Une semaine sans écran au Pays de Colombey (54)

Publié le
par
Cécile Perrin
dans

Citoyenneté et services au public

Jeunesse, éducation et formation

Meurthe-et-Moselle

En octobre 2016, les habitants du Pays de Colombey et du Sud toulois étaient invités à expérimenter une semaine sans écran. Plus de 200 personnes ont participé à des "soirées déconnectées". Un premier pas qu’il convient de consolider.

La communauté de communes du Pays de Colombey et du Sud toulois, avec ses 39 communes pour 11.500 habitants est un territoire très rural, situé à une trentaine de minutes au sud-est de Nancy. La politique jeunesse y repose sur un projet éducatif territorialisée, intitulé Nooba, cofinancé par différents partenaires (voir encadré en fin d’article). En octobre 2016, 209 personnes se sont déplacées pour assister ou participer à des animations, dans le cadre de la Semaine sans écran, organisées par l’équipe de Nooba et le relais familles de Colombey-les-Belles.

Des activités alternatives pour lâcher l’écran

Les animatrices de Nooba et du relais familles de Colombey se sont inspirées d’une Semaine sans écran lancée à Toul à l’initiative de l’association Mosaïque. Sur les conseils de cette dernière, l’équipe engage le dialogue avec quelques familles, les élus et les écoles. L’idée consiste à imaginer ensemble des activités alternatives aux écrans dans chaque mairie pendant la Semaine sans écran. Sur les 42 communes sollicitées, une douzaine décident d’accueillir des soirées zumba, contes, cuisine, astronomie ou jeux de société. "Ce défi de Semaine sans écran s’inscrit dans un projet plus large", souligne l’animatrice de l’équipe Nooba, Audrey Rousseau.

Répondre à des alertes de professionnels

Dès 2015, la problématique du temps passé sur les écrans avait trouvé un écho particulier lorsqu’une orthophoniste de l’association des professionnels de santé libéraux du secteur de Colombey avait alerté les acteurs de la politique jeunesse : cette professionnelle de diagnostiquait notamment des retards de langage chez de très jeunes enfants, habitués aux écrans. L’équipe Nooba a décidé d’agir en s’appuyant sur les partenaires locaux.

Mobiliser les partenaires sur le projet "Occupons-nous autrement"

"Estimant qu’il était indispensable en premier lieu de sensibiliser les acteurs concernés, nous n’avons pas voulu lancer une Semaine sans écran de but en blanc", se souvient l’animatrice. Dès 2015, un groupe de professionnel se mobilise : Nooba, l’orthophoniste, le Pple social et culturel de la communauté de communes et le relais familles autour d’un projet baptisé "Occupons-nous autrement". Dans ce cadre, différentes actions ont déjà été proposées aux familles en 2015 et 2016 : conférence d’un pédopsychiatre, matchs de basket ou de handball, et une dizaine d’après-midis consacrés aux jeux de société dans les communes. La sSmaine sans écran de l’automne 2016 prolonge cette démarche.

Bilan en demi-teinte, mais des associations mobilisées

La Semaine sans écran a été annoncée par voie d’affichage et via des tracts distribués par les établissements scolaires et déposés dans les boîtes aux lettres des habitants. Pourtant, avec une moyenne de 15 participants, les soirées ont réuni de 4 à 20 personnes selon les villages. Reste que le point fort de cette semaine sans écran est la participation d’au moins quinze associations.
"L’intérêt du projet est d’avoir ouvert la réflexion sur le rapport aux écrans, l’importance d’accompagner les enfants et de discuter avec eux de ce qu’ils regardent, sans culpabilisation", résume l’animatrice. A l’avenir, le projet devrait favoriser la mise en œuvre de spectacles et de projets culturels pour continuer à s’occuper autrement.

Activités plus ciblées par tranches d’âges

La communication pourrait passer par la radio locale ou des personnes relais, comme les assistantes maternelles. Et surtout, les animations proposées doivent être améliorées. "Plutôt que de lire des contes tout-public, il faudrait proposer des actions plus ciblées par tranches d’âge : pour les tout-petits, pour 6/10ans, pour les ados", estime l’animatrice de territoire de Nooba, qui s’interroge sur l’éventualité d’une prochaine Semaine sans écran. Celle-ci pourrait avoir lieu pendant les vacances scolaires en créant des partenariats avec les centres de loisirs.

Nooba, un contrat d’animation jeunesse territorialisée (CAJT)
Nooba est un projet éducatif qui concerne les 39 communes de la Communauté, ainsi que trois autres communes limitrophes. Un contrat d’animation jeunesse territorialisée (CAJT) a été conclu pour une durée de quatre ans avec le Département de Meurthe-et-Moselle, le conseil régional de Lorraine et deux fédérations d’éducation populaire. Dans la cadre de Nooba, deux animateurs de territoire sont employés, l’un par la fédération des MJC, l’autre par la fédération des Foyers ruraux. Leur rôle est de soutenir les associations, mairies et jeunes de 3 à 25 ans en vue de créer des projets et actions culturels, de loisirs et de prévention. 
 

Pays de Colombey et du Sud toulois

Nombre d'habitants :

11500

Nombre de communes :

39
16 impasse de la Colombe
54170 Colombey-les-Belles
contact@pays-colombey-sudtoulois.fr

Maurice Simonin

Vice-président au développement culturel et à la jeunesse

Audrey Rousseau

Animatrice de la Fédération des foyers ruraux en charge de Nooba
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