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Coupe du monde féminine de football : des retombées limitées et très inégales

La Coupe du monde féminine de football, tenue en France en 2019 dans neuf villes, a bien eu des retombées économiques positives. Mais celles-ci restent limitées par rapport à d'autres grands évènements sportifs et inégaux selon les territoires d'accueil.

C'est désormais une tradition. Chaque grand évènement sportif organisé en France donne lieu à une étude d'impact a posteriori. Impact économique, social et environnemental. L'idée sous-jacente : justifier l'investissement public consenti. La dernière Coupe du monde de football féminine, du 7 juin au 7 juillet 2019, a été passée au crible. Ses résultats, publiés le 6 juillet par la Fédération française de football, sont positifs mais limités.

Neuf villes ont accueilli 52 rencontres et 1,2 million de spectateurs. Soit 23.000 spectateurs en moyenne. Une belle performance : de nombreuses villes de taille moyenne, dont les stades ont des capacités limitées, avaient participé à l'évènement, à l'image du Havre, Valenciennes ou Reims.

Parmi ces spectateurs, 40% étaient étrangers. L'étude pointe un premier résultat : "En neutralisant les flux internes à l'économie nationale, pour connaître le réel surcroît de richesse pour la France, la plus-value nette générée par la compétition est évaluée à 108 millions d'euros de contribution au PIB français."

Loin derrière l'Euro 2016

Le poids économique brut prend en compte l'ensemble des flux (français et étrangers) associés à la compétition : "Il ressort que la compétition a pesé sur l’économie française jusqu’à 284 millions  d'euros de contribution au PIB de manière directe, indirecte et induite." Les auteurs se félicitent : "Pour un euro dépensé pour l'organisation de cette compétition (comité local d'organisation + territoires hôtes), il y a eu 1,3 euro de contribution au PIB."

Comparé à d'autres grands évènements sportifs, le résultat reste limité. Tant en valeur absolue que relative. En 2017, dans son rapport "Les soutiens publics à l'Euro 2016 en France", la Cour des comptes notait : "L'étude commandée par le ministère des Sports […] a permis d'estimer l'impact économique de l'événement à plus de 1,2 milliard d'euros." À propos de l'accueil du Grand Départ du Tour de France cycliste en 2016 dans la Manche, la cour régionale des comptes de Normandie pointait : "[Les] retombées représenteraient un ratio de 4 euros pour un 1 euro de dépenses. Ce ratio serait cohérent avec ceux des éditions précédentes."

Paris et l'éternel désert français

Autre bémol : Paris a bénéficié de la présence du comité local d'organisation. Résultat : Paris a engendré 54% de la plus-value nette locale propre à chaque territoire en contribution au PIB. Lyon, malgré l'accueil des demi-finales et de la finale, n'en a récupéré que 12%. Valenciennes, Montpellier, Reims ou Grenoble se partagent les miettes : entre 3,5% et 4% de la plus-value nette locale totale. Des disparités de retombées résumées en une phrase : "Pour un euro de frais d’organisation des territoires hôtes, le retour sur investissement de la compétition varie entre 2 et 20 euros de contribution au PIB."

Côté environnement en revanche, l'inégalité économique n'est pas compensée. Paris ne cumule que 23% de l'empreinte carbone totale (341.620 tonnes de CO2). Lyon atteint 13,5%. Tandis que Valenciennes atteint 10% du total et le Havre 11%.