Haute-Loire

Association d'insertion "Au fil de l'eau" : deux communes créent ensemble un Jardin de Cocagne (43)

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Deux communes de la Haute-Loire ont créé ensemble une association d’insertion/Jardin de Cocagne. Elle est aujourd’hui agréée pour l’accompagnement de douze contrats en insertion autour d’activités de maraîchage biologique. Le soutien des communes et de leur regroupement a été essentiel à son démarrage.

En 2008, la commune de Monistrol (9.269 habitants) se met en relation avec un jardin de Cocagne du Puy-en-Velay, pour étudier les modalités de création d’un chantier d’insertion sur son territoire. A une quinzaine de kilomètres, les élus d’Aurec-sur-Loire (5.920 habitants) engageaient une démarche similaire, en lien avec le réseau national des jardins de Cocagne.
C‘est tout naturellement que les deux communes, membres de deux EPCI différents, ont décidé de mener leur projet ensemble. La première étape a consisté en recherche de foncier disponible : à Monistrol une parcelle de terre de quatre hectares louée par une association locale, à Aurec un terrain communal de 5.000 mètres carré.

Trois collèges pour l’association : élus, membres associés, habitants

En 2012, après avoir mobilisé des partenaires et des bénévoles, les deux communes impulsent la création de l’association d’insertion "Au fil de l’eau, Jardin de Cocagne". L’association est organisé autour d’un conseil d’administration de 15 membres avec collège d’élus (représentants des deux communes et d’une des deux communautés de communes), d’un second de membres associés (Secours catholique, Jardiniers de France, Cigales) et d’un troisième collège constitué d’adhérents et notamment d’agriculteurs. Les élus ne sont volontairement pas présents dans le bureau de l’association pour éviter tout risque de "gestion de fait".

Une équipe permanente qui s’étoffe

La directrice actuelle de la structure, Pascale Savel, est recrutée dès la création de l’association à mi-temps en tant que chargée de mission. Son rôle est de mettre en œuvre le projet : trouver les financements, établir les conventions pour l’accueil en des contrats en insertion, mener les démarches administratives. En 2013, ont lieu les premiers recrutements de l’équipe permanente et des salariés en insertion.
L’association, agréée à sa création pour accueillir six contrats en insertion, peut en recevoir désormais douze. En 2015, l’équipe permanente est constituée d’une directrice et de deux encadrants maraîchers, d’une conseillère en insertion à mi-temps, d’une chargée de développement commercial et d’une assistante administrative pour quatre heures/semaines de saisie comptable.

Paniers hebdomadaires livrés à 130 adhérents

L’activité de l’association "Au fil de l’eau" est centrée sur le maraîchage biologique et la production est vendue directement à 130 particuliers adhérents, sous forme de paniers déposés dans quatre lieux publics de différentes communes situées aux alentours. L’association fournit également deux restaurants collectifs d’un lycée et d’une école ainsi que deux restaurants gastronomiques. Des contacts sont en cours avec deux maisons de retraite. L’association travaille également avec de nombreux partenaires pour parfaire son expérience et développer ses activités.
"Des prestations sont également réalisées pour les collectivités (espaces vert aménagement), ainsi que quelques actions d’animations pédagogiques auprès des familles et d’écoles. Mais cela reste encore à la marge. La production maraîchère et l’accompagnement des personnes en insertion étant prioritaires", poursuit la directrice. Elle précise par ailleurs, que travailler sur deux sites différents comporte des contraintes fortes en terme de déplacements, de temps de travail et de certains matériels qu’il faut acquérir en double.

Très fort investissement des collectivités cofondatrices de l’association

Des conventions triennales sont signées entre l’association et les collectivités locales co-fondatrices. Les communes versent 20.000 euros les deux premières années et 15.000 la troisième. Un EPCI verse 15.000 euros, le second 10.000 euros chaque année, hors convention.
"Ce soutien très fort des collectivités partenaires a été essentiel pour démarrer l’activité de l’association en attendant le versement d’autres aides publiques et les premières ventes de légumes", commente la directrice.
Les autres aides sont venues ensuite : aides à l’emploi de l’Etat sur les contrats d’insertion, de la région au titre des créations de postes et de l’agriculture biologique et de l’Europe sur l’accompagnement via le conseil départemental. Le soutien des collectivités locales a eu un effet de levier pour obtenir des prêts auprès de France Active ou de banques pour les investissements de l’association (matériel, serres...) ou pour obtenir des subventions de fondations.

Vers un renforcement des partenariats privés

"En moyenne, les jardins de Cocagne dépendent à 70 à 75% de fonds publics (voir encadré en fin de texte). L’autofinancement de notre association est actuellement de 20%. Pour l’avenir, nous cherchons à renforcer les partenariats privés sous différentes formes : accueil des personnes en insertion, mécénat, mutualisation de formations...", commente la présidente de l'association, Colette Chambonnet, élue à la ville de Monistrol au moment de la mise en œuvre du projet.

Les deux communes à initiative et leur regroupement :
- Monistrol-sur-Loire (9.269 habitants) est membre de la communauté de communes des Marches du Velay (6 communes, 22.000 habitants.- Maire : Jean-Paul Lyonnet.
- Aurec-sur-Loire : 5.920 habitants est membre de la communauté de communes Loire-Semène : (7 communes , 20.458 habitants) - Maire : Claude Vial.

Les Jardins de Cocagne
Les Jardins de Cocagne sont des jardins biologiques collectifs à vocation d’insertion sociale et professionnelle, portés principalement par des associations. Ils accueillent des hommes et des femmes de tout âge qui ont des difficultés à accéder à l’emploi afin de les aider à reprendre le rythme d’un travail, de construire un projet professionnel et pour un retour à l’emploi. "Au fil de l’eau" est adhérent du réseau national Cocagne.

Lucile Vilboux/magazine Village-L’Acteur Rural pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

Contact(s)

Au Fil de l'eau, Jardin de Cocagne

Le Bruchet
43120 Monistrol-sur-Loire
07 63 53 43 43
Nom de la commune la plus peuplée : Monistrol (9269 hab.)

Colette Chambonnet

Présidente

Pascale Savel

Directrice
aufildeleau-dir@bbox.fr
Haut de page