Emilie Zapalski

Bpifrance : l'international et la montée en puissance des accélérateurs régionaux en ligne de mire pour 2018

Cohésion des territoires

Développement économique

Bpifrance affiche pour 2017 des résultats au vert, présentés par son directeur général, Nicolas Dufourcq, le 1er février 2018. Pour 2018, deux axes forts dans la vie de la Banque publique d'investissement : l'international, pour faire de Bpifrance "la banque publique de l'export", et le renforcement du partenariat avec les régions, avec notamment la montée en puissance des accélérateurs régionaux...

Un résultat net de près d'un milliard d'euros, toute les activités en croissance, des garanties à des prêts bancaires privés (+6% à 8,9 milliards) aux crédits de cofinancement (+5,8% à 7,2 milliards), en passant par les investissements en fonds propres qui ont doublé pour atteindre 4 milliards d'euros… Tous les indicateurs de Bpifrance sont au vert en 2017, comme l'a fièrement annoncé le 1er février 2018 Nicolas Dufourcq, son directeur général, qui vient d'être reconduit pour un mandat de cinq ans. 14,4 milliards d'euros de crédits et d'aides ont été mobilisés pour les entreprises (dont 90% de TPE) par la Banque publique d'investissement en 2017. Un montant en augmentation de 6% par rapport à 2016, "avec une stabilité du financement de l'innovation et une croissance dans ces eaux-là pour le reste de nos produits de financement", a précisé le directeur général.

La future banque publique de l'export ?

Parmi les événements phares : l'international, qui prend de plus en plus de place, et le partenariat avec les régions, avec de nouveaux accélérateurs régionaux en vue pour 2018. Sur le volet international, Bpifrance s'est vu confier en 2016 la gestion des garanties publiques, transférées par Coface à la nouvelle filiale Bpifrance assurance export. La banque publique dispose maintenant d'une "boîte à outils complète", a assuré Nicolas Dufourcq, "à laquelle il ne manque pratiquement rien" : prêts export sans garantie, crédits fournisseurs, crédits acheteurs, cautions, prêts financement, assurance change, assurance prospection… Bpifrance souhaite devenir la banque publique de l'export : "C'est quelque chose qui sera confirmé par le gouvernement dans les annonces qui seront faites dans le courant du mois de février 2018 ; c'est très important", a garanti le directeur général, signalant que l'organisation se met en place dans ce sens. Des délégués à l'international vont ainsi être installés dans chaque direction régionale qui seront chargés d'"incorporer et de pousser l'offre de Bpifrance vers les clients". Toutefois, se pose la question de l'articulation d'une telle banque avec les guichets uniques de l'export qui devraient être mis en place au niveau régional, sous l'autorité des régions, et constitués de l'association entre Business France et les chambres de commerce et d'industrie, dans le cadre du projet de loi Pacte attendu au printemps 2018. C'est du moins le scénario annoncé par le gouvernement.
Quelques exemples de missions export réalisées par Bpifrance avec Business France : une mission au Mexique sur l'aéronautique avec 11 entreprises, à Détroit sur la mobilité (24 entreprises), en Pologne et en Roumanie, en partenariat avec le Crédit agricole… "A chaque fois, on embarque des boîtes et on les accompagne, Business France leur présente des clients et nous les cofinançons avec des partenaires bancaires, c'est extrêmement efficace", a assuré Nicolas Dufourcq.

1,5 milliard d'euros de concours mobilisés grâce aux régions

Autre sujet important pour la Banque publique d'investissement : le partenariat avec les régions. "Bpifrance est une banque multirégionale avec une relation super intime avec les conseils régionaux qui nous financent beaucoup, a affirmé le directeur général. Grâce à eux, on a mobilisé tout de même 1,5 milliard d'euros de concours pour 4.200 entreprises." Le tout à travers des fonds communs de garantie, d'innovation, des prêts avec ou sans garantie, des accélérateurs… Exemple : le prêt croissance TPE, qui a représenté 600 entreprises en 2017, n'est pas financé par l'Etat mais par les conseils régionaux. Il est destiné aux entreprises de moins de cinquante salariés pour des investissements immatériels, corporels ou une augmentation du besoin en fonds de roulement (entre 10.000 et 50.000 euros). A l'heure actuelle, des prêts de ce type existent dans plusieurs régions, comme l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne, la Normandie ou encore l'Ile-de-France. Une montée en puissance de ce prêt est prévue notamment par l'intermédiaire de l'enveloppe de 500 millions d'euros qui est réservée au sein du PIA 3 de 10 milliards aux actions co-décidées avec les régions, PIA désormais intégré dans le Grand Plan d'investissement de 57 milliards d'euros.

4.000 entreprises pour les accélérateurs d'ici 2020

La Banque publique d'investissement veut aussi accroître le nombre de ses "accélérateurs" destinés à faciliter la croissance des entreprises. Elle dispose ainsi depuis 2015 d'un accélérateur start-up, d'un accélérateur PME et, depuis 2016, d'un accélérateur ETI. En 2017, la banque a aussi mis en place un accélérateur HealthTech et le premier accélérateur de filière avec le Gifas, dans l'aéronautique. Elle a également lancé la version régionale de ces accélérateurs en Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Les trois suivent 53 entreprises. Trois nouveaux accélérateurs régionaux seront lancés en 2018 en Ile-de-France, dans le Grand Est et en Centre-Val de Loire.
Fin 2018, 863 entreprises seront ainsi accompagnées, dont 288 dans des accélérateurs régionaux. L'objectif, nouvellement fixé par le ministre de l'Economie, est d'atteindre 4.000 entreprises (PME et ETI) accompagnées via les accélérateurs de Bpifrance et de ses partenaires, dont les régions, dans les trois années qui viennent.

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