A Angers, des "facilitateurs de langage" aident les enfants à mieux s'exprimer (49)

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Santé, médico-social, vieillissement

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Tourisme, culture, loisirs

Maine-et-Loire

Depuis 10 ans, la ville d'Angers anime un dispositif d'aide à la structuration du langage pour les enfants de maternelle dans les quartiers prioritaires. Avec l'appui de deux associations partenaires, vingt à trente enfants qui ont des difficultés à construire des phrases complètes et cohérentes sont accompagnés chaque année par autant de bénévoles.

Au début des années 2000, sur le quartier Montplaisir à Angers, un chef de projet "Politique de la ville", orthophoniste de formation, lance les Clubs Coup de pouce, qui proposent des moments de soutien à l'apprentissage de la lecture en CP. L'Apféé (Association pour favoriser l'égalité des chances à l'école) formalise ces interventions. Cependant, pour certains enfants, il est nécessaire d'intervenir avant le CP, car l'apprentissage réussi de la lecture est l'aboutissement d'une dynamique "écouter-parler-penser" qui se met en place dès la maternelle.

La ville conventionne avec l'ASFOREL et la FOL

Une action supplémentaire a donc été proposée pendant les temps périscolaires, dès la moyenne section, avec les "facilitateurs de langage" (dans le cadre  contrat éducatif local) ; 28 à 30 enfants bénéficient ainsi chaque année du dispositif encadré par deux conventions signées avec la ville : l'une avec l'Association de formation et de recherche sur le langage (Asforel) qui conçoit les outils d'accompagnement, procède à la formation des bénévoles et assure l’analyse scientifique de l’action. L'autre avec la Fédération des oeuvres laïques 49 (FOL49) qui coordonne le dispositif sur le terrain. Le coût total est de 8.000 € par an.

L'indispensable réseau de bénévoles

En 2003, un groupe de pilotage technique se constitue avec le chargé de mission "Politique de la ville", le coordonnateur du PEL, l'inspecteur de l'Education nationale et une chercheuse en science du langage, Laurence Lentin, une des fondatrices de l’Asforel, convaincue qu'il n'y a pas de fatalité socioculturelle à l'illétrisme.
Le projet démarre de façon expérimentale dans une école, avec un salarié de la commune. Dès l'année suivante, l'offre s'élargit à quatre écoles avec la collaboration de la FOL49 qui mobilise ses bénévoles. "Il faut un adulte par enfant et nous ne pouvons fonctionner que grâce aux bénévoles" précise le pilote du projet, coordonnateur PEL, Gérard Greck. "De notre côté, nous connaissions de nombreux bénévoles engagés dans le projet Lire et Faire Lire" précise Karine Lebreton, chargée de projet pour la FOL49.

Entraîner l'enfant au langage avec des "histoires à parler"

L'accompagnement consiste en deux rencontres d'un quart d'heure chaque semaine pendant les temps périscolaire, à midi ou le soir. L'enfant est accueilli par un seul adulte. "Ce lien crée une relation de confiance et sécurise l'enfant au bénéfice de son apprentissage", précise Karine Lebreton. La séquence consiste en un temps de lecture et d'entraînement au langage à partir d'un livre de la collection "Les histoires à parler", spécifiquement conçue par l’Asforel pour cette action.

Formation des bénévoles et coordination avec enseignants et parents

La FOL49 recrute et accompagne les bénévoles. Avec l’Asforel, elle les forme à une méthode très cadrée. Les bénévoles sont amenés à s’enregistrer lors de trois séances entre le début et la fin de l’action." Pour l’Asforel, ces enregistrements sont une matière précieuse pour faire avancer la recherche sur la structuration du langage. Ils permettent également aux facilitateurs de langage d’améliorer leur pratique.
La FOL49 sollicite également les enseignants chargés de repérer les enfants à soutenir : "Il s'agit d'enfants qui ont des difficultés à construire des phrases complètes et cohérentes ; mais ce ne sont pas des enfants allophones (avec une langue maternelle étrangère) à qui il faudrait apprendre le français." Si besoin, l'enfant peut être accompagné deux ans de suite. Enfin l'association organise la relation avec les parents qui doivent donner leur accord.

Bilan positif : enseignants demandeurs et bénévoles assidus

"Aujourd'hui, nos meilleurs indicateurs de réussite sont les enseignants qui ressentent l'effet du dispositif sur les enfants  et qui sont demandeurs", indique le coordonnateur PEL. Deux nouvelles écoles sont entrées dans le dispositif en 2014 et une école supplémentaire souhaite bénéficier de l’action à la rentrée 2015-2016. Les bénévoles sont  globalement très assidus. Enfin, l'action enrichit également le projet éducatif local de la ville (voir en fin d’article).

Peut-on mener un tel projet en milieu rural ? "Oui, mais il faut mutualiser le travail sur plusieurs écoles car ce dispositif très cadré est chronophage." Dans le Maine-et-Loire, par exemple la ville de Saumur vient de lancer un projet équivalent en bénéficiant de l'expérience angevine.

L'action enrichit aussi le projet éducatif local de la ville
"Des comités thématiques associent les services de la ville, l'inspection académique et les associations partenaires dont la FOL49", indique le coordinateur PEL de la ville. Un comité "Dire, Lire, Ecrire, Jouer" est en place, il en existe aussi un sur la culture scientifique et technique et un sur le sport et la santé. "Ces comités nous permettent de nous poser des questions ensemble, de nous former conjointement et nourrissent le projet CEL-PEL".

Claire Lelong pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Commune d'Angers

Nombre d'habitants :

151520
Boulevard de la Résistance et de la Déportation, BP 80011
49020 Angers cedex02

Ahmed El Bahri

Adjoint aux écoles et à l'éducation

Gérard Greck

Coordonnateur Projet Educatif Local
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