À Tours les terres agricoles retrouvent de la valeur (37)

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Claire Lelong
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Aménagement et foncier

Indre-et-Loire

En amont du Scot de l'agglomération de Tours approuvé en 2013, l'agence d'urbanisme locale a mené une étude pour identifier et classifier les espaces agricoles du territoire. Résultat, 800 hectares de zones à urbaniser ont été reclassés en espaces agricoles. Le projet alimentaire territorial de Tours Métropole a pris le relais pour mettre en valeur ces espaces et leur redonner une capacité productive.

En 2011, l'agence d'urbanisme de la région tourangelle (ATU37) est chargée de l'élaboration du Scot sur un territoire regroupant alors 350.000 habitants et 40 communes (il s'est élargi depuis). "Plutôt que de poser le sujet en termes de jugement moral - l'étalement urbain c'est mal - nous avons proposé aux élus de travailler sous l'angle de la valeur des espaces non-bâtis, témoigne le directeur de l'agence, Jérôme Baratier. Avec l'idée qu'on ne regarde pas ces espaces comme des vides mais comme des potentiels en termes de biodiversité ou au plan de la production agricole, au même titre que des zones d'activités sont productives."

Repérage des espaces agricoles à fort potentiel

L'étude agricole a été confiée à un prestataire externe. Elle a consisté à caractériser tous les espaces encore non bâtis, y compris ceux situés dans des zones à urbaniser. Menée en partenariat avec la chambre d'agriculture, l'analyse s'est faite à partir des données géologiques, de la rencontre des acteurs agricoles du territoire et d'un travail de terrain quand la compréhension du contexte n'était pas évidente.

Et une analyse des enjeux

À partir de trois critères d'analyse - la valeur agronomique des sols, la praticité des exploitations agricoles et le repérage des activités porteuses d'une tradition locale (vignoble, maraîchage...) - l'ensemble des terrains ont été classifiés selon 5 niveaux d'enjeux, dont 3 à fort enjeu. Dans les plans d'occupation du sol de l'époque, une partie de ces terrains étaient inclus dans des secteurs devant faire l'objet de développements urbains futurs.

800 hectares retirés à l'urbanisation potentielle

Première conclusion de l'étude : il fallait retirer à l'urbanisation potentielle 800 hectares, repérés comme espaces agricoles à fort enjeu. Aux franges des secteurs déjà construits, mais aussi dans le val inondable, la région tourangelle étant fortement marquée par le risque inondation. Cela concernait notamment des terrains promis à de futures zones d'activités économiques, souvent d'ailleurs confiés à des agriculteurs en termes d'entretien. "En matière de foncier économique, nous avions 30 ans de stock !", souligne le directeur de l'agence.

Constituer des zones agricoles protégées

 Une réflexion plus poussée s'est alors engagée pour mieux recycler et densifier des zones d'activités existantes, mutualiser des solutions à l'échelle intercommunale ou déplacer des projets sur des secteurs à faible enjeu agricole. Autre préconisation de l'étude : constituer des zones agricoles protégées (ZAP) pour préserver ce foncier agricole et donner de la visibilité à long terme aux exploitants. Sept ans après cette étude, la quasi-totalité des PLU sont approuvés et tiennent compte de ces nouveaux enjeux agricoles.

Valorisation via le projet alimentaire territorial

"La réglementation était un préalable pour préserver ces terrains agricoles mais elle était impuissante à y réactiver l'activité", souligne le directeur de l'ATU37. Et c'est là que la politique publique de la métropole a pris le relais. "Les prémices d'un projet alimentaire territorial se sont dessinés à l'issue de l'étude agricole et du travail sur les zones d'activités économiques", note le vice-président à l'agriculture urbaine de Tours Métropole, Jacques Le Tarnec. Une étude menée avec la chambre d'agriculture a permis de matérialiser le système alimentaire territorial avec son bassin d'approvisionnement, ses équipements de transformation et ses manques.

Du foncier, du soutien, une légumerie en projet

Un projet alimentaire territorial (PAT) devrait être formellement adopté début 2019, mais Tours Métropole agit déjà. Acquisitions foncières, soutien à l'installation de nouveaux maraîchers, projet de légumerie pour 2020... sept contrats de réciprocité ont également été signés avec les intercommunalités voisines, incluant la question alimentaire.

"Cela prouve qu'en moins de 10 ans - un temps plutôt court en matière d'aménagement - on peut modifier la dynamique. Cet enchaînement vertueux connaissance/règle/projet est accessible à chacun, à condition d'accepter de changer de regard " conclut le directeur de l'agence d'urbanisme.

Syndicat mixte de l'agglomération tourangelle

Nombre d'habitants :

390000

Nombre de communes :

54
Tours métropole Val de Loire, 60, avenue Marcel Dassault
37200 Tours

Jacques Le Tarnec

Vice-président à l'agriculture urbaine

Jérome Baratier

Directeur de l'agence d'urbanisme de l'agglomération tourangellle
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