Sfil : "L'activité de prêts aux collectivités va se stabiliser à un niveau élevé"

La banque publique Sfil prévoit, avec son partenaire la Banque postale, de financer en moyenne 5 milliards d'euros par an de crédits aux collectivités locales sur la durée restante du mandat municipal. Le leader du financement des collectivités estime que le plan de relance et les besoins d'investissements en matière de transition écologique vont pousser le secteur public local à emprunter. L'action de Sfil est confortée par un rapport de la Cour des comptes qui met en avant son bilan positif.

La banque publique Sfil, qui assure le refinancement des prêts commercialisés par la Banque postale Collectivités locales (LBPCL), s'attend à financer en moyenne annuelle "au moins" 5 milliards d'euros de prêts au secteur public local sur la période 2021-2026, a-t-elle annoncé ce 14 septembre lors d'un point presse. La banque qui présentera d'ici la fin de l'année son plan stratégique pour les prochaines années qualifie cette hypothèse de "prudente".
En 2021, l'établissement devrait financer - uniquement par le recours à des émissions obligataires - "un peu moins" de 4,5 milliards d'euros de crédits aux collectivités territoriales et aux groupements de communes et 500 à 600 millions d'euros de crédits aux hôpitaux, a annoncé Philippe Mills, directeur général de Sfil.
Pourtant, au cours des premiers mois de l'année, les collectivités locales "ont fait preuve d'attentisme", selon la banque. Au 3 septembre, LBPCL n'a commercialisé qu'à peine plus de 2 milliards d'euros de prêts au secteur local, soit un montant inférieur de près de 400 millions d'euros à celui qui avait été enregistré à la même époque de 2020. Mais cet écart n'est pas définitif car le quatrième trimestre est traditionnellement le plus actif en matière de prêts aux collectivités locales.

Forts besoins d'investissements locaux

L'année dernière s'était finalement terminée sur un bilan de plus de 4,9 milliards d'euros de prêts accordés aux collectivités locales, à peine inférieur au record établi en 2019 (près de 5,1 milliards d'euros). Cela était notamment dû à "une anticipation" par les départements et les régions de besoins d'emprunt en 2021, dans un contexte de taux d'intérêts très bas. Un comportement qui a contribué à accroître de 7 milliards d'euros (+ 11,5%) l'encours du compte au Trésor des collectivités locales, celui-ci atteignant 67,5 milliards d'euros fin 2020. De ce fait, les départements et les régions ont moins sollicité la Banque postale Collectivités locales au cours des premiers mois de 2021.
Ce tassement de l'offre de prêts par le binôme LBPCL-Sfil serait passager. Car, dès l'an prochain, le plan de relance et les besoins d'investissements liés à la transition écologique (chiffrés à plus de 10 milliards d'euros par an) devraient doper la demande du secteur public local. Les prêts verts en particulier pourraient décoller. Leur part dans l'offre de prêt réalisée par les deux partenaires atteint déjà 22% en 2021, selon les chiffres provisoires. La persistance de taux d'intérêts bas pourrait en outre inciter les collectivités locales à décider d'emprunter pour financer leurs projets.
La crise sanitaire a eu un impact limité sur les budgets locaux dans leur ensemble, a analysé Philippe Mills. Les collectivités font preuve d'une "très forte solvabilité" et les plus grandes bénéficient de notations financières en amélioration, a-t-il dit.
Avec une part de marché comprise "entre 25 et 29%" des nouveaux prêts souscrits par les collectivités locales, LBPCL et Sfil occupent la première place du marché du financement des collectivités locales, et ce "depuis six ans".

"Désensibilisation" des prêts structurés

Sfil a présenté ces perspectives le lendemain de la publication par la Cour des comptes d'un bilan "positif" de l'activité de la banque entre 2016 et la fin du premier semestre 2020. "Sfil, créée pour reprendre le bilan viable de Dexia, a conduit à bien sa mission de financement du secteur public local en partenariat avec LBP", écrivent les magistrats. L'établissement a aussi "en large partie mené à bien" sa mission de désensibilisation des prêts toxiques détenus par les collectivités locales et les hôpitaux. Fin 2021, l'encours sensible présentant encore un risque pour les finances locales sera limité à 0,6 milliard d'euros, alors qu'il s'élevait à 8,5 milliards d'euros à la création de Sfil. Or, seule une partie de ces prêts demeurent réellement dangereux : certains d'entre eux – représentant presque 400 millions d'euros – voient leur taux rester modéré et les collectivités ne souhaitent donc pas s'en séparer.
La Cour des comptes reconnaît par ailleurs l'intérêt du statut de banque publique de développement acquis par Sfil. Cela "constitue un avantage pour attirer les investisseurs bancaires ou gestionnaires d’actifs." La filiale de Sfil, la Caisse française de financement local (Caffil), parvient à "lever des financements compétitifs et de maturités plus longues que les banques traditionnelles", observe-t-elle.
Après la cession le 30 septembre dernier de la totalité de son capital au groupe Caisse des Dépôts, Sfil intègre le grand pôle financier public piloté par l'établissement de la rue de Lille. C'est dans ce cadre qu'il refinancera à partir de l'an prochain les prêts commercialisés par la Banque des Territoires. Cela se fera "selon des modalités très proches" de celles qui sont mises en oeuvre avec la Banque postale, a expliqué Philippe Mils. Avec la Banque des Territoires, Sfil pourra offrir "des prêts dont la maturité va jusqu'à 40 ans", a-t-il aussi souligné.

 

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