Maine-et-Loire

Un établissement pour personnes âgées exemplaire à Segré

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"Comme à la maison" : c'est le principe proposé par les concepteurs pour guider la construction d'une nouvelle maison de retraite à Segré (49) qui compose, avec une autre résidence basée à Sainte-Gemmes d'Andigné, un établissement d'hébergement pour personnes agées dépendantes (Ehpad). Du chauffage par géothermie aux aménagements intérieurs, tout a été conçu pour accompagner la vie qui continue.

Les deux maisons de retraite de Sainte-Gemmes d'Andigné et de Segré, sur le territoire de la communauté de communes de Segré (quinze communes et 15.000 habitants), ont bénéficié pour l'une d'une extension, pour l'autre d'une reconstruction qui ont été toutes deux conduites par des concepteurs soucieux d'en faire des lieux de vie exemplaires pour les personnes âgées. Ces deux maisons de retraite ont fusionné en 1933 et forment un établissement public médico-social autonome relevant du statut de la fonction publique hospitalière. Cet établissement, agréé en tant qu'Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes agées dépendantes), est habilité à recevoir les personnes âgées en perte d'autonomie. Il est géré selon une convention tripartite avec le conseil général et la Ddass (direction départementale des affaires sanitaires et sociales) qui fixe les objectifs et définit les moyens en fonctionnement pour une durée de cinq ans.
La rénovation des deux entités a été décidée au milieu des années 90, en même temps que la création d'une cuisine centrale sur la zone industrielle de Segré (7.000 habitants). A Sainte-Gemmes d'Andigné, la création d'une nouvelle unité de vie, en 2004, a permis de faire passer la capacité d'accueil de 75 à 90 résidents. La nouvelle maison de retraite de Segré, livrée en février 2008, peut accueillir également 90 résidents contre 82 auparavant. "La construction de la cuisine centrale a entraîné la désaffection de celle de la maison de retraite de Segré. C'est à ce moment que les premières études ont été lancées pour envisager une restauration de la maison de retraite existante. Les résultats des diagnostics en termes de chauffage, d'isolation, de structuration laissaient présager plus de difficultés que de résultats satisfaisants sur le plan fonctionnel", raconte Christian Guiboux, directeur de l'établissement.

Construire une résidence la plus accueillante et humaine possible

En 2000, le conseil d'administration de l'établissement, présidé par le maire de Segré, Gilles Grimaud (dont le vice-président est le maire de Sainte-Gemmes d'Andigné, Jean-Claude Taulnay) décide donc de construire une nouvelle maison de retraite, à Segré, sur un terrain de 14.000 m2, plein sud, juste à côté de l'ancienne. "Nous avions trois solutions pour le choix du lieu d'implantation, raconte Gilles Grimaud : soit construire à la place de l'ancienne résidence, soit à côté, soit sur un terrain plus éloigné. La solution de construire sur le terrain jouxtant l'ancienne résidence réunissait le maximum d'avantages et a été adoptée par le conseil d'administration."
Parallèlement, l'extension réalisée à Sainte-Gemmes expérimentait, à l'échelle d'une unité de vie, une vision plus humaine de l'accueil des personnes âgées. Cet espace, pour une vingtaine de résidents, est conçu comme un quartier, comportant une salle à manger et tous les services nécessaires et permet un suivi personnalisé. Cette conception va se déployer pleinement pour la nouvelle construction de Segré. "Le concours d'architecte est lancé en 2001 et le chantier débute en 2005, remporté par le même cabinet d'architectes qui intervenait à Saint-Gemmes, et qui, fort de son expérience réussie, proposait de créer une résidence la plus hôtelière possible, accueillant les personnes âgées dans des locaux lumineux et chaleureux où la vie continue, explique le directeur. Il fallait, par exemple, être le plus discret possible en termes de prestations de services."

Du gros oeuvre au détail, rien n'est laissé au hasard pour créer quatre unités de vie  de 22 à 23 personnes chacune

Les architectes, outre le projet initial, ont proposé des solutions, en continu, au fil du chantier, qui donnent au projet l'esprit "comme à la maison" dont nous voyons le résultat aujourd'hui. Ainsi, le nouveau bâtiment est constitué de deux étages comprenant chacun deux unités de vie d'une capacité d'accueil de 22 ou 23 personnes. Il se glisse autour de grands arbres que les concepteurs ont absolument tenu à préserver, sur le terrain choisi pour la construction. Les unités sont articulées comme des bras autour d'un corps central : au rez-de-chaussée, le dispositif d'accueil et d'animation (une salle polyvalente au design et à l'acoustique soignés) et au premier étage les services infirmiers, la pharmacie, une vaste salle de gymnastique et de kinésithérapie, etc. Chaque unité de vie comporte sa propre salle à manger et office. Les chambres sont desservies par de petits couloirs à dimensions humaines, souvent en courbe, sans vis-à-vis. Chaque chambre dispose d'un espace d'accueil, un variateur d'intensité lumineuse permet au personnel de vérifier que tout va bien sans éclairer de façon intempestive. Un espace en hauteur permet de ranger sacs, valises et autres objets encombrants. L'arrivée d'oxygène est discrètement installée à l'angle d'un placard. Au-dessus du lit, l'applique lumineuse est "comme à la maison" et permet de masquer les appareillages médicaux.

