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Mobilité - Voiture du futur : le tout-électrique n'est pas pour demain, estime le CAS

L'avenir de la voiture ne se limite pas, loin de là, au véhicule tout électrique : pour réduire notre dépendance au pétrole et de facto, les émissions de dioxyde de carbone, "l'électrification progressive des véhicules thermiques et le développement à grande échelle des véhicules hybrides rechargeables permettraient d'aller encore plus loin et constituent des voies d'amélioration prometteuses", estime un rapport du Centre d'analyse stratégique (CAS) publié le 15 juin. Certes, sur le plan écologique comme en matière de sécurité énergétique, la voiture électrique présente des atouts pour la collectivité, souligne le rapport. Elle permet de diminuer la pollution locale, notamment dans les centres-ville, et a l'avantage d'être relativement silencieuse. A l'usage, elle n'émet pas de CO2. Mais pour le CAS, il est exagéré de la qualifier de véhicule "décarboné" ou "zéro émission" si l'on ne tient pas compte du contenu en carbone de l'électricité qu'elle utilise ni de son cycle de vie, de sa fabrication à son élimination. En outre, les bénéfices pour la collectivité s'accompagnent de contraintes qui pèsent en premier lieu sur les particuliers, souligne le rapport. "La sécurité des batteries, du moins pour certains modèles au lithium, n'est pas encore  totalement assurée", note-t-il, et leur vieillissement et leur durée de vie "constituent encore aujourd'hui un sujet d'interrogation". Surtout, les recharges fréquentes et longues et l'autonomie limitée (150 km) restent de sérieux freins à l'usage de véhicules électriques. 

"Les véhicules thermiques ont un bel avenir devant eux"

Pour surmonter ces obstacles, la voiture tout électrique devrait être moins chère que la voiture thermique comparable, ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui, estime le CAS. "Le coût de revient kilométrique d'un véhicule électrique apparaît le plus souvent entre 20% et 100% plus élevé que celui d'un véhicule conventionnel à usage équivalent, selon le nombre de kilomètres annuels parcourus." "Il ne faut donc pas s'attendre à une irruption du tout-électrique sur le marché", prédit-il. Mais dans certaines zones - les centres-ville en particulier - la motricité électrique pourrait être encouragée par des obligations nouvelles dévolues aux collectivités : instauration de restrictions de circulation (péage à l'entrée de zones urbaines exonérant certaines catégories de véhicules "propres") ou zones à circulation réglementée (voies prioritaires ou zones urbaines réservées à des véhicules électriques ou "propres" dont les émissions seraient inférieures à un seuil donné).
Pour le CAS, les véhicules thermiques ont un bel avenir devant eux car ils recèlent encore de "marges de progrès importantes". "Une réduction de 50% des consommations unitaires par rapport à 2007 est raisonnablement possible à terme", pronostique-t-il. Il préconise donc dans un premier temps de modifier les méthodes réglementaires de mesure des consommations énergétiques et des émissions de CO2 "afin qu'elles soient plus représentatives de l'utilisation réelle des véhicules". Le CAS propose aussi de réduire "dès que possible" les émissions de CO2 des véhicules neufs de tourisme à 70g/km et d'obliger les constructeurs automobiles, "dans un délai maximum de trois ans", à doter les véhicules neufs d'un dispositif coupant automatiquement le moteur lorsque le véhicule est à l'arrêt. Le CAS suggère également de réduire le stationnement résidentiel - avec l'objectif de le supprimer d'ici cinq ans - en augmentant progressivement son tarif. Pour encourager le développement des véhicules électriques, il propose de  "finaliser sans tarder les normes que doivent respecter les bornes de recharge tant publiques que privées pour garantir la sécurité des installations". Enfin, il  faut selon lui renforcer progressivement l'incitation à l'achat de véhicules neufs peu polluants. Pour encourager l'acquisition de véhicules à faible consommation de carburant, il propose de prolonger le dispositif de loi du 25 décembre 2007 par un système de "malus" - en pratique, une taxe annuelle sur les émissions de carbone, perçue sur l'ensemble des véhicules en circulation - et parallèlement, de limiter les aides publiques aux seuls véhicules électriques utilisant des batteries innovantes".

 

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