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Déchets nucléaires : signature d'un projet de développement territorial autour du centre de stockage de Bure

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Anne Lenormand / Localtis avec AFP
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Environnement

Développement économique

Grand Est

Un projet de développement territorial (PDT) autour du futur centre de stockage de déchets nucléaires Cigéo, à Bure (Meuse), a été signé ce 4 octobre par Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique, dix collectivités locales et des opérateurs de la filière nucléaire.

Lors de la réunion du comité de haut niveau (CHN) du projet Cigéo qui s'est tenue à Bure ce 4 octobre, Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique, a signé le projet de développement territorial (PDT) qui accompagnera l'implantation de ce centre industriel de stockage géologique de déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue qui sera construit entre la Meuse et la Haute-Marne.
L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) expérimente actuellement dans un laboratoire à Bure les conditions d'exploitation du futur centre. Estimé à 25 milliards d'euros, ce projet, vivement contesté devant la justice et sur le terrain par des militants qui dénoncent sa "dangerosité", vise à enfouir à 500 mètres sous terre, quelque 85.000 m3 des déchets les plus radioactifs ou à vie longue du parc nucléaire français, à partir de 2035.
Signé par de nombreux partenaires – l'Andra, la région Grand Est, les départements de Meuse et de Haute-Marne, le bloc intercommunal du territoire d'accueil de Cigéo, les deux groupements d'intérêt public de Meuse et de Haute-Marne, les chambres consulaires des deux départements ainsi que les opérateurs de la filière nucléaire (EDF, Orano et CEA), le PDT est doté d'une enveloppe de 500 millions d'euros sur cinq ans, dont 200 millions financés par l'Andra. "L'idée est que le projet Cigéo soit une opportunité de développement à la fois de qualité de vie pour les habitants, mais aussi de développement économique", a indiqué Emmanuelle Wargon lors d'une conférence de presse à l'issue du CHN. "On en profite pour réfléchir à comment on projette ce territoire pour les 10, 15, 20 années qui viennent. Quels types d'activités, d'emplois, de formation, d'attractivité" mettre en place, a-t-elle ajouté.

Quatre axes d'actions

Le PDT s'articule autour de quatre axes. Les deux premiers, qui regroupent 38 actions, visent à "créer les conditions les plus favorables pour l'accueil du projet Cigéo et à dynamiser le territoire de proximité" : dessertes routières et ferroviaires, fibre optique, services de santé, formation professionnelle... Certaines actions pourront être mises en œuvre avant la validation de la déclaration d'utilité publique du projet.
Les troisième et quatrième axes, qui contiennent 26 projets complémentaires, s'inscrivent dans une perspective de plus long terme et ne font pas partie du périmètre de cette première contractualisation. Ils doivent "être encore complétés" autour du développement économique de la Meuse et de la Haute-Marne, avec notamment la question de la consolidation des filières métallurgique, agricole ou d'ingénierie civile, a développé Emmanuelle Wargon. La construction du centre de stockage des déchets radioactifs créera jusqu'à 3.000 emplois directs et son exploitation nécessitera 500 emplois, a rappelé le préfet de la Meuse, Alexandre Rochatte. Le CHN se "donne encore un an" pour établir une fiscalité spécifique aux deux départements, a dit la secrétaire d'État.
"Ce projet de développement du territoire est au service unique de l'annexion nucléaire de tout un bassin de vie", a réagi dans un communiqué Bure55, un collectif d'associations opposées à Cigéo. Il regrette que ne soit pas abordée "l'incohérence politique du futur chantier des infrastructures lourdes de Cigéo alors même que" la demande d'autorisation de construction n'a pas été déposée. Il pointe aussi les "inconnues technologiques majeures que l'Andra n'arrive pas à résoudre", "l'impossible anticipation du financement du projet dans sa globalité" et les "risques insensés caractérisant Cigéo", à savoir "incendie, explosion, rejets contaminants dans l'air et l'eau potable".

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