Localtis

Déconfinement : comment assurer la circulation des piétons en toute sécurité ?

Après les aménagements cyclables temporaires, le Centre d'études et d'expertise pour les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) vient de livrer ses premières recommandations pour gérer au mieux la circulation des piétons sur les trottoirs au moment du déconfinement.

Après avoir présenté ses conseils aux collectivités pour réaliser des aménagements cyclables temporaires (lire notre article), le Centre d'études et d'expertise pour les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) vient de publier de premières recommandations sur la manière d'adapter les trottoirs lors du déconfinement, en prenant en compte les contraintes de distanciation physique et l'augmentation progressive des flux.

Une largeur de 2,50 m pour les trottoirs

Alors que la réglementation accessibilité prévoit une largeur minimale de cheminements sans obstacle de 1,40 m, il recommande une largeur de 2,50 m pour les trottoirs. Cela concerne "le trottoir banal sur lequel on chemine et où il n’est pas prévu de stockage de piétons", précise-t-il. "Dans des rues où les flux piétons sont très importants (magistrales piétonnes, grands boulevards, rues touristiques …) ou bien à proximité d’équipements, il est préférable de dimensionner plus généreusement les espaces dédiés aux piétons", ajoute-t-il.

Augmentation temporaire des cheminements piétons

La partie trottoir peut être élargie en affectant temporairement aux piétons les bandes de stationnement ou des voies de circulation. "Cela permet de créer des cheminements piétons supplémentaires sur de grands linéaires", souligne le Cerema. Sur des axes larges (boulevards, voiries principales), un cheminement dissocié ou une surlargeur pour les piétons peut aussi être créé sur la chaussée à l'occasion de l'aménagement d'une piste cyclable temporaire, suggère-t-il.
Créer ou étendre des zones de rencontres permettrait aussi de mieux utiliser l’espace public, estime-t-il, en citant l'exemple des zones de rencontres temporaires mises en place par la ville de Vienne, en Autriche.
Des aménagements évolutifs peuvent être envisagés, avec des réglementations pouvant varier dans le temps, comme le permet le code général des collectivités territoriales (article L.2213-2). "Cette disposition créant une aire piétonne temporaire est parfois utilisée devant des écoles aux heures de pointes, et pourrait être développée au moment de la réouverture des établissements scolaires", note le Cerema. "Cela peut aussi concerner des rues où plusieurs commerces sont ouverts, ou bien devant des pôles générateurs de déplacements (services publics, banques alimentaires ...) et devant lesquels se forment ponctuellement de longues files d’attentes", illustre-t-il.

Suppression temporaire de places de stationnement

Il estime aussi qu'il serait "profitable" d’accélérer la mise en place de la neutralisation des places de stationnement en amont du passage piéton pour donner plus d'espace de stockage aux piétons et de supprimer temporairement des places de stationnement devant certains commerces. "Un élargissement temporaire et ponctuel de trottoirs peut être envisagé en créant des sur-largeurs", estime-t-il en recourant à du mobilier existant - platelages bois utilisés lors des terrasses d’été, jalonnement avec des balises …
Enfin, le Cerema insiste sur la nécessité d'"assurer la qualité d'usage des espaces et un mobilier minimal pour permettre à tous de se déplacer" : conserver du mobilier d'assise avec un nettoyage régulier, veiller à la présence de points d'eau et de cheminements à l'ombre et mettre davantage de repères pour les personnes souffrant de déficiences visuelles, notamment.

 

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis

Haut de page