Ille-et-Vilaine

Bourses Initiatives Jeunes dans le pays de Vitré

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Le pays de Vitré-Porte de Bretagne - trois communautés de communes du sud-est de l'Ille-et-Vilaine -, a mis en place depuis 2001 des bourses destinées à soutenir les projets des jeunes au niveau local et à l'étranger. Vingt-trois projets ont ainsi été ainsi soutenus en 2006.

Avec 27,8% d'habitants de moins de vingt ans, le pays de Vitré-Porte de Bretagne (soixante-quatre communes et 91.000 habitants) est l'un des territoires les plus jeunes de Bretagne (moyenne régionale : 24,1%). Pour favoriser l'insertion de ces jeunes et soutenir leurs initiatives, le pays a mis en place les "Bourses Initiatives Jeunes" (BIJ) qui se déclinent au niveau local et à l'international. "L'idée de ces bourses revient au maire de Vitré, Pierre Méhaignerie, raconte Marie-Annick Bouquay, déléguée communautaire de Vitré Communauté chargée de la gestion des BIJ pour le pays. Quand il était jeune, il a lui-même bénéficié d'une bourse d'un groupe économique qui lui a permis de visiter les Etats-Unis, sac au dos. Il en a retiré une telle richesse qu'il a pensé, trente ans après, qu'il fallait mettre cette idée au service des jeunes du territoire."
Les BIJ à l'international, mises en oeuvre à partir de 2001, prennent la forme d'une aide financière pour des jeunes du pays, âgés de 18 à 30 ans, réalisant un projet à l'étranger (expérience professionnelle, sociale, humanitaire), à titre individuel ou collectif, mais de leur propre initiative. Les BIJ locales concernent les jeunes âgés de 15 à 30 ans souhaitant développer un projet qui participe au renforcement du lien social par des actions d'intérêt général, de solidarité, d'animation, d'ouverture aux autres.

Un budget annuel de 12.000 euros

Les bourses attribuées peuvent varier de 150 à 1.000 euros selon la durée, la distance, l'ambition et l'innovation que comporte le projet. Parmi les critères d'attribution, l'initiative et l'investissement personnels priment. En 2006, vingt-trois projets ont été financés (neuf projets collectifs et quatorze individuels). Le budget annuel de l'opération, fixé à 12.000 euros, est financé par Vitré Communauté, par la communauté de communes du Pays de la Roche-aux-Fées, par la communauté du Pays guerchais proportionnellement au nombre d'habitants et par la direction régionale de la jeunesse et des sports (3.000 euros).
Les dossiers sont sélectionnés par un comité d'agrément comprenant des représentants des communautés de communes, du conseil de développement du pays et des organismes du territoire liés à la jeunesse (mission locale, Point d'Information Jeunesse, etc.) et qui se réunit cinq fois par an. Ce comité d'agrément comprenait également à ses débuts des représentants des établissements scolaires, mais les critères d'attribution des bourses ont évolué et excluent désormais les stages obligatoires dans le cadre du cursus scolaire.

"L'expérience comme école de formation"

"L'idée forte de ces bourses, explique Emmanuel Janvier, chargé de mission au pays, est de considérer l'expérience comme une école de formation. Elles soutiennent les jeunes qui ont envie de faire quelque chose, notamment au moment charnière entre la fin des études et l'entrée dans la vie professionnelle."
Ainsi, un groupe de jeunes de la commune de Domalain a créé un festival culturel intitulé "Monde aux malins" : des films sur le Moyen-Orient ont été programmés, pendant deux week-ends, dans les sept cinémas du territoire, avec en parallèle l'organisation d'ateliers, de débats et d'un repas typique. "Ce genre de manifestation, note Emmanuel Janvier, outre qu'elle permet de montrer une culture différente en milieu rural, a aussi vocation à créer des liens intergénérationnels." Autre exemple : une jeune femme développe le projet de revaloriser des meubles anciens au profit des associations sociales du territoire. Ou encore, au niveau international, un jeune homme est parti aux USA pour se former auprès d'un maréchal-ferrant.

Grâce à ces bourses, les jeunes prennent des responsabilités

Les BIJ mettent en évidence le travail nécessaire à la fois en amont et en aval des projets : "Nous considérons que la construction des projets est aussi formatrice, explique Marie-Annick Bouquay. Pour ce qui concerne par exemple les projets de solidarité internationale, nous organisons, avant le départ, un après-midi de contacts avec des associations telles que le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) et le Cridev (Centre rennais d'information pour le développement et la solidarité entre les peuples). Ces structures ressources peuvent aiguiller les jeunes, les aider à monter leur projet en les mettant en garde vis-à-vis des idées fausses qu'ils peuvent se faire sur l'aide humanitaire. Par ailleurs, les projets font l'objet d'un compte-rendu sous la forme d'un texte, d'une exposition ou d'un témoignage."
"Notre principale difficulté dans la mise en oeuvre de ces bourses, estime Emmanuel Janvier, est de trouver les bons moyens de communication pour toucher les jeunes et les encourager à développer des projets. Par ailleurs, nous nous posons la question du financement dans la durée de certaines opérations. C'est le cas par exemple du festival de cinéma qui bénéficie d'une aide dégressive sur trois ans."
"Le mérite de ces bourses, souligne Marie-Annick Bouquay, est qu'elles montrent aux jeunes qu'ils sont capables de réaliser des projets et que cela engendre une reconnaissance réciproque entre les générations. Nous souhaiterions que dans l'avenir ces jeunes puissent prendre d'autres responsabilités, y compris dans le cadre de nos collectivités."

 

Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Pays de Vitré-Porte de Bretagne

Maison de l'Eau- Parc du Castel
35220 Châteaubourg
02 99 00 91 12
contact@paysdevitre.org

Emmanuel Janvier

Chargé de mission
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