Une intercommunalité rurale transfère l'aide alimentaire au CIAS : l'occasion d'évoluer vers le modèle d'épicerie sociale et solidaire (18)

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Santé, médico-social, vieillissement

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Dès sa création en janvier 2013, le centre intercommunal d’action sociale (CIAS) de la communauté de communes en Terres Vives (Cher, 11 communes, 13.170 habitants) a pris la responsabilité de l'aide alimentaire. L’occasion pour les élus d’approfondir leur réflexion sur la traditionnelle distribution de colis alimentaire qui a montré ses limites d'un point de vue social. Une nouvelle dynamique est en route.

Dès sa création en janvier 2013, le CIAS de la communauté de communes en Terres Vives, dans le Cher, a pris la responsabilité de l’organisation de l'aide alimentaire.
Auparavant, la coordination était assuré par le CCAS de la commune la plus importante, Saint-Martin-d'Auxigny. Les assistantes sociales du conseil général du Cher, en charge de ce secteur géographique, faisaient part des demandes de prise en charge des personnes, au titre de l'aide alimentaire. Le CCAS, avec l'appui de bénévoles, s'occupait de préparer les colis, à partir des livraisons régulières de la banque alimentaire du Cher, pour ensuite les distribuer aux bénéficiaires. Désormais, c’est l’échelon intercommunal qui pilote cette organisation. Et ce, à un moment où la demande est en train de progresser très fortement (voir encadré).

Maintien de l’implication des bénévoles et renforcement de la proximité avec le niveau communal

En transférant cette compétence de l’aide alimentaire à l’échelon intercommunal, les élus avaient un double objectif : maintenir l'implication des bénévoles, et cela au niveau de proximité le plus proche, c'est-à-dire celui du territoire communautaire.
Ce qui a changé ? Les bénéficiaires sont toujours orientés par les assistantes sociales du conseil général et c’est toujours une équipe de bénévoles d'une des 11 communes qui prépare et distribue les colis, tous les 15 jours. En revanche, c’est le CIAS qui gère le fichier des demandes et coordonne les équipes. Pas facile cependant de mettre en place la bonne organisation d’un seul coup de baguette magique ! Là encore, les élus savent que celle-ci doit évoluer, car actuellement, cette coordination est portée par un agent qui n'a pas été formé au suivi social.
"Jusqu'à présent, tout s'est très bien passé, remarque la responsable du pôle technico-administratif de la communauté de communes, Nelly Lavaure. Les bénévoles n'ont pas perdu de leur motivation dans leur engagement." L’élu communautaire, vice-président du CIAS, est plus nuancé : "Je crains que ces bonnes volontés ne s’épuisent", explique Bernard Ozon.

Les limites de la seule distribution de colis sans suivi social

"Ce qui pose problème aux élus, précise le vice-président du conseil d’administration du CIAS, c'est le sens même de ces distributions, quand il n’y a pas un travail social qui l'accompagne..." Certaines familles sont en effet bénéficiaires de colis alimentaires depuis près de 4 ou 5 ans. "La distribution de colis est une aide aux besoins primaires mais ne change rien à la situation de ces familles, constate la responsable du pôle technico-administratif. Sans accompagnement social à proprement parler, l’évolution de la situation de ces familles est plus difficile."
Elus et administratifs perçoivent bien les limites de cette action, "qui sont d’abord celles de l’absence d’action et de qualification, en matière de suivi social, du personnel coordonnant la distribution des colis alimentaires", reconnaît la responsable du pôle.
L'autre limite tient à la composition des colis : leur contenu varie en fonction de ce que la banque alimentaire livre au CIAS. "Il a pu arriver que nous ayons dans une livraison une palette de chocolats", raconte notre interlocutrice. Les bénévoles complètent alors et diversifient les colis en puisant dans les réserves de produits secs constitué lors de la collecte nationale annuelle où une permanence dans un supermarché local permet de collecter près de 15 tonnes de denrées grâce à la générosité des habitants.

Un "sens" social à trouver...

C'est pourquoi, début juillet 2014, le nouveau conseil d'administration du CIAS a constitué un groupe de travail pour faire évoluer ce service de distribution de colis vers un modèle d'épicerie sociale et solidaire. Cette idée, les élus l'avaient déjà muri dans le cadre de la démarche d'accompagnement et de suivi avec Mairie-conseils sur la politique sociale intercommunale.
"L’épicerie sociale permet de développer plusieurs types d’actions à caractère social : d’abord, en permettant aux personnes en difficultés de bénéficier de produits à des prix très bas. Ensuite en facilitant le repérage de situations très difficiles, encore méconnues. "Car le modèle de l'épicerie est moins stigmatisant, plus responsabilisant et valorisant que le colis, ce qui permet de toucher plus de monde", souligne l’élu. Enfin, le projet est de développer à partir de l'épicerie sociale un lieu de discussion et d’écoute, d’accompagnement vers les dispositifs sociaux, des ateliers et des animations… pour mieux accompagner les familles.

Face à une demande en constante progression : recherche d’un modèle efficace et adapté
Entre janvier et juin 2014, les demandes d'aide alimentaire ont quasiment doublé par rapport à l’année précédente sur le territoire de la communauté de communes en Terres vives : le nombre de ménages inscrits passe d'une quarantaine en 2013 à près de 70 déjà en juin 2014. "Certes la gestion intercommunale donne une autre dimension à l’action sociale, mais nous sommes organisés quasiment sur le même modèle qu'avant, c'est bien", souligne l’élu qui poursuit : "Malheureusement, la précarité augmente et touche plus durement les familles, ce qui justifie d'autant plus de trouver un nouveau modèle, plus efficace et plus adapté."

Emmanuelle Stroesser / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Communauté de communes en Terres Vives

Nombre d'habitants :

13170

Nombre de communes :

11
20 route Creton
18110 Vasselay
contact@terresvives.fr

Bernard Rousseau

Président

Bernard Ozon

Elu communautaire, vice-président du conseil d'administration du CIAS

Nelly Lavaure

Responsable Pôle Technico-Administratif
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