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Un réseau ferroviaire local pour le développement de la vallée de la Dore dans le Massif central

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Dans les années 1980, une mobilisation associative pour la sauvegarde du train, soutenue par le parc naturel régional (PNR) du Livradois-Forez et les collectivités locales, permet de maintenir des emplois et de développer une activité touristique. Vingt ans plus tard, face à de nouveaux enjeux économiques et énergétiques, la sauvegarde des voies ferrées est intégrée au projet de "pôle d'excellence rurale" : valoriser la forêt en développant la filière bois-énergie et le fret ferroviaire.

Le projet de pôle d'excellence rurale du PNR du Livradois-Forez repose sur deux atouts importants : la forêt et l'axe ferroviaire. D'une part, l'axe de la vallée de la Dore revêt une importance stratégique pour l'avenir du territoire. D'autre part, la question des énergies renouvelables est devenue prioritaire au niveau du PNR (1) et les élus ont décidé de faire émerger une filière bois-énergie valorisant la surface boisée, l'une des plus denses de la région Auvergne (53% contre 27,5% dans le reste de la région) jusqu'alors insuffisamment exploitée.

 

Substituer l'énergie bois aux énergies fossiles : un projet à fort potentiel économique

Les infrastructures nécessaires sont déjà en place et la demande se concrétise au niveau d'industries locales et de collectivités qui sont en train d'acquérir des équipements de grande capacité pour le chauffage. Mais il reste à structurer et améliorer la disponibilité et les usages possibles des combustibles issus du bois : granulés et plaquettes forestières. Du côté des clients potentiels tout d'abord : les papeteries Giroux, qui ont un besoin de production de chaleur important, envisagent de la produire elles-mêmes avec une chaudière de 7 mégawatts qui consommerait 20.000 tonnes de déchets de bois par an. Par ailleurs, un certain nombre de communes et d'intercommunalités souhaitent créer des réseaux de chaleur alimentés par des chaufferies au bois. Une demande de financement a été déposée dans le cadre du projet de pôle : ainsi, la commune de Viverols pour sa maison de retraite, sa gendarmerie et ses écoles ou encore la communauté de communes du Pays de Cunlhat pour un complexe sportif régional.
Du côté de l'offre, des scieries produisent actuellement des combustibles à partir de leurs déchets et quatre d'entre elles sont prêtes à réaliser les investissements nécessaires - broyeurs, bâtiments de séchage et plateformes de conditionnement - pour augmenter le volume produit afin de répondre aux nouveaux besoins. Elles sont situées en bordure de la voie ferrée près du bourg d'Arlanc, ce qui permettrait d'approvisionner notamment les papeteries Giroux par le rail. Pour cela, les infrastructures doivent être renforcées au niveau des papeteries elles-mêmes (achat de wagons convoyeurs, construction d'un mur de soutènement pour la vidange des wagons et d'une plate-forme réceptrice) et le long de la voie ferrée (aménagement de quais de chargement et de voies de garage et d'évitement). Enfin, un achat collectif de broyeurs est envisagé (de type Cuma, Scop, Scic...) pour développer la filière directement à partir de la forêt, dont le potentiel est considérable.
Le montant des subventions demandées pour le projet de pôle, qui devrait créer une cinquantaine d'emplois, est de 2,8 millions d'euros. Le PNR situe à un million le plancher en dessous duquel le projet serait irréalisable. Ce montant ne représente qu'une partie des opérations envisagées qui reposent aussi sur la contribution des acteurs privés.

 

