Environnement - Eau potable : nitrates et pesticides, principales causes d'abandon des points de captage

Un premier bilan complet des causes d'abandon des captages d'eau que vient de publier la direction générale de la Santé confirme l'importance des pollutions diffuses d'origine agricole.

En moyenne, près de 440 captages utilisés pour la production d'eau destinée à la consommation humaine sont abandonnés chaque année alors que 900 nouveaux captages sont mis en service. Ces chiffres, qui portent sur la période 1998-2008,  sont issus du premier bilan complet des abandons de captage que vient de publier la direction générale de la Santé.
Il existe en France quelque 34.000 ouvrages de prélèvement produisant environ 18 millions de mètres cubes d’eau destinée à la consommation humaine. Entre 1998 et 2008, 4.811 captages ont été abandonnés, avec des situations très variables selon les départements. Ainsi, le Val-de-Marne n'a abandonné aucun point de captage tandis que la Savoie détient le record de France des abandons (197). Le nombre de captages abandonnés est aussi très élevé dans les départements de l’Ardèche, de l’Ariège, de l’Aude, de l’Eure-et-Loir, de la Haute-Corse, de la Haute-Savoie, de la Lozère, des Pyrénées-Orientales, de la Savoie et du Tarn, même s'ils sont à relativiser par rapport aux nouveaux captages mis en service au cours de la même période. 35 départements ont eu plus de captages abandonnés que de nouveaux captages mis en service entre 1998 et 2008.
95% des captages abandonnés entre 1998 et 2008 sont des captages en eau souterraine, 90% d'entre eux ayant des débits inférieurs à 400 m3/jour. "La surreprésentation des captages d’eau souterraine n’implique pas pour autant que la qualité de la ressource y est plus mauvaise qu’en eau superficielle, souligne l'étude. Elle s’explique par le fait que les captages d’eau souterraine, qui sont majoritairement de plus petits captages, sont gérés par des petites collectivités qui disposent de moyens financiers limités et qui privilégient le raccordement à des réseaux d’alimentation en eau destinée à la consommation humaine interconnectés moins coûteux. C’est notamment le cas pour les collectivités situées sur des massifs montagneux caractérisés par un nombre important de petits forages (Savoie, Haute-Savoie, Isère, Pyrénées-Orientales, Ariège, Puy-de-Dôme notamment)".

878 captages victimes de pollutions par les nitrates et les pesticides

En France, la principale cause d’abandon de captage est liée à la qualité de la ressource en eau (41% des cas), la rationalisation arrivant en deuxième position (19% des captages abandonnés). "Parmi les paramètres qualitatifs, les pollutions diffuses d’origine agricole (nitrates et/ou pesticides) sont à l’origine du plus grand nombre d’abandons avec 878 captages concernés (soit 19% des abandons), la microbiologie et la turbidité [teneur en matières troublant l'eau, ndlr] arrivant en seconde position avec 588 captages abandonnés (soit 13% des abandons)", indique le rapport.
Les facteurs qualitatifs à l'origine des abandons sont aussi très variables d'une région à l'autre. Présent dans les "roches du socle" ou les roches volcaniques et donc facteur de contamination naturelle de l'eau, l’arsenic est une cause d’abandon prédominante dans le Limousin, dans le Massif central et en Savoie principalement. En zone montagneuse et/ou karstique (Rhône-Alpes, Ariège et Tarn), la microbiologie et la turbidité sont l’une des causes principales d’abandon. Mais ce sont les pollutions diffuses (nitrates et/ou pesticides) qui sont la cause principale d’abandon de captages dans 46 départements (sur 77 concernés par des abandons liés aux problèmes de qualité de l’eau). Ce sont les zones de plaine et/ou d’élevage du nord de la France (notamment la Beauce, le bassin armoricain, le bassin Parisien) et la Charente-Maritime qui sont les plus touchées. Dans ces différentes régions les captages sont généralement abandonnés "en raison, d’une part, des coûts élevés des traitements et de protection à mettre en oeuvre pour respecter durablement les limites de qualité fixées par le Code de la santé publique et, d’autre part, car la reconquête de la qualité de la ressource s’inscrit souvent dans la durée, relève l'étude. Ils sont ainsi abandonnés au profit de réseaux d’alimentation en eau destinée à la consommation humaine interconnectés ou de captages mieux sécurisés, plus facilement protégeables ou prélevant une ressource naturellement de meilleure qualité".

 

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