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Des propositions pour développer les partenariats multi-acteurs au service de l'intérêt général

Les conclusions d’une mission sur les "alliances stratégiques entre associations, entreprises et collectivités" ont été rendues au secrétaire d’Etat Gabriel Attal le 7 mai 2020. En période de crise et pour en sortir, la nécessité de "jouer collectif" se révèle encore plus cruciale pour la députée Cathy Racon-Bouzon et le président du Rameau Charles-Benoît Heidsieck. Ces derniers appellent à multiplier les expérimentations territoriales pour permettre à des acteurs complémentaires d’atteindre collectivement les objectifs de développement durable.

"La crise engendrée par l’épidémie du Covid-19, en plus d’avoir éveillé les consciences à la nécessité de repenser nos sociétés, a révélé que l’entraide et la collaboration se développaient spontanément pour surmonter les épreuves. Partout sur nos territoires nous observons ces dernières semaines un élan spontané vers l’alliance." Et c'est justement d'"alliances" entre associations, entreprises et collectivités, dont il a été question dans la mission confiée en octobre dernier par Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, à la députée Cathy Racon-Bouzon (LREM, Bouches-du-Rhône) et au président du Rameau Charles-Benoît Heidsieck (voir la lettre de mission). Comment amplifier ces différentes coopérations au service de l'intérêt général ? "Comment passer de la loi du plus fort seul à la loi du plus impactant ensemble ?" Après avoir sollicité le regard d'une centaine de contributeurs, les deux rapporteurs ont présenté leurs conclusions au secrétaire d'Etat le 7 mai 2020.

Avec, pour commencer, les résultats d'un sondage d'opinion réalisé par Opinionway sur "la nécessité de 'jouer collectif' pour sortir de la crise sanitaire". 81% des personnes sondées jugent que la coopération est "utile", elle serait même "incontournable" pour 29% d'entre elles. Voilà de quoi conforter les travaux que le Rameau mène depuis près de 14 ans sur ces alliances au service du bien commun. "La crise va être un accélérateur naturel, mais pour agir avec pertinence, il ne faudrait pas réinventer la 'roue'. Il est urgent de s’appuyer sur ce qui a déjà fait ses preuves", peut-on lire dans la synthèse du rapport.

Selon les travaux de l'Observatoire des partenariats du Rameau, "53% des associations employeuses et 37% des entreprises développent des partenariats". Parmi les 1,2 million de partenariats entre ces deux types de partenaires recensés en France, "plus de la moitié sont mis en place au sein d’entreprises d’au moins dix salariés au travers d’une diversité de modes d’actions : pratiques responsables (42%), mécénat (30%), coopération économique (25%) et innovation sociétale (16%)". Quant aux collectivités, 76% des maires considéraient en 2016 "que leur territoire [était] entré dans une dynamique de co-construction, même si 46% d’entre eux [reconnaissaient] qu’ils ne [savaient] pas encore comment faire".

Un "droit de l'alliance" pour sécuriser les expérimentations partenariales

Cathy Racon-Bouzon et Charles-Benoît Heidsieck appellent ainsi à "valoriser l'existant" et formulent 21 propositions d'ordre assez théorique. Ils insistent toutefois sur la nécessité d'expérimenter, en particulier pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), à travers des "alliances en territoire pour agir concrètement là où aucun acteur ne peut répondre seul". Autre proposition : expérimenter un "droit de l'alliance" destiné à "sécuriser au maximum [la] démarche partenariale" entre associations, entreprises et collectivités territoriales "tout en leur permettant d'innover". Alors que ce "droit d’expérimentation partenariale" constituerait "la phase de R&D de l’alliance", 
un statut juridique de "société de bien commun" doit pouvoir être instruit, selon les auteurs, pour permettre aux différents partenaires de "co-gérer ensemble la solution construite".

S'inscrivant dans le cadre de l'ODD 17 correspondant à la mise en œuvre de partenariats multi-acteurs, les deux rapporteurs de la mission appellent plus globalement à "déployer le 'Collective impact' à la Française". Cela notamment via un "programme national d’investissement massif sur les territoires" pour permettre l'émergence et le développement de projets partenariaux "sur les thèmes de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’emploi, du numérique, de l’alimentation, de l’environnement". Ou encore à travers "un plan d’éducation et de formation initiale et continue à l’engagement et à la logique partenariale".

D'ici la diffusion du rapport final, Cathy Racon-Bouzon et Charles-Benoît Heidsieck fournissent différents supports, relayés par le ministère de l'Education nationale et de la Jeunesse, visant à faciliter le passage à l'action, dont un kit méthodologique et des exemples de dynamiques collectives territoriales.

 

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