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5G : l'appel à candidatures est imminent

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Lucas Boncourt / EVS pour Localtis
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Infrastructures numériques, données

L'appel à candidatures aux licences 5G fait l'objet d'ultimes arbitrages. Si les obligations en matière de couverture prévues par le cahier des charges satisfont globalement l'Avicca, des inquiétudes subsistent sur l'articulation 5G/THD radio.

"Les derniers cadrages sont en cours" a indiqué Maxime Forest, le directeur adjoint Mobile et innovation de l'Arcep au Trip de l'Avicca. L'appel à candidatures pour les licences 5G, deux mois après la fin de la consultation publique sur le projet de cahier des charges, serait donc imminent.

Des échéances sur les déploiements et les débits

Un cahier des charges dont le représentant de l'Arcep a rappelé les grandes lignes, en insistant plus particulièrement sur sa prise en compte, dès le départ, de l'aménagement des territoires afin d'éviter le new deal de rattrapage de la 4G. Dès les premiers déploiements, les opérateurs devront implanter des pylônes en zone rurale, en visant en priorité les territoires d'industrie. Chaque opérateur devra déployer un quota de sites à livrer en 2022, 2024 et 2025. Un jalonnement qui concernera également la montée en débits sur l'ensemble des pylônes. Les obligations de couverture porteront aussi sur les axes routiers (dans la perspective du véhicule autonome) et l'intérieur des bâtiments. Et pour éviter tout dérapage dans le calendrier, deux rendez-vous intermédiaires sont prévus en 2023 et 2028. Les derniers arbitrages visent à graver dans le marbre les chiffres mis derrière ces échéances et obligations. D'ores et déjà les opérateurs auraient obtenu gain de cause sur le volume de fréquences à prix fixe, allouées avant la procédure d'enchères. Selon le journal Les Échos, celui-ci serait plus proche de 60 Mhz par opérateur que des 40 Mhz initialement prévus. Il restera maintenant à savoir à combien ces lots seront mis en vente, ce montant jouant directement sur la capacité des opérateurs à remplir leurs obligations d'aménagement du territoire.

Une 5G fixe après 2026

Autre sujet de préoccupation pour les collectivités, la pérennité du THD radio. Si l'Avicca s'est félicitée du prolongement du guichet THD radio jusqu'en septembre 2020, elle s'est inquiétée du risque de voir cette technologie sacrifiée sur l'autel de la 5G. Quarante collectivités intègrent en effet aujourd'hui un volet THD radio (Wifi, WifiMax, Wimax, TDD LTE…) dans leurs réseaux d'initiative publique, ces services se révélant particulièrement adaptés au raccordement des PME dans des zones difficiles à fibrer. Or la 5G va être déployée en partie sur la bande 3,5 Ghz, celle-là même qui est utilisée pour le THD radio. Sur ce sujet, l'Arcep s'est voulue rassurante : il est envisagé dès aujourd'hui de laisser une place à la "5G fixe", technologie qui aurait vocation à remplacer à partir de 2026 celles utilisées aujourd'hui pour THD radio. Et pour anticiper la montée en débit des réseaux THD radio, l'autorité est particulièrement vigilante sur la bonne articulation entre les réseaux fibre et les déploiements de pylônes dans le cadre de l'examen des dossiers THD radio soumis par les collectivités.

Avec 422 antennes 5G en service selon l'ANFR au 1er novembre - dans le cadre des expérimentations autorisées par l'Arcep - le chemin reste long pour voir la 5G véritablement démarrer. L'autorité affirme que la commercialisation débutera bien en 2020, mais force est de constater que les retards s'accumulent. Car après les enchères, il faudra également que sortent les décrets d'application de la loi dite "anti-Huawei" sur les matériels 5G. 

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