Vasco Alves Cordeiro, nouveau président du Comité européen des régions

Le Comité européen des régions a élu son nouveau président, qui attire notamment l’attention sur les nuages qui menacent selon lui la politique de cohésion.

Rotation traditionnelle à mi-mandat à la tête du Comité européen des régions (CdR) : le Portugais Vasco Alves Cordeiro (PSE), jusqu’ici vice-président, succède à Apostolos Tzitzikostas (PPE) à la tête de l’institution, l’élu grec devenant vice-président pour les deux ans et demi à venir. 15e président du CdR, Vasco Alves Cordeiro est le premier Portugais à occuper ces fonctions, qui n’ont jamais échappé jusqu’ici à l’un des membres de "l’Europe des 15" (et une seule fois à l’Europe des 12, avec le Finlandais Markkula). Elles ont en outre toujours été confiées soit à un membre du parti populaire européen (PPE), soit à un membre du parti socialiste européen (PSE). Ancien président du gouvernement régional des Açores, Vasco Alves Cordeiro a également présidé la Conférence des régions périphériques maritimes d’Europe. "Membre d’un parlement régional, d’un parlement d’une région insulaire, archipélagique, ultrapériphérique, à mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique (…). Avec ce choix [de le porter à la présidence], le Comité des régions non seulement proclame, mais témoigne aussi d’une Europe faite par tous, pour tous. Pour chaque ville ou région d’Europe, quelle que soit sa taille ou son emplacement. (…). Il affirme, sous les formes les plus claires, que chacun peut, sur un pied d’égalité, aspirer à faire partie et à être protagoniste du rêve européen", a-t-il observé.

Trois priorités

Le président a naturellement dressé ses priorités.

• D’abord, "une Europe plus forte et plus juste, une Europe pour tous". Entendre une Europe "qui affirme sans excuse ses valeurs et ses principaux fondamentaux" et "qui repose également sur la promotion d’une participation citoyenne plus large et systématique aux processus décisionnels". Une Europe qui "accorde une attention particulière aux questions sociales dans tous les domaines". Et une Europe "inclusive", évoquant notamment la place des femmes dans nos sociétés et au sein des corps politiques, mais aussi la lutte contre les discriminations à l’égard des personnes LGBTIQ.

• Ensuite, "la nécessité d’une défense ferme, sans équivoque et sans compromis d’une politique de cohésion qui renforce et soutient la cohésion économique, sociale, territoriale et environnementale". Une politique qu’il estime mise à mal : "Mais la vérité est que, depuis un certain temps déjà, ce pilier du projet européen a été vu par certains comme un ensemble de ressources qui, sans aucune hésitation, peuvent être dirigées vers d’autres sujets et mises au service d’autres objectifs. Cela comporte un risque réel et actuel que la politique de cohésion ne soit considérée que comme un budget disponible à court terme pour faire face à toute urgence, et non comme une politique visant à soutenir des objectifs à moyen et à long terme. Il ne faut pas perdre de vue ce qu’est la politique : une politique d’investissement à long terme pour soutenir le modèle européen de société basé sur la cohésion territoriale et la réduction des disparités régionales !" Et d’alerter encore sur la possible "dilution de la politique de cohésion dans le cadre financier pluriannuel pour l’après-2027", un risque qui selon lui "ne doit pas et ne peut pas être négligé".

• Enfin, troisième priorité, "le fonctionnement même du Comité des régions, la façon dont nous nous percevons et dont nous sommes perçus". "Tout le monde fait l’éloge de la dimension locale et régionale de l’Union européenne et de la démocratie européenne. Mais peu semblent disponibles et déterminés à reconnaître cette institution comme une véritable assemblée politique, l’Assemblée des pouvoirs locaux et régionaux de l’Union européenne", déplore-t-il. "Il est donc temps de souligner le profil politique de cette institution, en luttant contre les malentendus et l’ignorance", a-t-il appelé, soulignant "la contribution décisive que les autorités locales et régionales européennes peuvent apporter".

Une Conférence sur l’avenir de l’Europe… sans avenir ?

Auparavant, il n’avait pas manqué de tacler, sans langue de bois, l’attitude des États membres à l’égard de la Conférence sur l’avenir de l’Europe : "C’est avec un mélange de frustration et de regret que nous assistons à la manière presque honteuse dont le Conseil européen des 23 et 24 juin a traité la question des conclusions de la Conférence sur l’avenir de l’Europe", a-t-il fustigé. Et de préciser : "Il n’est pas possible d’inviter et d’exhorter les citoyens à participer politiquement à cet exercice de démocratie afin de définir ce qu’ils pensent que l’Europe devrait être et qu’elle devrait traiter, puis de considérer que, par exemple, tout ce qui pourrait impliquer une modification des Traités est une question taboue."

Félicitant le nouveau président, Christophe Rouillon, membre du Comité, l’a invité à s’inspirer de Danton – "De l’audace, de l’audace, de l’audace" – pour faire du Comité "une véritable instance politique". Il a également émis le souhait que la présidente de la Commission européenne, lors de son prochain discours de septembre sur l’état de l’Union, "non seulement déclare sa flamme au Comité des régions, mais nous donne aussi des preuves d’amour".

 

 

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