Un Plan bocage pour préserver le paysage et la biodiversité

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La région de l'Avesnois, dans le Nord, est marquée par son paysage de prairies bocagères. Comme dans d'autres régions, les haies ont tendance à disparaître au profit de la restructuration foncière agricole et de l'urbanisation. Souhaitant les préserver, le parc naturel régional de l'Avesnois a lancé en 2001 un Plan bocage associant élus, agriculteurs et habitants à cette opération qui commence à porter ses fruits.

"La préservation, valorisation et reconstruction du bocage avesnois est au coeur de notre charte", souligne Guillaume Dhuiège, chargé de mission agriculture au parc naturel régional (PNR) de l'Avesnois. Si le maillage bocager de l'Avesnois a pu globalement se maintenir, malgré une diminution de 5%, c'est en grande partie grâce aux multiples actions du PNR pour préserver ce paysage emblématique.
Il a fallu d'abord bien connaître le maillage bocager. A partir d'un système d'information géographique et grâce à la photo-interprétation, une typologie de l'occupation des sols des 129 communes du PNR et du linéaire bocager a été établie. Cette information numérique est mise à la disposition des communes mais aussi des bureaux d'études concernés, à titre gratuit. L'utilisation de la photographie aérienne a donné une visibilité aux 61.000 hectares de prairies et aux quelque 12.000 km de haies qui les entourent.

 

Exploitants agricoles et habitants sont incités à planter et préserver les haies 

Le parc a conseillé les agriculteurs pour la mise en place de leur contrat de gestion agricole et environnementale afin qu'ils puissent intégrer la gestion des haies dans leur stratégie de développement. Près de 600 agriculteurs ont pris en compte dans leurs contrats jusqu'à 18.000 hectares de prairies et 3.200 km de haies. Avec le même souci, le parc propose aujourd'hui aux élus des communes et intercommunalités de les accompagner dans leur démarche de protection réglementaire du bocage au moment de la réalisation de leurs documents d'urbanisme.
Aujourd'hui, plus de 115 km de haies, plus de 2.000 arbres champêtres et têtards ainsi que 2.500 arbres fruitiers ont été replantés et pour cela les agriculteurs ont reçu un soutien technique et financier. En accompagnement de ces actions visant à préserver le bocage, des opérations de plantations sont régulièrement réalisées. Chaque année, "Plantons le décor" encourage les habitants, par la fourniture de végétaux, à planter des haies adaptées à l'environnement. Infrastructures, établissements industriels et agricoles sont l'objet d'opérations de plantations et d'intégration paysagère avec le soutien du parc. Enfin, le parc soutient le développement du bois-énergie à partir des tailles de haies ainsi que l'intégration du thème préservation et entretien du bocage dans le cahier des charges de la marque "Parc", attribuée aux producteurs de viande bovine.
"Au-delà de l'aspect paysager, de la lutte anti-érosive et de la conservation de la biodiversité, les nouvelles techniques permettent de valoriser les haies pour une production énergétique susceptible d'intéresser non seulement les agriculteurs (chauffage du  domicile et des bâtiments d'exploitation) mais aussi les communes (chauffage des bâtiments communaux). A terme il s'agit bien d'intégrer dans le Plan bocage le développement d'une filière économique à partir du bois-énergie intéressant les collectivités locales", observe Guillaume Dhuiège.

 

La protection des haies intégrée dans les documents d'urbanisme

Des actions de conseil et de concertation afin d'inscrire la protection du bocage dans les documents d'urbanisme des collectivités locales du territoire, mais aussi de sensibiliser les habitants à l'intérêt de planter des haies, ont commencé à porter leurs fruits. "Des habitants contactent le parc afin de savoir quel type de haie ils devraient planter au moment de construire leur maison", souligne Corinne Bury, chargée de mission Urbanisme et cadre de vie, ajoutant : "Les maires ont bien intégré la démarche du parc, ils viennent maintenant nous demander conseil lors de l'élaboration de projets d'aménagement."
La protection concertée du bocage dans les plans locaux d'urbanisme (PLU) s'appuie sur une forte implication  des acteurs locaux et une analyse du maillage bocager en fonction de critères écologiques, paysagers et agricoles. Avant approbation du PLU, plusieurs phases de concertation technique permettent de définir un projet de préservation du bocage communal : identification de l'enjeu territorial, propositions émises par l'ensemble des exploitants agricoles réunis par le maire, présentation de ces propositions au comité de suivi du PLU, prise en compte des modifications par le parc, validation du plan de maillage à intégrer au plan de zonage et rédaction des prescriptions réglementaires concernant les haies répertoriées.
Les premiers résultats sont là puisque les 38 communes qui ont élaboré leur plan local d'urbanisme depuis 2001 ont inscrit les haies comme éléments à protéger. Et aujourd'hui, il est possible pour les communes ne disposant pas de documents d'urbanisme de s'associer à cette démarche par une délibération du conseil municipal.


Xavier Toutain, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Parc naturel régional de l'Avesnois

Nombre d'habitants :

130000

Nombre de communes :

129
Maison du Parc - Grange Dîmière - 4 cour de l'Abbaye - BP3
59550 Maroilles
contact@parc-naturel-avesnois.fr

Corinne Bury

Chargé de mission urbanisme et cadre de vie
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