Des agriculteurs auvergnats expérimentent de nouvelles ressources en eau

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Puy-de-Dôme

Depuis 2001, les Clermontois contribuent, grâce à leurs eaux usées, à l’arrosage de 700 hectares de terres agricoles aux alentours de la ville. La communauté de communes a facilité ce procédé en donnant l’autorisation à des agriculteurs regroupés de canaliser l'eau de la nouvelle station d'épuration. Pour l’heure, ce sont encore des pionniers.  

L'idée d’irriguer les cultures avec des eaux d’égout n'est pas nouvelle. Jusqu'à la fin des années 1990, la ville de Paris a déversé ses eaux usées dans la plaine de Pierrelaye, au nord de l’agglomération. Quand les autorités sanitaires constatèrent que les eaux étaient gravement polluées, cette pratique fut interdite. C'était "jeter le bébé avec l'eau du bain" : car, une fois dépolluées, les eaux usées peuvent être une ressource précieuse. D'autre pays l'ont compris, comme l'Espagne ou les Etats-Unis. C'est d'ailleurs lors d’un séjour en Californie qu'un jeune agriculteur installé en Auvergne a découvert le principe. Appuyé par Clermont communauté, il a fait connaitre le procédé mis en œuvre localement depuis 10 ans.

Quand la ville arrose la campagne

Autour de Saint-Beauzire, dans la Limagne noire, la pluviométrie est toujours faible (moins de 450 millimètres d'eau par an). Aussi à la fin des années 1980, lorsque Christian Liaboeuf découvrit que les américains utilisaient l'eau des stations d'épuration, il s’y intéressa de très près. En se regroupant avec d'autres agriculteurs producteurs de céréales de la région, il obtient auprès des services de Clermont communauté l’autorisation de canaliser l'eau de la nouvelle station d'épuration et de s’en servir pour l’arrosage des champs. Cette station, calibrée pour 425.000 équivalent habitants, rejette 2 mètres cube d'eau à la seconde. L’eau est impropre à la consommation, mais d'une très bonne qualité. Une fois épurée, elle est récupérée dans des bassins de lagunage de la sucrerie Bourdon, implantée à proximité. Là elle continue à être purifiée par les rayons ultra-violets du soleil, jusqu'à être aussi propre que de l’eau de baignade. En 1990, une cinquantaine d’agriculteurs se réunissent au sein de l’Association syndicale agréée "Limagne noire", et firent relier les lagunes à leurs champs par une canalisation de soixante kilomètres pour les arroser par aspersion.

Un système simple, écologique et économique

Les exploitations agricoles situées sur huit communes de la Limagne, soit 700 hectares, sont ainsi irriguées et produisent des céréales, du maïs, des pommes de terre…, en étant sûres de ne jamais manquer d’eau. 700 à 800.000 m3 d'eau sont ainsi utilisés chaque année et cela coûte 330 euros par hectare aux agriculteurs concernés. Didier Laville, vice-président de Clermont communauté en charge de l’assainissement, précise le rôle de la communauté d’agglomération : "Nous avons été facilitateurs en anticipant ce que l’on appelle aujourd’hui le développement durable. Le rôle de la collectivité consiste à préserver la ressource en eau, à veiller à ce que les prélèvements ne nuisent pas à l’approvisionnement des cours d’eau, et à ce que les contrôles sanitaires soient rigoureux. En dix ans nous n’avons pas eu le moindre problème."
La publication en août 2010 d’un décret relatif à l’utilisation de l’eau des stations d’épuration pour l’irrigation des cultures ouvre la possibilité d’une généralisation du procédé. Mais pour l’heure l’arrosage par aspersion nécessite encore une dérogation. Les agriculteurs de la Limagne noire l’ont obtenue et sont donc encore des pionniers.

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils et www.localtis.info
 

Communauté d'agglomération Clermont communauté

Nombre d'habitants :

300000
64-66, avenue de l'Union Soviétique- BP 231
63000 Clermont-Ferrand cedex 1

Didier Laville

vice-président
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