Renouvellement urbain : un écoquartier dynamise le centre de Montbéliard (25)

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par
Victor Rainaldi
dans

Aménagement et foncier

Doubs

En construisant l’écoquartier des Blancheries, la ville de Montbéliard procède à une opération de recyclage urbain qui permet de densifier l’habitat tout en renforçant l’attractivité du centre-ville. Ce projet d’une durée de vingt ans a exigé patience et persévérance. À la clé, des résultats très encourageants.

Montbéliard a connu la même évolution que beaucoup de villes comparables. Après un pic de population à 32.000 habitants en 1982 elle en a perdu près de 7.000 et son centre dépeuplé a mal vieilli. L’attrait de la maison avec jardin dans la périphérie et les communes limitrophes a fait son œuvre, comme partout ailleurs. Parmi les nombreuses actions prises par les édiles (voir encadré), celle de construire un écoquartier sur le site des Blancheries, à proximité immédiate du cœur de ville, revêt une dimension emblématique de leur volonté de reconquête.

Quartier en déclin

À la fin des années 1990 le quartier des Blancheries compte une trentaine de maisons, souvent habitées par des personnes âgées qui n’ont pas toujours les moyens de les entretenir correctement. Environ 200 garages alignés en rangées complètent les surfaces construites. Les élus prennent alors la décision d’en faire une zone d’aménagement concerté (ZAC) et la ville prend la maîtrise du foncier au fil des ans à l’occasion des successions, des ventes et de démarches amiables. "Ces opérations de rachat se déroulent sur une bonne douzaine d’années", indique le maire de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet.

Adapter la construction à la zone inondable

Progressivement, le projet d’écoquartier des Blancheries prend forme. Il s’inscrit dans le plan d’occupation des sols puis dans le plan local d’urbanisme (PLU) de 2016 et dans le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). Situés au bord de la rivière l’Allan, les nouveaux immeubles reposent sur des pilotis dont les dimensions sont calculées pour protéger les édifices et les personnes en cas de crue centennale. Ils ne comportent ni sous-sol ni habitations en rez-de-chaussée et le parking de 400 places est hors sol. Un parking indispensable dans ce quartier piétonnier sillonné de pistes cyclables.

Logements plébiscités

Début 2019, 60 logements sont déjà habités. Une centaine d’autres verra le jour d’ici à 2020. Parmi les logements achevés, 40 sont sociaux et ont fait l’objet d’environ 200 demandes d’attribution, ce qui donne une idée de l’attractivité retrouvée de ce quartier.
Des activités tertiaires (un bureau d’études, des activités paramédicales et une mutuelle) occupent 2.000 m2 de bureaux. Un conservatoire de musique est en cours de construction. Autres atouts, la gare de Montbéliard est toute proche, de même que les commerces de centre-ville ainsi que des services et des équipements publics.

Optimiser le foncier par la densification de l’habitat

L’ensemble de l’écoquartier des Blancheries occupe une surface de 3,5 hectares. "Nous avons optimisé le foncier en construisant de petits immeubles de quelques étages là où il n’y avait que des maisons", fait valoir le maire. À terme la population du quartier pourrait atteindre environ 400 habitants soit environ quatre fois plus qu’avant le projet de réaménagement.

La ville coopère avec un opérateur public

Le projet d’écoquartier est porté par l’opérateur public Sedia, une société d’économie mixte financée par plusieurs collectivités parmi lesquelles figurent les villes de Besançon et Montbéliard, le Pays de Montbéliard Agglomération et le département du Doubs. Concessionnaire de l’aménagement du quartier et donc maître d’ouvrage délégué, la Sedia gère l’ensemble des opérations de démolition, de reconstruction, d’aménagement des espaces publics et la commercialisation.
Les premiers logements livrés dans l’écoquartier des Blancheries, qu’ils soient sociaux, en copropriété ou en accession, ont obtenu un franc succès. "Près de 200 personnes sont déjà venues s’y installer, notamment des familles avec enfants. Elles vont générer d’importants flux en centre-ville et contribuer à faire revivre la commune, ses écoles, ses commerces et ses équipements culturels et sportifs."

Stratégie gagnante

"Un maire est toujours satisfait de voir sa ville gagner des habitants", sourit Marie-Noëlle Biguinet. "L’écoquartier est une pierre de plus à l’édifice de reconquête du centre-ville. Je suis persuadée que si l’on propose une offre de logements et un environnement attractif, les habitants reviendront", affirme le maire de Montbéliard.

Actions pour redynamiser l’attractivité de la ville

La ville est engagée dans plusieurs actions qui contribuent directement ou indirectement à redynamiser son centre-ville et ses quartiers périphériques. Retenue dans le plan Action cœur de ville, elle va initier des actions dans des poches d’habitat où le foncier se libère. Par exemple, l’ancienne sous-préfecture, un beau bâtiment du XIXe siècle, a été rachetée par la ville avec le projet d’y construire une vingtaine de logements familiaux avec des parkings dans son enceinte. Une opération de renouvellement urbain sur le quartier de la Petite Hollande (8.000 habitants) est en cours depuis le début des années 2000 avec l’objectif de reconstruire des logements sociaux, des copropriétés, des maisons, un pôle de services et un centre commercial.

Commune de Montbéliard

Nombre d'habitants :

25300
Rue de l'Hôtel de Ville
25200 Montbéliard

Marie-Noëlle Biguinet

Maire
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