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Un onzième parc national voit le jour, dans les forêts de Champagne-Bourgogne

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Anne Lenormand / Localtis avec AFP
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Environnement

Grand Est

Après plus de dix ans de gestation, le onzième parc national, dédié aux forêts de feuillus de plaine, aux confins de la Bourgogne et de la Champagne, est officiellement sorti de terre ce 7 novembre, selon un décret paru au Journal officiel.

Le décret créant le Parc national de forêts, aux confins de la Champagne et de la Bourgogne, sur le plateau de Langres, est paru au Journal officiel ce 7 novembre. Ce parc, dont l'idée avait germé lors du Grenelle de l'environnement en 2007, est le premier consacré aux forêts en France. "Le classement de ce territoire habité et exploité a pour objectif, outre la protection d'un patrimoine naturel exceptionnel (le coeur, principalement forestier est composé de près de 90% de forêts anciennes), la protection d'un patrimoine culturel riche et ancien, et l'accompagnement à l'innovation en matière de développement durable de ce territoire rural", souligne le décret.
Le Parc national de forêts s'étend sur un périmètre maximal de près de 250.000 hectares : une réserve intégrale de 3.100 hectares, où la forêt sera laissée en libre évolution et étudiée par des chercheurs, un "coeur" de 56.000 hectares où s'appliqueront des règles spécifiques et une "aire d'adhésion" qui partage la vision du projet sans que les règles du coeur ne s'y appliquent. La "zone de coeur" et la "réserve intégrale" sont fixées par décret. Mais les 127 communes présentes sur la superficie du parc disposent désormais de quatre mois pour choisir d'adhérer ou non à la charte du parc.
Le groupement d'intérêt public (GIP), chargé de mettre en place le parc, sera remplacé progressivement par un établissement public, qui générera 30 emplois directs et dont le siège devrait se situer à Arc-en-Barrois, en Haute-Marne. Le parc national sera dirigé par un conseil d'administration de 54 membres, représentant l'État, les collectivités locales, mais aussi la société civile. Il disposera d'un budget annuel compris entre 3 et 3,5 millions d'euros.

Grande diversité d'espèces

Composées de hêtres, mais aussi de charmes, chênes ou trembles, les forêts, dont certaines datent de plus de deux siècles, couvrent environ la moitié du parc et presque la totalité de son coeur. La présence de nombreuses sources et cours d'eau attirent poissons, insectes mais aussi la rare cigogne noire, dont quelques couples nichent dans le parc. On y trouve aussi des rapaces comme la chouette de Tengmalm, ou encore des chats forestiers. Dans ses marais tufeux et ses prairies, le parc abrite également des plantes rares comme le sabot de vénus - une orchidée - ou le narcisse des poètes.
Le parc doit aussi valoriser un patrimoine façonné, depuis l'âge de fer, par la présence humaine. Lieu de passage à l'époque gallo-romaine, berceau des templiers et d'ordres monastiques comme les cisterciens, le territoire fut aussi marqué par la métallurgie au XIXe siècle. On y retrouve aujourd'hui des abbayes, d'anciennes forges mais aussi de nombreux vestiges archéologiques, comme la tombe d'une princesse celte inhumée vers 500 avant notre ère, la "Dame de Vix", et son célèbre trésor, découverts en 1953. Les activités économiques liées aux ressources locales, notamment l'agriculture et l'exploitation forestière, continueront d'être pratiquées, mais seront encadrées.

Une "occasion ratée", pour FNE

Si les défenseurs de l'environnement saluent la création d'un nouveau parc national dédié pour la première fois aux forêts, ils regrettent en revanche son manque d'ambition. "C'est une occasion ratée", a déclaré à l'AFP Jean-David Abel, de l'ONG France Nature Environnement (FNE), regrettant un manque de moyens financiers et humains, mais aussi des règles qui le mettent "à un niveau à peu près d'un parc régional".
Avec ce parc, le gouvernement avance vers l'engagement d'Emmanuel Macron d'atteindre 30% d'aires protégées sur le territoire français d'ici 2022, promesse faite après la publication au printemps d'un rapport alarmant d'experts de l'ONU estimant à un million le nombre d'espèces animales et végétales menacées de disparition dans le monde. Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique, avait indiqué en juin que, grâce à ce parc, les aires terrestres protégées devraient couvrir 29,5% du territoire fin 2019.

 
Référence : décret n° 2019-1132 du 6 novembre 2019 créant le Parc national de forêts, JO du 7 novembre 2019, texte n°7
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