Meuse

CIAS : Convaincre les élus de l'intérêt de cette "cheville ouvrière" de l'action sociale (55)

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Avec 2.150 habitants pour 22 communes, 8 habitants au km2, la création d'un CIAS avait tout son intérêt pour la communauté de communes Entre Aire et Meuse. D’autant que l’EPCI s’est doté d'une compétence action sociale dès sa création en 2000. Il a fallu beaucoup d’énergie pour convaincre l’ensemble des élus.

"Les CCAS, notamment en milieu rural disposent de moyens limités. Si l’on veut garantir à la population un service de proximité en matière d’action sociale qui soit efficient, il est nécessaire de travailler à l’échelle de l’intercommunalité. Le CIAS, doit être considéré comme un acteur à part entière du développement social. C’est un outil fédérateur, de l’ensemble des ressources présentes sur un territoire ; la cheville ouvrière d’une animation collective et partagée, pour mettre en œuvre une politique de développement." Il a fallu trois ans entre les prémices d’une action communautaire et la création officielle du CIAS. "Nous avons avancé par étape, en nous appuyant sur des réalisations concrètes pour faire œuvre de pédagogie", explique Nathalie Meunier, conseillère communautaire avant d’être élue en 2008 vice-présidente de l'EPCI et du CIAS. .

Des premières actions communautaires à la création du CIAS

"Les premières actions mises en œuvre dans le cadre de l’action sociale intercommunale ont concerné le domaine de l'enfance et de la jeunesse. Les communes ne disposaient pas des moyens suffisants pour proposer une offre d’accueil qui réponde aux besoins des familles. Nombre de parents, qui exercent une activité professionnelle hors du territoire, inscrivent leurs enfants à des activités de loisirs au plus proche de leur lieu de travail", observe l’élue. Ainsi, dès 2001, la communauté de communes a signé un contrat enfance jeunesse avec la CAF et la MSA, lui permettant de mettre en place des accueils de loisirs et d’organiser des camps pour adolescents. Suivront le développement du service de portage de repas, puis en 2009 la création d'un relais d'assistantes maternelles. Les professionnelles à l’initiative de ce service souhaitant partager leur expérience pour certaines, rompre avec la solitude pour d’autres. Lors du renouvellement des équipes municipales en 2008, Nathalie Meunier plaide pour la création d'un CIAS. Deux années seront nécessaires pour emporter l'adhésion unanime des communes. Celles-ci prennent position en octobre 2010. Le conseil d’administration du CIAS est installé en décembre 2010.

Démontrer que nous n'étions pas tout seuls

Le principal obstacle à lever aura été selon l’élue de se mettre d’accord sur la définition même de l'action sociale, "encore trop souvent assimilé aux bureaux d’aide sociale dédiés aux pauvres". Le principe a été de débattre autour du concept de "développement social", en réfléchissant à l'offre de services à apporter à un ensemble de population". Pour cela, l’EPCI s'est appuyé sur le tissu associatif local : avec le soutien de l'Union départementale des CCAS, des rencontres ont été organisées en direction des élus municipaux pour expliquer le fonctionnement d'un CIAS. "En insistant sur la représentation associative à nos côtés, nous voulions démontrer que l’EPCI ne porte pas tout, mais qu’il agit en coordination."

Une co-animation reconnue

Aujourd'hui, le CIAS fonctionne avec deux agents (Maxime Bienaimé recruté en 2009, devenu responsable, et Lysiane Burnel, coordinatrice Enfance jeunesse) et un conseil d'administration, composé à parité de 8 élus et 8 représentants d'associations. Des initiatives ont été lancées : théâtre avec personnes handicapées, veille sociale (voir encadré), repas partagé et sorties touristiques pour les aînés. Ce dynamisme local et l’action participative lui ont déjà valu d'être récompensé du prix de l’innovation sociale, tandis que la MSA l'a choisi pour signer une charte territoriale des solidarités avec les aînés pour trois ans.

Emmanuelle Stroesser / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

 

Veille sociale : pour cerner les attentes et besoins en matière d’habitat
"Nous avons complété un diagnostic conduit en partenariat avec la Mutuelle sociale agricole (MSA) sur l'habitat des retraités. En interrogeant directement des élus municipaux sur les attentes des personnes âgées", explique l’élue. La communauté de communes recrute en 2009 Maxime Bienaimé pour conduire cette étude. Elle débouchera, deux ans plus tard, sur le lancement d'un dispositif de veille sociale auprès des personnes âgées isolées en partenariat avec l'ADMR, et la création du CIAS. ( lire l’article).

Contact(s)

Communauté de communes Entre Aire et Meuse

5, rue de Condé
55260 Pierrefitte sur Aire
03 29 75 00 35
03 29 75 00 86
Nombre d'habitants : 2150
Nombre de communes : 22
Nom de la commune la plus peuplée : Pierrefitte sur Aire (266 hab.)

Nathalie Meunier

Vice-présidente de la communauté de communes et du CIAS
mairie-villotte-sur-aire@orange.fr

Maxime Bienaimé

Directeur du CIAS
developpement@cc-entre-aire-et-meuse.fr
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