Saint-Étienne Métropole et le PNR du Pilat agissent pour la biodiversité

L'intercommunalité et le parc naturel régional (PNR) du Pilat sont engagés dans des contrats verts et bleus. Objectif : coordonner les actions en matière de préservation de la biodiversité et de rétablissement des corridors écologiques sur un vaste territoire.

La vallée du Gier sépare les monts du Lyonnais, au nord, du massif du Pilat au sud. Cet espace périurbain, qui concentre de nombreuses infrastructures, constitue un véritable obstacle aux continuités écologiques. Toutefois, trois corridors écologiques d’importance régionale ont été identifiés permettant aux espèces de se déplacer entre les réservoirs de biodiversité sur les versants : affluents boisés du Gier, mosaïque de milieux agricoles sur les coteaux du Jarez, forêts, prairies et landes côté Pilat.

Les contrats vert et bleu

Rien d'étonnant donc à ce que cette vallée soit incluse dans les contrats territoriaux de corridors biologiques, puis les contrats verts et bleus (voir encadrés) signés avec la région Auvergne-Rhône-Alpes par le PNR du Pilat et Saint-Étienne Métropole, deux territoires se chevauchant et prioritaires dans le schéma régional de cohérence écologique.

Grâce à ces contrats, qui permettent de mobiliser des fonds importants de la région et du fonds européen de développement régional (Feder), de nombreuses actions ont pu être mises en œuvre afin de maintenir et développer les trames vertes et bleues : assistance à l’intégration des trames dans les plans locaux d’urbanisme, études des déplacements de la faune terrestre, inventaires de sites prioritaires pour la protection des oiseaux, création de haies et mares, restauration d’un réseau de friches et de landes, création de franchissements de routes pour les animaux…

Castors et loutres remontent les cours d'eau

Un des enjeux de ces contrats est le rétablissement des corridors écologiques, ces espaces permettant de relier différentes zones riches en biodiversité et aux espèces d’effectuer les déplacements indispensables à leur survie. Le rétablissement du franchissement sous l’A47 et l'aménagement des berges et des lits de la rivière Bozançon et du Gier ont permis de reconnecter les monts du Lyonnais et le massif du Pilat. Un pont a été réhabilité pour sécuriser la traversée des animaux et éviter les collisions grâce à un partenariat avec SNCF Réseau. « La situation globale s'est améliorée : on voit par exemple que les castors et loutres remontent les cours d'eau. Des travaux ont été menés pour améliorer la continuité écologique mais beaucoup d'ouvrages, notamment sur les ruisseaux, posent encore problème. Il y a peu de connexions fonctionnelles pour la grande faune. Nous avions aussi évoqué la création d'un éco-pont sur le corridor de Tartaras, mais le coût est un frein important », explique la responsable du pôle protection et gestion de l'espace du PNR du Pilat, Catherine Béal. Des détecteurs ont été positionnés au niveau des tunnels sous l'A47 et certains animaux sauvages ont pu être approchés (chevreuils, ragondins, renards, fouines, martres) ; pourtant les résultats sont en dessous des attentes, précise Cécilia Malherbe, chargée de mission biodiversité à Saint-Étienne Métropole (SEM). Le nouveau contrat du PNR prévoit de poursuivre l'étude des déplacements de la grande faune et Saint-Etienne métropole (SEM) a lancé des études complémentaires pour étudier les possibilités d'aménagement des passages inférieurs sur le tracé de l'A47.

