Dijon reconduit le travail alternatif payé à la journée pour les jeunes marginalisés (21)

Publié le
par
Michel Léon
dans

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Côte-d'Or

La ville de Dijon a choisi de rejoindre en 2016 le dispositif expérimental Tapaj. Durant l’été, 31 jeunes en errance ont accepté de travailler sur des chantiers d’entretien d’espaces verts. En fin de journée, ils étaient rémunérés avec édition d’un bulletin de paie. Jeunes comme riverains ont apprécié.

En 2014 et 2015, certains espaces publics de Dijon (157.738 habitants)
ont souffert de l’occupation de jeunes marginaux. Pour y faire face, la ville a décidé la mise en place pour l’été 2016 du dispositif Tapaj, confiée à la Sedap, une association locale.
"L’augmentation de la population de jeunes marginaux, choisissant la rue comme mode de vie, a suscité des plaintes de certains riverains, particulièrement gênés par leurs chiens", explique l’adjointe au maire, Françoise Tenenbaum.

Elargir la palette des réponses

"Sur un sujet aussi clivant, il nous a semblé avec le maire qu’il fallait élargir la palette des réponses", poursuit l’élue. "Après avoir augmenté les maraudes et élargi les horaires de l’accueil de jour, nous avons proposé à ces jeunes de participer à des chantiers dans le cadre de Tapaj, une solution plus éducative mais aussi plus lucrative que de faire la manche. Une bonne occasion aussi pour nous d’entrer en relation avec eux."

63 chantiers d’entretien d’espaces verts en 2016

Pour ouvrir des chantiers où ces jeunes sans qualification puissent travailler, la ville a démarché à l’aide d’un dépliant et d’une affiche (voir doc PDF) de nombreuses entreprises susceptibles en contrepartie de défiscaliser leur dépense. "Difficile de les intéresser, convient l’élue qui souhaite néanmoins poursuivre ces prospections. En 2016, c’est la ville qui a essentiellement mis à disposition les 63 chantiers de désherbage, d’entretien de trottoirs et d’espaces verts, à raison de deux par semaine."

31 volontaires rémunérés

Sur la cinquantaine de jeunes contactés en 2016, eux aussi par dépliant, affiche (voir doc pdf) ou par des éducateurs, 31 ont accepté cet engagement : 6 d’entre eux n’étaient pas de la région, 25 ne disposaient d’aucune ressource, 5 percevaient le RSA, 1 percevait l’allocation adulte handicapé.
Ils ont travaillé par demi-journée contre une rémunération de 10 € net de l’heure, versée avec bulletin de paie après intervention.

Résultats très concrets pour le parcours des jeunes

"A l’issue de ces chantiers, commente l’élue, nous avons effectué une évaluation des résultats : 6 orientations vers des soins, 1 reprise d’étude, 1 accès au logement, 10 accompagnements pour une ouverture de droits, 4 passages dans la phase II des chantiers Tapaj qui propose au jeune davantage d’engagements, et 1 entrée en chantier d’insertion classique. C’est quand même beaucoup mieux que de faire la manche…"

Elus convaincus par l’expérience

"Avec le maire, nous avons été convaincus par ce travail social : il rend une utilité à ces jeunes, il réhabilite leur image de soi, et auprès des populations, précise l’élue. Le dispositif Tapaj donne l’occasion de les emmener vers une prise en charge sociale, de tenter de les sortir de la rue en les intéressant à autre chose, travail ou formation. Nous n’avons eu à relever aucun retour négatif sur leur comportement, malgré la présence de leur chien qui accompagne les jeunes et que nous acceptons. D’ailleurs, nous collaborons avec un vétérinaire qui renforce le dispositif."

Aller plus loin et consolider le dispositif

Devant ces résultats, lors du comité de pilotage en juin dernier, la ville de Dijon a voté une augmentation de sa subvention portée à 22.500 euros. "Nous avons fait évoluer le dispositif à un seul chantier par semaine au lieu de deux, conclut l’élue, et souhaiterions maintenant, d’une part, inclure dans le dispositif des jeunes de moins de 18 ans qui ne pouvaient pas l’intégrer jusqu’à présent et, d’autre part, développer des chantiers de phase qui permet de proposer un contrat de travail plus long".

Budget de 42.000 euros
En 2016, la ville a consacré 10.000 euros au dispositif, qui bénéficie aussi du fonds d’intervention régionale de l’agence régionale de santé (15.500 euros), de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca – 7.000 euros), du fonds interministériel de prévention de la délinquance (5.000 euros) et de dons d’entreprises partenaires (4.500 euros).  

Commune de Dijon

Nombre d'habitants :

157738
CS73310
21033 Dijon Cdex

Françoise Tenenbaum

Adjointe au maire et vice-présidente du CCAS
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