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Ville durable : dans la course aux labels, le contre-la-montre est engagé

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Morgan Boëdec / MCM Presse pour Localtis
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Environnement

Aménagement et foncier

France

La phase pilote d'un nouveau label sur la durabilité des villes débute en octobre prochain. Pour contrer l'essor des labels américain et asiatique, il doit être rodé sans tarder, à vocation européenne et construit avec des collectivités. Sur la dizaine d'entre elles attendues côté français, plusieurs ont manifesté leur intérêt suite à l'appel à partenaires lancé ce 8 juillet.

Un label remis aux villes durables et innovantes est en construction. Échafaudé par le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) et l'institut de recherche sur la ville durable Efficacity, sa présentation ce 8 juillet, à Paris, a permis d'en éclaircir les fondements. Pour Michel Salem-Sermanet, directeur général d'Efficacity, "il ne s'agira pas de noter les villes mais d'évaluer si et en quoi elles sont dans une trajectoire de développement durable". La concertation amont avec divers services ministériels (DGALN, DGEC), avec l'Ademe, la Banque des Territoires, mais aussi des fédérations (Fnau) et associations d'élus (France urbaine, ADCF), a débuté en septembre dernier. Tous ont en tête, dans un tout autre domaine, le classement des universités de Shanghai, insuffisamment préparé et sous-estimé alors que ses impacts sont aujourd'hui notoires ; une erreur à ne pas reproduire. 

La voie du syncrétisme

De nombreuses démarches existant déjà – ÉcoQuartiers, Écocités, Capitale de la biodiversité, agendas 21, normes ISO sur la ville durable –, il s'agira d'en tenir compte tout en s'appuyant sur un socle, à savoir la dynamique European Energy Award (EEA), déclinée en France via le programme Cit'ergie. Les collectivités recherchées pour s'impliquer dans sa construction sont donc dans un premier temps des intercommunalités déjà labellisées Cit'ergie. Sur la dizaine attendues côté français, plusieurs ont déjà manifesté leur intérêt suite à l'appel à partenaires lancé ce 8 juillet et qui se clôturera le 8 septembre. "Nous serons alors fixés et prêts à tester dès octobre ce projet de label avec des collectivités et leurs entreprises partenaires", précise-t-on chez Efficacity. 

"Le référentiel à bâtir fournira un repère pour aider les villes à se comparer entre elles", estime Pascal Berteaud, directeur général du Cerema. Il intégrera les domaines d'action de Cit'ergie - planification territoriale, patrimoine de la collectivité, assainissement/approvisionnement eau-énergie, mobilité, organisation interne, coopération-communication - mais aussi six autres : gouvernance et management, innovation, cohésion sociale-éducation-santé, culture-loisirs-sports, résilience et sécurité, et développement économique.

Élargir la palette du label EEA/Cit’ergie

Comparé à ses concurrents nord-américains (Leed for Cities) et asiatiques (Casbee for Cities), sa portée sera plus globale. Sa valeur ajoutée se situe dans une approche équilibrée des différents domaines fondée sur les 17 objectifs de développement durable (ODD) approuvés en 2015 par les Nations unies dans le cadre de l'Agenda 2030. "Ce label collera à nos attentes et s'affirmera comme outil d'amélioration continue au service de toutes les collectivités. Il défendra une vision française et européenne de la ville durable", poursuit Pascal Berteaud. Nombre d'acteurs devant progressivement entrer dans la boucle, il faudra veiller à ne pas tomber dans l'écueil de l'usine à gaz. "Et aller vite car en face, les concurrents étrangers ont pris de l'avance et déroulent un rythme implacable", ajoute-il. Avec déjà des percées sur le Vieux continent : en Italie par exemple, Savone a décroché l'an dernier la certification américaine Leed dans le cadre du programme Leed for Cities. Se joue ainsi une compétition internationale, au croisement des enjeux d'attractivité, de visibilité et de marketing territorial. D'où l'idée de donner au futur label français une dimension européenne. Des contacts avec des partenaires allemands ont été noués. Son nom actuel étant provisoire, il restera à lui forger une identité. D'ici deux ans, une fois pleinement opérationnel, une première collectivité européenne sera labellisée.

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