L'engagement précoce du PNR du Livradois-Forez

"Ce projet est tout à fait en adéquation avec l'engagement du PNR à sa création officielle en 1986 : redonner une dynamique au territoire en se consacrant principalement à son développement économique et social", déclare Jacques Fournier, le directeur. Du reste, il n'aurait jamais pu naître si les élus n'avaient pas soutenu les amoureux du train qui se sont battus pendant des années pour maintenir la ligne ferroviaire Vichy/Le Puy-en-Velay situé sur l'axe Paris-Lyon-Marseille.
A l'époque, les élus voyaient dans cette mobilisation la possibilité de sauvegarder les 750 emplois de Sanofi-Aventis (anciennement Roussel-Uclaf) et de développer le tourisme. La ligne avait en effet été délaissée par la SNCF pour le trafic voyageur au début des années 1970, puis pour le fret dans les années 80. L'association "Agrivap" se mobilise pour exploiter la ligne de fret, toujours en usage, sur le tronçon Courpière-Arlanc (environ 65 km). Comme seule une collectivité locale est en mesure de conventionner avec la SNCF, le PNR incite les communes riveraines à créer un Sivu (2) qui signe un contrat d'affermage pour le trafic touristique et des contrats de traction, et confie à l'association la circulation des trains. Le parc et l'association Agrivap font alors l'acquisition d'un train panoramique. Un peu plus tard, le Sivu se porte acquéreur d'un deuxième tronçon (20 km), Arlanc-Sembadel, que la SNCF cherche à déclasser. Celui-ci passe par le haut lieu touristique de La Chaise-Dieu. L'ensemble de la ligne représente actuellement un trafic d'environ 15.000 touristes par an, via les liaisons régulières en été et le transport à la demande le reste de l'année, mais reste très en dessous de ses possibilités. Enfin, à partir de Sembadel, ce sont deux autres lignes qui ont été maintenues en direction du Puy-en-Velay d'une part, mais aussi de Saint-Etienne d'autre part, grâce à une autre association de "fous du train", celle des Chemins de fer du Haut-Forez, et aux collectivités de la Haute-Loire et de la Loire qui ont décidé de faire circuler des trains en période estivale.

 

Le réseau de voies ferrées permet le développement du fret

Aujourd'hui, le réseau ainsi sauvegardé, en forme de patte d'oie, peut être relié par le nord au réseau national et se prolonge au sud-est en direction du bassin rhodanien. Cette voie de communication suit la vallée de la Dore, qui constitue la colonne vertébrale de tous les projets de développement du territoire. Elle est une configuration de départ pour l'amélioration de l'offre touristique. A terme, elle présente, avec le projet de pôle d'excellence rurale, des perspectives très intéressantes de développement du fret par rail (3) en direction de Clermont-Ferrand, Lyon ou Paris, et au-delà vers le sud en direction des pays du Maghreb, qui importent du bois de charpente. Or le fret par rail, contrairement à la route, permet de limiter les taux de pollution, ce qui est en adéquation avec les objectifs de la charte du PNR.
Il reste cependant un certain nombre d'obstacles administratifs, techniques et financiers à surmonter avant que toutes ces réalisations voient le jour. La première difficulté est d'obtenir l'unicité de la domanialité de la ligne. Le déclassement du tronçon Pont-de-Dore (jonction avec le réseau national)-Arlanc est en cours, mais l'ensemble de la ligne appartient encore actuellement à quatre propriétaires différents (dont RFF). La deuxième difficulté sera la sécurisation des ouvrages, notamment pour les parties qui ne sont plus entretenues par la SNCF (puis par Réseau ferré de France) depuis vingt ans. Les coûts de mise en conformité des passages à niveau sont prohibitifs, tant qu'une partie du réseau est encore propriété de RFF (les coûts des travaux chiffrés par la SNCF sont en effet huit fois plus élevés que ceux exigés par le ministère de l'Equipement). Enfin, la question va se poser du statut et de l'entente nécessaire entre les futurs exploitants : l'association Agrivap par exemple, opérateur historique, pourra-t-elle continuer d'exploiter la ligne ? La même question se pose pour l'association des Chemins de fer du Haut-Forez. Il est nécessaire qu'ils fusionnent, mais cela ne suffira pas. Encore faudra-t-il qu'ils soient retenus dans le cadre d'un appel à concurrence ou d'une délégation de service public. Enfin, au-delà de l'exploitation ferroviaire proprement dite, il faudra trouver un opérateur professionnel du tourisme capable de mettre sur pied un projet touristique efficace au détriment peut-être du charme de l'accueil des amoureux du train... Toutes questions qui auront le temps de trouver une réponse, puisque aussi bien le projet de pôle (des investissements sur 12 à 18 ans) que celui du fret sont des objectifs à moyen et long termes.

 

(1) Priorité qui s'est traduite par la consécration du programme Leader+, la création d'un poste de chargé de mission et la signature d'un convention triennale (2005-2008) avec l'Ademe.
(2) Le Sivu comprend aujourd'hui les 21 communes riveraines de la voie entre Courpière et Sembadel.
(3) Pour le transport du bois et des produits connexes des scieries mais aussi de matières pondéreuses, de produits dangereux, de pièces industrielles ou encore d'ordures ménagères.

 

 

Sylvie Malsan, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

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