Self-data : vers un nouveau modèle de maîtrise et protection des données personnelles

Le self-data peut se définir en quelques mots comme « la production, l’exploitation et le partage de données personnelles par les individus, sous leur contrôle et à leurs propres fins » (définition donnée par la Fondation Internet Nouvelle Génération).

Maîtriser ses données, un enjeu de confiance numérique

Dans un contexte de forte numérisation des activités et des services, la question de la maîtrise et de la protection des données personnelles est un enjeu primordial. C’est dans cette optique qu’en 2018 le RGPD a été créé pour fournir un cadre pour la collection et l’exploitation des données. Aussi, pour un numérique de confiance, un nouveau concept commence à émerger : le self-data.

Chiffres clés

  • Un besoin de confiance : en 2018, seuls 3 français sur 10 considéraient que la confidentialité de leurs données personnelles sur internet était assurée.

Source BVA

  • 54% des internautes déclarent avoir déjà utilisé un bloqueur de publicités (ou adblocker).
  • Peu de changement dans leurs habitudes pour renforcer la protection de leurs données :  92% utilisent Google comme moteur de recherche.
  • Pourtant 77% des internautes se déclarent inquiets concernant la manière dont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) utilisent leurs données personnelles. Cela s’explique en partie par le fait que les services numériques les plus performants sont ceux qui disposent du plus grand nombre d’utilisateurs.

Une étude dédiée pour accompagner les collectivités et les entreprises dans la maîtrise des données

A la croisée des enjeux de gouvernance des données et de confiance numérique, la maîtrise des données personnelles par chacun est un enjeu pour les projets numériques des acteurs européens, publics comme privés. Toutefois, la construction d’un tel modèle dépend aussi de la capacité à lever les obstacles sur le plan technique, politique, juridique et économique. C’est pourquoi la Banque des Territoires publie une étude qui propose un état des lieux de l’écosystème d’acteurs du self-data.

Ce document entend apporter une vision claire et actualisée des acteurs qui proposent des solutions pour mettre en œuvre le self-data, des freins et des leviers qu’il faut prendre en compte, et des initiatives qui peuvent servir d’exemple pour se lancer à son tour dans un tel projet.

Self-data : vers un modèle alternatif

Le self data permet de créer des canaux responsables et justes de transmission des données. Il s’agit d’une alternative majeure qui pourrait permettre, si elle est suffisamment adoptée, la suppression des canaux de transmission actuellement aux dépens des utilisateurs. Ce modèle présente plusieurs avantages :

  • Restaurer la confiance : répond à un besoin d’instaurer une véritable maîtrise autour des données personnelles par chacun.
  • Un potentiel de simplification des démarches pour les collectivités territoriales et les usagers. Le self-data permettra de créer des services plus personnalisés et plus protecteurs de la vie privée de leurs administrés. Les individus deviennent véritablement acteurs de la gestion de leurs données, qu’ils peuvent choisir ou non de partager avec d’autres services.
  • Agir en faveur de l’intérêt général : les collectivités pourraient solliciter leurs habitants pour qu’ils leurs partagent leurs données (de manière anonymisée ou non) comme la consommation énergétique ou la géolocalisation afin d’améliorer les politiques publiques (par exemple pour alimenter les enquêtes déplacements).

Il sera donc possible de passer d’un modèle actuel valorisant majoritairement l’exploitation commerciale et publicitaire des données personnelles, à un modèle plus transparent et plus ouvert en termes de valorisation des données personnelles.

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