"C'est bio l'Anjou" lancé dans le cadre du projet alimentaire territorial (49)

En 2018, la communauté de communes Loire Layon Aubance a lancé son projet alimentaire territorial. Une démarche qui a favorisé le développement d’un tiers-lieu culinaire en lien avec une plateforme logistique bio, sous le nom "C'est bio l'Anjou". En février 2020, grâce cette initiative, sept producteurs alimentent 2.300 repas par semaine.

La communauté de communes Loire Layon Aubance (19 communes, 56.000 habitants) est un territoire rural, à côté d'Angers, combinant viticulture et tourisme. En 2018, la collectivité lance un projet alimentaire territorial (PAT) pour rapprocher les consommateurs et les producteurs. Malgré une dominante viticole – 317 entreprises viticoles sur 720 exploitations – le territoire compte une production agricole diversifiée. En outre, la proximité de la métropole angevine donne de l'élan à la vente directe sur ce territoire, dont 44% des exploitations commercialisent déjà en circuit court (cf. synthèse du diagnostic alimentaire). Et cela fonctionne, car les habitants sont en demande de produits  locaux. L’un des axes forts du PAT est de structurer et mettre en cohérence les projets de circuit court.

 

Accès facilité au fonds Leader et accompagnement par la CCLLA

"Dans le cadre du projet alimentaire territorial - outil d’animation et de mise en réseau - un fonds de soutien de 20.000 € par an est alloué aux projets de développement de circuits courts", explique le chargé de mission en charge du PAT à la communauté de communes, Alexandre Rousseau. "Ce fonds vise à soutenir et apporter de la visibilité aux initiatives qui ont du sens pour le territoire et leur permettre, lorsque possible, d'accéder aux fonds Leader." La première initiative à en bénéficier a été la structure "C'est bio l'Anjou", une SAS dotée de l'agrément Esus (entreprise solidaire d’utilité sociale). Créée en 2018, sa démarche consiste à associer un atelier collectif culinaire à une plateforme logistique d'approvisionnement bio local. Objectif : permettre aux producteurs locaux de mutualiser des équipements coûteux pour vendre leurs produits en direct, et créer des synergies entre les professionnels.

Le projet a obtenu une subvention de 8.000 € de la communauté de communes, ce qui a facilité l’accès aux fonds Leader avec 32.000 € débloqués. La structure a également bénéficié d'un accompagnement technique du service Développement économique de la collectivité. 

 

Sept artisans-producteurs locaux y transforment pour la vente directe

Concrètement, le tiers-lieu alimentaire se compose d'un atelier de découpe et d'une cuisine professionnelle à disposition des éleveurs, artisans-producteurs locaux et cuisiniers de food-truck (vente itinérante de repas). La fondatrice et coordinatrice de "C'est bio l'Anjou" a transformé en cuisine partagée et pédagogique le laboratoire professionnel de 800 m2 construit par ses parents, autrefois charcutiers-traiteurs. "L’idée est d’utiliser cette cuisine professionnelle pour en faire profiter les producteurs locaux, avec une dimension solidaire, écologique et humaine", explique-t-elle. Actuellement, sept professionnels - un brasseur, un tartier et cinq éleveurs - transforment leurs produits pour la vente directe. 

 

Pôle d'approvisionnement des cantines scolaires

Un pôle d'approvisionnement des restaurants scolaires a aussi été créé. "Les producteurs locaux souhaitent vendre leurs produits aux cantines du territoire, explique la fondatrice de "C'est bio L'Anjou". Mais les contraintes du volume et de la logistique à mettre en œuvre sont un frein, car les gestionnaires de cantines attendent une gestion rigoureuse des commandes et une réactivité." Raison pour laquelle "C'est bio L'Anjou" a décidé de proposer une solution globale aux producteurs pour gérer les commandes : enlèvement des marchandises avec un véhicule frigorifique électrique (en sous-traitance auprès d'une PME locale), livraison et facturation aux cantines.

 

Leçons du confinement et nouvelles alternatives à développer 

"Pendant le confinement, nous avons contacté les producteurs locaux pour connaître leurs besoins et réfléchir à des alternatives, ajoute le chargé de mission PAT de la communauté de communes. Beaucoup d'entre eux ont connu un regain d'activité grâce aux ventes à la ferme notamment, mais les producteurs travaillant plus fortement avec la restauration hors domicile ont été eux plus durement impactés. Nous souhaitons profiter de cette forte sollicitation des circuits courts pour développer les services." De son côté, "C'est bio l'Anjou", tout en suspendant momentanément la plateforme logistique, a maintenu l’activité du tiers-lieu alimentaire en lien avec la forte demande locale, et lancé des ateliers de cuisine à destination des particuliers et des intercommunalités voisines pour apprendre à cuisiner des produits locaux. De nouvelles adhésions sont en cours. 

Fin 2019, un deuxième projet – un magasin de producteurs – a bénéficié de 4.000 € du fonds de soutien pour financier l'achat de matériels et les travaux. L’année 2020 va permettre à la communauté de communes d’élaborer le prochain plan d'action de son PAT pour les années à venir. 

Communauté de communes Loire Layon Aubance

Nombre d'habitants :

56000

Nombre de communes :

19
1 Rue Adrien-Meslier
49170 Saint-Georges-sur-Loire

Jean-Yves Le Bars

Vice-président en charge du Développement économique et du PAT

Alexandre Rousseau

Chargé de mission au service Développement économique, en charge du PAT

C’est Bio l’Anjou (SAS)

56 avenue d'Angers
49190 Rochefort-sur-Loire

Christelle Gasté

Coordinatrice