Cantines scolaires: Greenpeace milite pour passer à deux menus végétariens par semaine

Depuis le 1er novembre 2019, les cantines scolaires doivent proposer un repas végétarien par semaine, en vertu de la loi Egalim. Greenpeace juge “essentiel d'aller plus loin" en publiant début septembre une étude établie à partir de données publiques ainsi qu'un "kit de mobilisation" très concret.    

"Nous avons besoin de votre aide pour que les collectivités et établissements scolaires concernés mettent en place ces mesures, sans attendre les délais proposés par la loi." Cet appel, c'est celui de Greenpeace qui, depuis début septembre 2020, milite activement pour promouvoir des menus végétariens dans les cantines scolaires et de qualité. Pour cela, elle met donc à disposition "un kit de mobilisation". Il comprend des outils très concrets comme "tout ce qu'il faut savoir pour son entretien avec le responsable de cantine", "une lettre de demande de contrat public et de cahier des charges", des exemples de "lettre type à envoyer aux responsables de cantines scolaires", mais aussi une brochure sur les idées reçues à propos de la consommation de viande chez les enfants. 
Proposer deux menus végétariens par semaine dans les cantines scolaires, contre un seul comme l'impose la loi Egalim depuis dix mois, et une alternative 100% végétale les autres jours, aurait un impact environnemental très positif, selon Greenpeace. "À l'heure de l'urgence climatique, imposer aux enfants de consommer de la viande ou du poisson lors de leur déjeuner à la cantine ne devrait plus être une option", estime l'organisation écologiste.

Greenpeace juge "essentiel d'aller d'ores et déjà plus loin" que la loi Egalim.  Pour conforter son propos, elle a publié début septembre une étude fondée sur des données publiques, mettant en lumière les "bénéfices potentiels pour la planète" d'une augmentation des menus végétariens, à savoir une assiette ne contenant pas de viande mais pouvant contenir de l'oeuf ou des produits laitiers, et végétaliens - un repas sans aucun produit animal - dans les cantines scolaires.

Économie de 33% à 36% des coûts de dépollution de l'eau liée aux activités agricoles

Selon l'ONG, si au quotidien, un enfant sur deux optait pour un menu végétarien ou végétalien, cela permettrait une économie de 28% à 38% des émissions de gaz à effet de serre et de 33% à 36% des coûts de dépollution de l'eau liée aux activités agricoles, générés par l'alimentation servie dans les cantines, comparé aux niveaux pré-loi Egalim de 2014-2015.
Mais les bénéfices ne s'arrêtent pas là : la consommation d'eau liée à la production agricole destinée aux cantines diminuerait de 16% à 23%, les surfaces nécessaires pour produire l'alimentation servie dans les cantines de 32% à 36%, et les importations d'aliments pour les animaux d'élevage - et donc les risques de déforestation associés - de 41% à 51%.

"Structurer durablement les filières dans les territoires"

"Tout ce qui est mis en place dans les cantines a des répercussions majeures : sur les mentalités des enfants, pour qui manger moins et mieux, plus sain et plus durable, plus local et plus végétal finira par devenir la norme", dit l'ONG.
Pour le monde agricole, les achats des cantines, "lorsqu'ils sont rémunérés au juste prix, permettent de structurer durablement les filières dans les territoires", de développer le bio et de sécuriser des emplois. La loi Egalim impose aussi à la restauration collective, qui fournit 3,7 milliards de repas par an aux cantines scolaires, crèches, hôpitaux, Ehpad, entreprises, de servir, à l'horizon 2022, 50% de produits bio, de qualité et durables, dont 20% de produits bio (ou en conversion) contre 3% aujourd'hui.

Alerte sur les produits végétariens "ultra-transformés"

Qui dit végétarien ne dit pas forcément bio, de qualité ou bon pour la santé. Un certain nombre de produits végétariens et vegan "ultra-transformés”, vendus par la grande distribution, sont à éviter d'après l'association de consommateurs CLCV qui a publié une enquête lundi 28 septembre. D'après cette étude, "plus de la moitié des produits étudiés sont principalement composés... d'eau! Les ingrédients d'origine végétale ne représentent en moyenne que 39% de la recette". Parmi les 95 produits végétariens et vegan étudiés, "huit produits sur dix contiennent au moins un additif", précise le document. L'association de défense des consommateurs pointe aussi le manque de transparence sur l'origine des ingrédients, avec seulement 19% des produits qui en précisent la provenance réelle sur leur emballage, "surtout quand une mention telle que 'fabriqué en France' ou un drapeau français apparaissent sur l'emballage". Ainsi, rien de tel que des produits végétariens, certes, mais bio, issus de circuits locaux et donc servis frais. À peu près l'inverse de ces produits ultra-transformés ! 

 

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