Sol-violette, la monnaie complémentaire de Toulouse

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Développement économique

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Haute-Garonne

Lancé le 6 mai 2011 à Toulouse, le Sol-violette a le vent en poupe. Cette monnaie complémentaire à l'euro pourrait dynamiser le secteur de l'économie sociale et solidaire. La ville de Toulouse en assure l'accompagnement et la logistique, en fédérant de nombreux partenaires et en misant sur l'émergence d'une dynamique citoyenne.

Expérimentée depuis 2006 dans trois puis cinq régions-test, la monnaie complémentaire n'a pas rencontré le succès public escompté. En Bretagne, le Sol n'existe plus, en Ile-de-France, il rebondit grâce à quatre communes de l'Essonne, le Nord-Pas-de-Calais est la seule région à ne pas avoir connu de période de rupture. Le bon démarrage du Sol-violette, lancé le 6 mai 2011 à Toulouse (450.000 habitants) après une réflexion approfondie, semble pourtant prometteur.

"L'économie sociale ne se décrète pas"

"L'économie sociale est basée sur le partage, elle ne se décrète pas. Si les choses sont bien parties, c'est je pense parce que l'on a fait un bon travail de terrain préalable et ensuite pour le suivi," estime Jean-Paul Pla, conseiller municipal de Toulouse, délégué à l'économie sociale et solidaire. "Nous avons impliqué tous les acteurs de la vie citoyenne toulousaine : les habitants, les associations, les entreprises solidaires, les institutions financières et les élus. Nous avons réfléchi ensemble, pendant 18 mois, à ce que l'on pouvait attendre d'une monnaie complémentaire." Le projet Sol-violette est piloté par le comité local d’agrément (Clas) du Sol, comprenant quatre collèges représentatifs : citoyens, entreprises, banques, élus. Le Clas se réunit tous les 15 jours, et plusieurs fois par an en plénière avec tous les solistes. D'autres partenaires tels que la Caisse des Dépôts ou la Fondation EDF, qui s'intéressent à l'expérience, y sont également conviés. C'est le Clas qui décide des actions à entreprendre, elles sont ensuite mises en œuvre par une équipe de quatre salariés.

Six mois plus tard : 800 solistes et 77 entreprises

Le 6 mai 2011, 27.000 billets de Sol-violette sont mis en circulation. Les particuliers achètent cette nouvelle monnaie (1 Sol pour 1 euro) auprès de deux banques - le Crédit coopératif et le Crédit municipal - et s'en servent pour régler leurs achats dans certains magasins de Toulouse. Afin que les personnes en précarité, puissent y participer, le Clas a chargé trois associations de chômeurs de distribuer 30 Sol-violette par mois à une quarantaine de familles toulousaines. Les membres du Clas pensaient toucher 150 personnes et une trentaine d'entreprises, en réalité six mois après le lancement du Sol-violette, Toulouse compte 800 solistes et 77 entreprises se sont lancées dans l'aventure. Le budget global de l'opération s'est élevé en 2011 à 240.000 euros, dont 120.000 euros alloués par la ville.

Les leçons des régions-test et les premiers enseignements

Le Sol-violette a bénéficié de l'expérience des régions-test. Pour fonctionner, la monnaie locale ne pouvait pas être complètement dématérialisée, il fallait créer des billets bien palpables. Le dispositif devait également être simplifié afin que la population se l’approprie. Forte de ces "réglages ", la monnaie toulousaine pouvait prendre un bon départ.
Reste à faire comprendre que cette nouvelle monnaie ne remplace pas l'euro. Elle n'est pas capitalisable et se déprécie si on ne l'utilise pas. C'est une monnaie uniquement destinée à créer localement de la richesse humaine et économique. L'autre difficulté consiste à faire en sorte que les commerçants ne changent pas leurs Sol dans les banques mais qu'ils s'en servent pour régler leurs achats auprès d'autres entreprises. Cela nécessite qu'un nombre important d'entreprises soient parties prenante du dispositif, c'est ce qui est en train de se passer.
Si la dynamique se maintient, le Sol-violette sera étendu à la communauté urbaine de Toulouse dès 2014.

Luc Blanchard, Studio Graph, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info.
 

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Jean-Paul Pla

Conseiller municipal, délégué à l'économie sociale et solidaire
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