Dans le Saint-Lois, des logements adaptés aux jeunes à forte mobilité professionnelle (50)

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Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Manche

Qu'ils soient apprentis, stagiaires ou intérimaires, les jeunes à forte mobilité professionnelle ont du mal à se loger en milieu rural. Depuis 2005, le pays Saint-Lois mobilise les partenaires, et accompagne les collectivités qui créent, à leur intention, des petits logements meublés rapidement accessibles. Ces réalisations se poursuivent  en 2015.

"C'est la chambre de métiers qui nous a d'abord alertés sur l'absence de logements adaptés à la situation des apprentis accueillis par les artisans dans les zones rurales. En dehors des deux foyers de jeunes travailleurs de Saint-Lô, il n'y avait que très peu d'offres adaptées à leurs situations", précise la directrice du syndicat mixte de la Vire et du Saint-Lois, Claudine Thinon (syndicat créé fin 2014 à partir de la fusion de trois structures – voir fin du texte).

Constat : incompatibilité entre mobilité professionnelle et système classique de logement

Une jeune stagiaire est recrutée pour évaluer les besoins en logement de ces jeunes apprentis. Très vite, elle se rend compte que les difficultés concernent aussi les stagiaires, les intérimaires et les jeunes qui débutent dans la vie professionnelle. Tous sont confrontés aux mêmes problèmes : en plus de leur logement d'origine, ils ont besoin d'un logement provisoire, donc meublé, parfois du jour au lendemain. Le parc privé leur est inaccessible, et les logements sociaux sont souvent trop grands ou trop rigides dans leurs modes de location.

Objectif : développer une formule de logement pour une cible particulière

Tous les partenaires concernés sont mobilisés : l'union régionale des foyers de jeunes travailleurs (URFJT), le comité local pour le logement autonome des jeunes (Cllaj), le conseil départemental de la Manche, la chambre de métiers et de l'artisanat, le centre de développement pour l'habitat et l'aménagement des territoires (CDHAT) de la Manche et les communes et regroupements du territoire du pays.
Le groupe de pilotage a d'abord défini la formule la mieux adaptée aux jeunes, à savoir : studios à T2 meublés, à loyer faible ou modéré, loués sans caution ni préavis, selon un planning souple qui puisse être adapté à des durées de stages ou à de brèves périodes de travail. Situés en centre-bourg, ces logements doivent être à une courte distance, à pied, des commerces et des services dédiés aux jeunes.

Partenaires pour animer le dispositif, accompagner les collectivités et sécuriser les loyers

Ensuite, le pays a accompagné les communes ou leurs regroupements désireux de construire ou de réhabiliter des logements pour ces jeunes.
Dans un premier temps, cet accompagnement a été mené en complément d'un programme Leader+ spécifique aux jeunes, signé avec les conseils régional et départemental pour une durée de cinq ans (2004-2009). La chargée de mission du pays a aidé les collectivités à monter les dossiers (notamment un questionnaire approfondi sur les caractéristiques de la commune d'accueil) leur permettant de mobiliser des fonds d'Etat, régionaux et départementaux via le pays. Depuis, cette animation du dispositif et cet accompagnement des collectivités sont toujours pilotés par le pays, en étant désormais financés par la région qui apporte les aides aux projets locaux.
Le Cllaj gère l'offre de logements (350 offres publiques ou privées) en temps réel via son site internet et aide les jeunes à monter leur dossier de demande de l'aide au logement.
Les loyers impayés sont pris en charge par un fond spécifique auquel cotisent les différentes collectivités concernées. Dès 2005, les premiers logements pour jeunes en mobilité professionnelle prennent forme et en 2015 de nouvelles collectivités continuent à se lancer dans des projets de ce type.

Construction ou réhabilitation : plus d'une vingtaine de logements a vu le jour

Entre 2005 et 2014, 24 logements ont été construits dans six communes classées "structurantes" par le Scot du pays. Les maîtrises d'ouvrage ont été portées par quatre communes et deux communautés de communes. Les réalisations prennent la forme de logements neufs ou de réaffectation d'anciens bâtiments (gendarmerie, hôtels…).
A Moyon par exemple, une dizaine de petites maisons ont été construites, le rez-de-chaussée étant réservé à des résidents âgés et l'étage aux jeunes. "D'autres collectivités ont préféré réhabiliter les logements de l'école communale devenus vacants, une gendarmerie inoccupée ou encore l'étage vide d'un hôtel", poursuit la directrice du Syndicat. La commune de Canisy a racheté les murs et la licence d'un hôtel fermé, bien situé dans le bourg : elle a réhabilité le restaurant, aménagé quatre chambres d'hôtel et un logement pour le gérant et a passé convention avec la communauté de communes de Canisy qui a aménagé quatre studios meublés sous les combles pour des jeunes.
Les deux dernières réalisations achevées en 2014 sont notamment destinées à l'accueil d'étudiants en médecine ou de remplaçants.

Le syndicat de la Vire et du Saint-Lois : issu du regroupement de trois structures
Fin 2014, le syndicat pour le développement du Saint-Lois (SDSL), le syndicat mixte du Val-de-Vire (SMVV) et l'association pour la promotion du pays Saint-Lois (APPSL) se regroupent et créent le syndicat de la Vire et du Saint-Lois. La mission principale du nouveau syndicat consiste à définir une stratégie de développement et d'aménagement pluriannuelle à l'échelle du Saint-Lois et d'en gérer les moyens financiers publics. S'y ajoutent la gestion du domaine public fluvial de la Vire, et le suivi/évaluation du Scot.

Lucile Vilboux/magazine Village-L'Acteur Rural pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Contact(s)

Syndicat de la Vire et du Saint-Lois

709 Promenade des ports
50000 Saint-Lô
02 33 72 56 70
Nombre d'habitants : 79123
Nombre de communes : 85
Nom de la commune la plus peuplée : Saint-Lô (18931 hab.)

Gilles Quinquenel

Président

Claudine Thinon

Directrice
c.thinon@svsl.fr
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