Le choix des énergies renouvelables s'est imposé

Au rez-de-chaussée, les chambres ouvrent sur l'extérieur par une porte-fenêtre et certaines disposent d'un coin terrasse. A l'étage, c'est un petit balcon. Les extérieurs du bâtiment sont en bardage bois. "Par ailleurs, reprend le directeur, lorsque la décision d'un bâtiment neuf a été prise, les architectes ont proposé de mener une réflexion complémentaire pour trouver des solutions modernes en termes d'énergie et nous avons décidé de les suivre." Un système de géothermie a finalement été retenu, qui permet de capter la chaleur du sol et de la conduire vers des plaques chauffantes basses températures. L'absence de radiateurs, permet de gagner 1 m² de surface utile et facilite les déplacements du personnel et des personnes âgées. Ce système a également l'avantage d'être réversible l'été. La chaleur est réinjectée dans le sol ce qui a permis d'éviter l'installation d'une climatisation. En outre, 120 m² de capteurs solaires garantissent au moins la moitié de la couverture des besoins d'eau chaude sanitaire.

Un budget d'investissement de 11,2 millions d'euros

De la définition des besoins à la réalisation, le projet a été suivi par un groupe de travail réunissant le directeur de l'établissement, les cadres de santé, le personnel de service et de maintenance, la représentante de la direction départementale de l'équipement (DDE), le comité technique d'établissement et le conseil de la vie sociale et bien entendu les architectes.
Le budget d'investissement de la maison de retraite s'est élevé à 11,2 millions d'euros, toutes dépenses confondues, pour 90 lits médicalisés, dont :  trois millions de subventions (960.428 euros dans le cadre du contrat de plan Etat-région, une participation du conseil général et de la ville de Segré de 192.085 euros chacun, 1.505.649 euros de la Caisse nationale d'assurance vieillesse et de la caisse régionale d'assurances maladie, et 255.000 euros par deux autres caisses de retraites et l'Ademe). L'investissement comprend enfin un autofinancement de 300.000 euros et un emprunt de huit millions d'euros (à taux fixe sur 25 ans) réalisé par l'établissement public.
Les frais de fonctionnement pour les deux maisons de retraite, soit 172 lits et quatre-vingts postes de personnel à temps plein, sont de cinq millions d'euros chaque année, financés dans le cadre de la convention tripartite de cinq ans avec l'Etat et le conseil général.

De la conception à la réception des travaux, un trio au long cours : le directeur, l'architecte et la chargée d'opération de la DDE

"Nous avons dû mouiller notre chemise pour convaincre les partenaires qu'il fallait "faire du beau" pour les personnes arrivant à la fin de leur vie et convaincre également du coût supplémentaire induit par les énergies renouvelables. Si l'on prend en compte la date des premières études, il a fallu dix ans pour aboutir au projet achevé. Dans ce laps de temps, les interlocuteurs concernés changent souvent, avec chacun des approches différentes. Le risque était donc que le projet soit remis en cause en cours de route. Heureusement, il a reposé sur un trio soudé composé de Nelly Guérif, alors chargée d'opération à la DDE, pour la définition du programme, du cabinet d'architectes angevin Edifices et notamment Philippe Bodinier, qui avait déjà réalisé l'extension de Sainte-Gemmes d'Andigné et de moi-même", précise le directeur. Pas facile de gérer en parallèle des travaux importants et le quotidien de l'établissement. Le directeur a pu disposer d'un mi-temps pour se consacrer au chantier, aux côtés du cabinet d'architectes, et faciliter la déclinaison de sa vision du projet, de son "esprit" général, jusqu'aux moindres détails : le choix des couleurs, des rideaux, du mobilier, l'attention particulière apportée à la conception discrète et chaleureuse des lieux de recueillement pour les familles lorsque leur parent décède, etc.
"Cette réalisation est exemplaire aussi bien du point de vue fonctionnel avec l'organisation des unités de vie que du point de vue énergétique et des matériaux, estime le directeur. Il est important que les communes s'assurent pour leurs aînés d'un accueil dans de bonnes conditions." La maison de retraite de Segré se situe à proximité d'un lycée de 1.000 élèves, d'un centre équestre et d'un centre commercial. "Les personnes âgées sont bien entourées", remarque-t-il. Quant à l'ancienne maison de retraite, elle pourrait être transformée en foyer de jeunes travailleurs.

Maryline Trassard, pour l'équipe Expériences des sites Localtis et Mairie-conseils
 

Contact(s)

Maison de retraite intercommunale

Résidence Le parc- 30 rue du 8 mai 1945
49500 Segré
02 41 92 14 33

Gilles Grimaud

gilles.grimaud@segre.fr

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