Aménagement : le conseil régional d'Île-de-France adopte l'avant-projet de Sdrif-E

Le conseil régional d'Île-de-France a adopté, mercredi 12 juillet, l'avant-projet de "Sdrif-E", non sans discussions autour du plafond "anti-ghetto" que la présidente Valérie Pécresse veut imposer pour freiner la production de logements sociaux dans les communes qui en comptent déjà au moins 30%.

Le conseil régional d'Île-de-France a adopté, mercredi 12 juillet, par 127 voix pour et 41 contre, l'avant-projet du Sdrif-E. "E" pour environnemental, ce schéma directeur (équivalent du Sraddet pour les autres régions) étant chargé de fixer les grandes orientations de la région capitale en termes d'aménagement, à l'aune des nouvelles contraintes de sobriété foncière.

Présenté le 3 avril (voir notre article), le document a entretemps été adressé à l'ensemble des élus locaux. Baptisé "Île-de-France 2040 : un nouvel équilibre", il entend "réinventer notre modèle de développement et d’aménagement. Il a pour ambition de concilier à la fois l’attractivité économique, l’excellence et 'l’esprit village'", souligne la région, dans un communiqué. Mais en séance, les discussions ont été accaparées par le "plafond anti-ghetto" que la présidente de la région, Valérie Pécresse, veut imposer pour "recréer de la mixité" dans les quartiers. Ce plafond, visant à freiner la production de logements sociaux dans les communes qui en comptent déjà au moins 30%, "doit changer le visage de nos villes", a affirmé l'ex-candidate LR à la présidence de la République, pour qui les récentes violences urbaines "imposent plus que jamais" ce changement. "Cette norme anti-ghetto n'est rien d'autre qu'une norme anti-pauvres", a fustigé Vianney Orjebin (LFI). Elle va "amener à ne pas construire un logement sur cinq", a déploré Céline Malaisé (PCF), se fondant sur un avis de la préfecture de région qui anticipe une réduction de 21% de la production sociale de logements par rapport aux cinq dernières années.

Le Sdrif fixe un objectif régional de production de 70.000 logements par an, dont deux tiers seront "abordables" (logement social, logement intermédiaire ou accession à prix maîtrisé). La région cherche aussi à soutenir la transformation de bureaux en logements et la mixité des zones d’activités économiques vieillissantes.

Autre motif de discorde : la construction de 3.000 nouvelles places de prison à Bernes-sur-Oise, Crisenoy, Magnanville et Tremblay-en-France.

Moins 20% d'artificialisation des sols par décennie

L'opposition a également fustigé l'objectif de réduire chaque décennie de 20% l'artificialisation des sols pour atteindre le zéro artificialisation nette (ZAN) à l'horizon 2050. LFI a dénoncé une "trajectoire irréaliste" offrant des "droits à bétonner massifs". "Ceux qui défendent le zéro artificialisation brute sont prisonniers d'injonctions contradictoires" car "ils veulent des équipements publics mais pas d'artificialisation", a répondu Valérie Pécresse, soulignant l'arrivée de "50.000 nouveaux Franciliens chaque année". La région appelle aussi l’État "à y prendre toute sa part car les projets de l’État représentent un tiers de l’artificialisation". "Conformément aux engagements qui ont été pris, l’État doit créer une enveloppe nationale qui sortirait ses projets du décompte régionale", précise-t-elle.

Le Sdrif-E prévoit par ailleurs de sanctuariser 13% d’espaces naturels et agricoles, soit 160.000 hectares - dont le sud du triangle de Gonesse - et de créer 127 nouveaux espaces verts ouverts au public, soit 16 de plus que dans l’avant-projet. Un cinquième parc naturel régional devrait voir le jour avec un objectif : "un espace vert à 10 minutes de chez soi". À noter aussi la sanctuarisation de 38.000 hectares de terres agricoles et la volonté de consacrer 28.000 hectares à "la souveraineté productive de la région dont la moitié pour la réindustrialisation".

Le schéma doit maintenant faire l'objet d'une enquête publique avant d'être adopté définitivement par la région courant 2024.

 

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