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Fibre : des disparités importantes entre territoires

Les bons chiffres de l'Arcep sur la fibre cachent d'importantes disparités territoriales. L'Avicca s'inquiète sur la complétude des déploiements en zone très dense et sur les retards pris en zone AMII.  

Les derniers chiffres de l'Arcep montrent une forte accélération des déploiements de la fibre en France (notre article du 6 mars). L'analyse détaillée de ces chiffres du cabinet PMP et de l'Avicca relèvent cependant d'importantes disparités territoriales comme du "reste à faire". Toutes zones confondues, sur un total de 37,1 millions de locaux, un peu plus de la moitié (55%) sont desservis en fibre, l'essentiel de l'effort devant porter sur les zones rurales. Dans ces territoires gérés pour l'essentiel par les collectivités ou via des Amel, 13,5 millions de locaux restent à fibrer. Dans les départements ruraux, la couverture fibre dépasse rarement les 20% relève PMP à l'exception notable de l'Oise, du Val-de-Marne et de la Loire où elle dépasse 75%. Des taux atteints grâce aux réseaux d'initiative publique qui ont achevé leurs déploiements dans ces trois départements.

Des opérateurs réticents à assurer la complétude en zone très dense

En zone très dense (ZTD), censées être couvertes grâce aux vertus de la concurrence par les infrastructures, le chantier n'est pas achevé. Il reste en effet encore 700.000 foyers ou entreprises à desservir. Dans certaines métropoles comme Nancy, Toulon, Lille ou Clermont-Ferrand, le taux de couverture reste inférieur à 60% et moins de la moitié des 106 villes en ZTD bénéficient d'une couverture supérieure à 95%. Et même dans les villes les mieux couvertes de la ZTD, l'Avicca s'inquiète "de la persistance du refus des opérateurs privés de raccorder certaines habitations". Or, aujourd'hui, les élus concernés n'ont aucun moyen d'agir pour imposer aux opérateurs une couverture à 100%. Une situation qui pourrait cependant changer, l'Arcep envisageant de réguler les ZTD ; ce dont l'Avicca se félicite.

Toujours pas de travaux dans certaines communes AMII

Les préoccupations se concentrent cependant sur les zones AMII pilotées par Orange et SFR. Dans ces communes on rappellera que les opérateurs se sont engagés auprès de l'Arcep à desservir 92% des 13,7 millions locaux en 2020 et la totalité en 2022. Sur cette base de 92%, les zones AMII représentent donc 3,2 millions de prises à achever pour fin 2020, à comparer aux 4,8 millions de prises construites en 2019 toutes zones confondues. La progression très importante en zone AMII au niveau national en 2019 cache par ailleurs des écarts inquiétants. L'Avicca souligne "qu'un tiers des communes de la zone AMII n'ont aucune prise raccordable, et 12% seulement des communes ont une couverture à peu près complète fin 2019". Si les deux opérateurs se sont montrés rassurants sur le respect de leurs engagements, l'association en doute. Elle rappelle "qu'il reste encore 10 communes qui devaient être terminées en 2015 et qui ne le sont toujours pas à fin 2019, dont le Havre, raccordable à 79% seulement".

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Des taux de couverture à manier avec précaution

Coté prises FTTH, le cabinet PMP a noté quelques aberrations dans les données de l'Arcep comme la disparition de 4000 prises d'un trimestre sur l'autre dans une commune de région parisienne… Coté dénominateur, l'Avicca alerte sur le manque de mise à jour des bases de référence (logements et locaux professionnels). Faute de tenir compte des nouvelles constructions, les taux de couverture dépassent parfois 100% comme c'est le cas à Paris (101%). Par ailleurs sur les zones AMII, l'association relève que les tableaux de suivi fournis aux collectivités par les opérateurs "omettent délibérément les locaux professionnels". 

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