Une co-construction fructueuse

La collaboration entre SEM et le PNR du Pilat - 8 communes rurales sont intégrées dans les deux périmètres - s'est également traduite par la signature de conventions et, en pratique, par la présence de chacun des territoires aux comités de pilotage des deux contrats, la co-construction d'outils pour la révision des plans locaux d'urbanisme, le partage d'expérience ou l'échange de données. « Le premier contrat du PNR s'est beaucoup inspiré du travail mené par la Métropole », précise la responsable du pôle protection et gestion de l'espace du PNR du Pilat. « Il y avait un enjeu à travailler sur une échelle plus large, la biodiversité ne s'arrête pas aux portes de la métropole », ajoute la vice-présidente en charge du développement durable de SEM, Sylvie Fayolle. À ce titre, Michèle Perez, présidente du parc, indique que « le contrat vert et bleu Grand Pilat 2019-2023 s’étend bien au-delà du seul territoire du Pilat et déborde largement sur l’Isère, l’Ardèche, la Haute-Loire et la Drôme, d’où son nom "Grand Pilat" ».

Un dispositif complexe mais un bilan positif

Sur les 7,3 millions d'euros de budget prévisionnel du contrat vert et bleu de SEM, environ 50% sont pilotés directement par les dix partenaires qui ont pu financer certains postes. Le contrat s'est également traduit par des appels à projet ou manifestation d'intérêts pour les communes souhaitant mettre en place des actions locales. « C'est compliqué à gérer et demande du temps ; les temps de travail en comité de pilotage sont trop courts, mais cela nous a permis de monter en compétences et de créer une dynamique. Au final, le bilan est très positif. On a quand même vu les naturalistes travailler avec les chasseurs ou les agriculteurs. Des élus pour qui la biodiversité était vue comme une contrainte supplémentaire se sont engagés », explique Sylvie Fayolle. Toutefois, une part importante des travaux devant être mis en œuvre par la métropole n'ont pas encore été réalisés. « Ce sont des opérations complexes et coûteuses, cela prend du temps (…) On souhaiterait pouvoir prolonger le contrat sur 2021 » conclut-elle.

Le contrat vert et bleu de Saint-Étienne Métropole

Suite au premier contrat territorial de corridors biologiques (2011-2015), le contrat vert et bleu de Saint-Étienne Métropole 2016-2020 poursuit l'objectif de préservation et de développement de la diversité faunistique et floristique, notamment par l’intégration de l’ensemble des continuités écologiques du territoire de Saint-Étienne Métropole. Neuf objectifs ont été définis, dont la préservation et la restauration les continuités écologiques, la sensibilisation aux enjeux de la trame verte et bleue ou la mise en place de démarches concertées. Ce contrat, d’un budget 7.300.000 €, avec des aides financières de la région Auvergne-Rhône-Alpes (1.860.000 €) et du Feder (2.600.000 €) regroupe une trentaine d'actions sur quatre volets - études, animation, urbanisme, travaux – mises en œuvre par onze maîtres d’ouvrage : des associations naturalistes, des gestionnaires d'infrastructures et des institutions.

Pour en savoir plus : Présentation du nouveau contrat vert et bleu de SEM

Le contrat vert et bleu du PNR du Pilat

Dans la continuité du contrat territorial de corridors biologiques Grand Pilat 2014-2018, le contrat vert et bleu du PNR du Pilat (2019-2023) engage 199 communes, treize intercommunalités et six départements pour un programme de 42 actions qui doivent, selon les prévisions, être portées par 27 maîtres d’ouvrage (collectivités, associations, organismes socio-professionnels…). Pour la réalisation de ce programme, un budget de 7,1 millions d’euros a été estimé, dont 1,5 million attendus de la région et environ 2 millions du Feder. Il cible prioritairement la restauration des liaisons écologiques d’enjeu régional, au-delà de son territoire, là où les pressions démographique et d'urbanisation sont les plus fortes.

Saint Etienne Métropole

2 avenue Grüner - CS 80257
42006 Saint Etienne cedex 1

Cécilia Malherbe

Chargée de mission Biodiversité

Sylvie Fayolle

Vice-présidente en charge du développement durable

Parc naturel régional du Pilat

Nombre d'habitants :

50000

Nombre de communes :

47
Moulin de Virieu 2 rue Benaÿ
42410 Pélussin
info@parc-naturel-pilat.fr

Catherine Béal

Responsable du pôle protection et gestion de l'espace