la citoyenneté". Plus dur encore : "les "engagements citoyens des jeunes sont souvent de façade" et de fait, "les valeurs de la République apparaissent hors sol".
A signaler enfin que, dans son discours, Najat Vallaud-Belkacem n'a pas caché que lors des débats et de la minute de silence de jeudi 8 janvier, "il y a eu des incidents". "Une centaine a été remontée par le réseau rectoral, sans doute davantage. Tous ces incidents sont inacceptables. Ils ont fait l'objet de traitements immédiats, sous forme de dialogue éducatif et/ou de sanctions", a-t-elle assuré.

 

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